‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 262 sur 783 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Lks précf.denïs, un domestique.

LE DOMESTiQt'E, annonçant. Madi.inoiselle Lccuiivrcur et monsieur Michonnet, de la Comédie française!

l'abbé. Ali! enfin! {Tout le monde va au-devant d'Adrienno.)

LA MARQUISE, qui cst restée avec la baronne sur le devant du théâtre, à droite. Il paraît que nous aurons ce soir la tragédie.

LA BARONNE. Et la comédie.

LA MARQUISE. Le priiice l'aime beaucoup.

LA liARONNE. Et la i)i'iuccsse, donc !

LE PRINCE, redescendant en donnant la main à Adrienne{\). Combien je vous remercie, Mademoiselle, de Thonneur que vous voulez bien nous faire, à madame de Bouillon et à moi !

ArnÉNAÏs, à la princesse. Daignez, princesse, me nommer à Mademoiselle. Il y a si longtemps que je l'admire de loin^ que j(î suis bien aise de le lui dire de près!

LA PRINCESSE, présentant la duchesse. Madame la duchesse d'Aumiint, Mademoiselle... {La princesse fait passer Adrienne près d'Athénaïs, de la marquise et de la baronne, qui l'entourent; le prince et l'abbé se rapprochent d'elles. Michonnet est toujours presque seul à l'extrême droite, pendant que la princesse descend à gauche, au bord de la scène et devant les dames, qui sont assises.)

ADRIENNE. Eii vcrité, Mcsdamcs, je suis confuse de tant d'honneur!

MICHONNET, à part. Ce n'est que justice! je vous demande si elle ne figure pas aussi bien qu'elles toutes dans un salon !

ADRiENNK. Vous avcz voulu, VOUS ct Ics noblcs daines qui daignent m'accueillir...

LA PRINCESSE, frappée du son de voix et écoutant. 0 ciel !

ADRIENNE. DoHuer il l'humblc artislc l'occasion d'étudier ce ton exquis, ces manières élégantes que vous seules possédez...

LA PRINCESSE, rfe même. Qu'eiUcuds-jt;?.. cette voix...

ADRIENNE. Aussl, jc vais bicu regard(!r... pour tâcher de copier fidèlement... certaine de réussir, pour peu queje sois ressemblante.

LA PRINCESSE. Plus jc l'cutends, plus il me semble... Non, non, ce n'est pas possible, c'est un rêve!., ce n'est pas à mon oreille, c'est dans mon imagination seule que retentit et vibre encore ce son de voix ({ui me poursuit toujours. {Athéndis et les autres dames se sont emparées d' Adrienne, la font asseoir auprès d'elles et causent avec elle à voix basse, pendant que le prince et les autres seigneurs entourent son fauteuil. Souriant avec ironie (2). Quelle idée... en efi'et, ijue cette rivale ([u'il me préfère soit une fennne de théâtre... une comédienne... et pounjuoi n(»n?.. N'out-elles |)oint uu charme, uu i)restige (jui n'appartient qu'à elles, le talent et la gloire qui enivrent et ajoutent à la beauté. [Reyardant Adrienne, que tous les seigneurs entourent.) Dans ce uniment encore nesonl-ils pas là tous à l'admirei-, à l'adorer!.. Piinrquoi n'aurait-il jias l'ait comme eux? Ab! ce doute» est iu-

(1) Les acteurs sont, dans l'ordre suivant : les seigneurs, au fond du (fiéàtre, les dames, placcei à gauche, qui s'étaient levées à l'entrée d' Adrienne, se rasseyent : devant elles, l';il)l)é, puis le prince, Adrieinie, la princesse, AlluMiais, la marquise, la baronne, Miclninnct.

(2) Les dames, assises à gauche; la princesse, sur le devant du tliéàtre, à gauche; les seigneurs, au fond, se rapprochaul du canapé, où viennent de s'a.VACoir iAlhéna'is; Adrieim.», la marquise, sur un fauteuil, plus loin; la baronne, Miebounet, debout, àgauche; le prince et l'al.lié, debout, devant Adrienne. avec qui ils causent.

supportable... ct Je veux à tout prix confirmer ou détruire mes soii|)f.;ons. {Se retournant vers le prime qui vient de quitter le fauteuil d' Adrienne et qui s'approche d'elle.) Eli b'cn ! ne commençons-nous pas (1) !

LE PRINCE. Il nous faut attendre le comte de Saxe, puisqu'on assure qu'il viendra.

LA PRINCESSE, regardent du côté d' Adrienne. Je crois que vous nous flattez d'un vain espoir, il ne viendra pas. {Apart.) Elle a tressailli... elle écoute...

LE PRINCE. Qui vous le fait croire?., qui vous l'a dit, puisqu'il est libre... libre par les mains de l'amour.

LA PRi.NCESSE, à part , observant Adrienne. Elle tressaille encore! serait-ce elle qui l'aurait délivre? {Haut.) Je n'ai pas voulu tout à l'heure truubler vos espérances, ni attrister ces dames, mais vous savez qu'il s'est battu.

ADRIENNE, fi part. Battu !

LA PRiNCFissE, il part. Elle se rapproche. {Haut.) Etl'abbc, qui sait tout, m'a dit... que le comte était blessé dangereusement.

l'abbé, étonné. Moi!

LA PKiNCESSE, bus , ù l'abbé. Taisez-vous! [Poussant un cri, et courant près d' Adrienne, qui vient de tomber évanouie dans un fauteuil.) Mademoiselle Lecouvreur .se trouve mal!

MiciiONNEr, se précipitant vers elle. Adrienne!

LA BARON.NE ET LA MARQUISE , fHissant derrière le fauteuil d^ Adrienne. Ah! umn Dieu (2)!

ADRIENNE, revenant et elle. Ce n'est rien... l'éclat des lumières... la chaleur du salon. (.4 la princesse, qui lui fait respirer le flacon.) Merci, Madame, que de boutés. {Rencontrant ses yeux.) Quel regard !

UN DOMESTIQUE, annonçant. M. le comte de Saxe. {Tout le monde pousse un cri de surprise; les dames quittent le fauteuil d' Adrienne et vont au-devant du comte.)

ADRIENNE, faisant un geste de joie. Ah! (Elle veut s'élancer vers lui , Michoimet la retient par la main: la princesse et Adrienne restent un moment les yeux fixés l'une sur l'autre.)

MICHONNET, à voix bosse. Prends garde!., la joie trahit tncore plus que la douleur. [Les seigneurs et les dames qui étaient allés au-devant de Maurice redescendent avec lui [3).

LE PRINCE, à Maurice. Que nous disait doue l'abhc, que vous étiez blessé?

l'abbé. Permettez, jc réclame.

MAURICE. Bah! depuis Cliarbs Xll, la Suède ne sait plus se battre.

LE PRINCE, riant. Ainsi, ce comte de Kalknutz...

MAURICE. Désarmé à la seconde passe. {Le prince, l'abbé et Athcnaïs remontent le théâtre et vont causer avec les autres dames et seigneurs. Maurice se trouve sur le devant de la scime près de la princesse , et lui dit à demi-voix, sans la regarder:) Vous disiez vrai, princesse, eu disant qut- vous me ramèiKn'iez.

LA PRINCESSE, uvecjoie. 0 ciel!

MAURICE, de même. Je voulais partir sans vous voir, mais après le service que vous venez de me rendre, service que, du reste, je n'accepte pas... je...

\m\ii:nne, adroite, et à quelques pasd'eu.v, les suivant des

(\) Adrienne se lerc e»» signe d'assentimtnt et passe a gauche, près de Michonnet. Les acteurs sont placés dans l'oidrc suivant ; .\tliénais, l- prince, l'abbé, la princess^', la marquise, la baronne, .\drienne, Miclionnet.

(2) Les acteurs sont dans l'ordre suivant : le prince, .\tluMiaïs, l'abbé, la princesse, près d' Adrienne et tut faisant respirer un flacon que l'uhl)é vient de lui doimer. .Adrienne est assise sur un fauteuil, il l'extrcmc droite du théâtre \ près d'elle, ù sa uauche. Miclionnet.

(3 Les acteurs sont dans l'ordre suivant, en commençant par la iiauclie du spectateur : un irroupe de seigneurs et de dame», Atbénais, fabbe, le prince, la princesse, Maurice, la marquise, la baronne; un peu plus loin, .Vliieiiue, Mlehonnel.

ADHIENNE LECOUVHEUR.

yeux. Il lui parle bas!., si c'était cette grande dame... si c'était clic!..

LA PRINCESSE, coniiiiiKUit à causcr arec Maurice. Que voulez-vous dire?

MAimiCE, toujours bas, à kt irriucessr. Il faut absolument que je vous parle.

LA PRINCESSE, ck même. Ce soir, quand tout le monde sera parti...

MAURICE, (Je même. Soit! [La princesse remonte h- théâtre à f/auclie dn spectateur; Maurice se retourne et aperçoit à droite Adrienne, il la salue profondément.) .Madenioi.selle Lccouvreur ! (// fait quelques pas pmr aller près d'elle : en ce moment, le prince qui avait remonté le théâtre, le redescend et prend Maurice par-dessous le bras, au moment où il s'approchait d' Adrienne.)

LE PRINCE. A propos dc la Suède, mon cher comte , j'ai èi vous demander... (// s'éloigne avec lui en causant et en remontant le théâtre, ils disparaissent tous deux quelques moments dans d'antres salons. Pendant ce temps, la marquise et la baronne se sont rapprochées d' Adrienne, et pendant les mouvements de la scène précédente, Michonnet qui était à l'extrême droite, a remonté le théâtre, est resté quelque temps au fond, puis est redescendu à l'extrême gauche ; en ce moment, les acteurs sont rangés dans l'ordre suivant (I).

l'abbé, à la princesse, a demi-voix. Je vous demanderai maintenant, princesse, pourquoi tout à l'heure, vous m'accusiez ainsi de...

LA PRINCESSE, à voix hautP. Pùurquoi?.. parce que vous n'êtes jamais au fait des choses. [Se retournant en riant vers les deux dames qui sont à sa gauche.) Imauinez-vous, Mesdames... [L'abbé quitte la droite de la princesse près de laquelle il est placé, remonte le théâtre, et se pose entre les deux dames comme pour se justifier près d'elles. Les acteurs se trouvent alors dans l'ordre suivant ("2)..

LA PRINCESSE, continuant sa phrase. Imaginez-vous que le pauvre abbé court vainement depuis hier à la découverte d'un secret! Une belle inconnue qu'adore le comte de Saxe... Mais, j'y songe... [Se retournant vers Adrienne.) Mademoiselle Locouvreur pourrait peut-être nous éclaircir sur ce mystère...

ADRIENNE. Moi, Madame!

LA PRINCESSE. Sans doute!., on assure dans le monde que l'objet de cet amour est une personne de théâtre.

l'abbé. Laissez donc...

ADRIENNE. C'est étrange! on assurait au théâtre que celte maîtresse en titre était une grande dame...

l'abbé, regardant Athénaïs. Je le croirais plutôt!

la princesse. Ma clu'onique parlait même d'une certaine rencontre nocturne...

ADRiEiNNE. Et la iiiicnne d'une visite dans une petite maison...

AT)iÉNAÏs. Mais c'est très-intéressant!

LA PRLNCESSE. Ou disait que la comédienne y avait été surprise par une rivale jalouse.

ADRIENNE. Ou affirmait que la grande dame on avait été cliassée par un mari indiscret.

ATHÉNAÏS. Que vous semblez bien instruites tontes deux!..

l'abbé. Plus que moi, j'en conviens!

ATHÉN.Vis. Mais pour nous molîrc à même de pruiioiicer, qui nous donnera des preuves?

(1) Miclioniiet, à gauche, à l'écart; quelques dames, assises sur le second plan, et quelques seigneurs, debout, derrière leurs fauteuils et causant avec elles. Sur le premier plan et sur le devant du théâtre, comme formant dani le salon un groupe particulier, Altiéaais, l'abbé, la j)riiicesse, la marquise, la baronne, .\ili'ienne.

(2) Atliénais, la princesse, la marquise, l'abbé, la liaromie, Adrienne, un peu éloignée, à droite.

LA PRINCESSE. La mienne est un bouquet que la bulle a laissé aux mains dc son vainqueur... bouquet dc roses, attaché par un ruban soie et or!

ADRIENNE, (i part. Mou bouquet !

.\thénaïs, d Adrienne. Et votre preuve, avons... Mademoiselle?

ADRIENNE. La micnnc?.. la mienne, c'est que la grande dame a laissé tomber en s'enfuvant dans le jardin...

.\THÉNAÏs. Comme Cendrillon, sa pantoufle dc verre...

ADRIENNE. ISou, mais un bracelet de diamants.

LA PRINCESSE, u part. Mon bracelet!

L^\BBÉ. Un conte des Mille et une Nuits!

ADRIENNE. Nou, Vraiment, une réalité!., car ce braci'lct on me l'a apporté... on me l'a laissé... [Le montraid.) Le voici!..

l'abbé, prenant le bracelet, et le montrant à la marquise et à la baronne, entre lesquelles il est placé. Superbe: voyez donc. Mesdames.

LA PRINCESSE jette lin regard sur le bracelet , et dit froidement. Admirable !.. c'est travaillé avec un art ! [Elle avance la main pour le prendre, mais le prince, qui depuis quelques instants est rentré dans le salon avec Maurice, s'est approché du groupe, se place entre la princesse et la marquise, Im princesse s'éloigne et se rapproche cl' Athénaïs, c[ui venait aussi pour regarder le bracelet (1).

LE PRINCE. Qu'est-ce donc? qu'admirez-vous ainsi?

l'abbé. Ce bracelet!..

LE PRINCE. Celui de ma femme!

TOUS, avec un accent différent. Sa femme !

LE PRINCE, remontant le théâtre, et montrant à tout le monde le bracelet, avec un air de satisfaction. 11 est de bon goût, n'est-ce pas?..

ADRIENNE, à part. C'était elle!.. {Pendant le désordre produit par cet incident, Athénaïs, la princesse, le prince et les autres dames ont remonté le théâtre. Adrienne, qui élad à l'extrême droite, traverse la scène avec agitation, et va se placer à gauche, près de Michonnet.)

LA PRINCESSE, au miUcu du théâtre, et mettant à son bras son bracelet, que son mari vient de lui rendre. Eh bien ! maintenant (|ue .M. le comte de Saxe est décidément (\c> nôtres, si mademoiselle Locouvreur était assez bonne pour nous dire quelques vers...

ADRIENNE, hors d'elle. Des vers!., moi !.. en ce moment! (Les dames qui étaient assises à gauche se lèvent, et se dirigent vers la droite du salon. A part.) Ah! c'est trop d'iiiipudcncc...

MICHONNET, àgaucke, près d'elle. Calme-toi et étudie!.. Il y a dans le monde de plus grands comédiens que nmis ! {Les dames et seigneurs se sont placés à droite, devant les deux rangées de fauteuils qui garnissent ce côté du salon.)

MAURICE, Cjui a redescendu le théâtre. Qno'\, Mademoiselle. . . vous daigneriez...

ADRIENNE, froidement. Oui, monsieur le comte !

LA PRINCESSE;, rf'tm a/?- (/rac/cux. Quel bonheur!., asseyonsnous. Mesdames... {A Maurice.) Monsieur le comte, auprès dc moi...

ADRIENNE, à part. Les voir là, sous mes yeux, tous les deuxensemblc... comme pour mebraver!.. Mon Dien/lonnezmoi la force de me contraindre...

LE PRINCE. Que nous direz-vous?

ATHÉNAÏS. Li! Songe de Pauline,

LA MARQUISE. Hermionc.

(1) Les acteurs sont dans l'ordre suivant ; Miclionnet, à l'extrême gauche. Atlieiiaïs, la princesse, le prince, la marquise, l'abbé, la baronne, Adrienne; Maurice est resté au fond du tiiéàiro, sur le second plan, causant avee les groupes do dames et dc seigneurs

ADRIENNE LECOUVREUR

LA BARONNE. Ou Camille des Horaces.

LA PRINCESSE, uvcc iroTïte. Ou plutôt le monologuedMnawe abandonnée.

ADRIENNE, à part, se contenant à peine. Ah ! c'en est trop !

ATHÉNAÏs, qm est assise à la droite de la princesse, s'écrie • Non, non ! Phèdre, que vous avez si bien jouée avant-hier.

ADRiE.vME, vivement. Phèdre! soit.

TOUS. Écoutons (I). {Tout le monde est rangé adroite comme H est dit plus haut. Michonnet , assis à gauche, a tiré plusieurs brochures de sa poche; il prend celle de Phèdre, et s'apprête à souffler. Adrienne est seule debout au milieu du théâtre.)

ADRIENNE, récitaut avec une agitation et vne fièvre toujours croissantes .tes yeux fixés sur la princesse , qui se penche plusieurs fois sur l'épaule de Maurice et lui parle bas avec affectai ion.

.... Juste ciel!., qu'ai-je fait aujourd'hui? Mon ('poux va paraître, et son fils avec lui. Je vei lai le tûmoin de ma flamme adultère Observer de quel front j'ose aborder son pèreî Le coeur gros de soupirs qu'il n'a point écoutés,

{Regardant Maurice.)

L'œil humide de pleurs par l'ingrat rebutés, Penses-tu que, sensible à l'honneur de Thésée, 11 lui cache l'ardeur dont je suis embrasée? Laissera-t-il trahir et son père et son roi? Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi?

(Regardant Maurice, qui vient de ramasser l'éventail que la princesse avait laissé tomber, et qui le lui remet d'un air galant.)

Il se tairait en vain ! je sais ses perfidies, (Enone!.. et ne suis point de ces femmes hardies...

(Hors d'elle-même, et s' avançant vers la princesse.)

Qui, goûtant dans le crime une honteuse paix. Ont su se faire un front qui ne rougit jamais!..

(Elle a continué à s'avancer vers la princesse, qu'elle désigne du doigt, et reste quelque temps dans cette attitude, pendant que les dames et seigneurs, qui ont suivi tous ses mouvements, se lèvent comme effrayés de cette scène.)

LA PRINCESSE, avcc calnic. Bravo ! bravo! admirable!

TOUS. Admirable !

MICHONNET, bas, à Adrienne. Malheureuse !.. qu'as-lu fait?

ADRIENNE. Jc Ill(! SuiS veilgéc !

LA PRINCESSE, hors d'eUe-mvme. Un tel allront!.. je le lui f(;rai payer cher !..

ADRIENNE, auprincc, qui la félicite. Déjà souffrante et fatiguée, je vous demanderai la permission de me retirer...

LA PRINCESSE, bas,à Maurice, qui fait itn pas vers Adrienne Restez !

LE PRINCE, à Adrienne. Quelque envie que nous ayons de vous retenir... nous n'osons insister... [Remontant le théâtre, et parlant à des domestiques qui sont au fond.) La voiture de niadrnioiselle Lecouvreur... [Pendant le temps où le prince romuidc le théâtre, la princesse fait quelques pas adroite, et Maurice se rapproche d' Adrienne, qui est à droite.)

(1) Les acteurs sontdan'-- l'ordre suivant : Michoiuiet (>t Adi icniie, seuls à g-.uivhe, les damis, assises à droite sur les deux rangées de fauteuils; derrière elles, debout, l'ai)bé, le prince et les intres seigneurs. Sur les deu.c pre niers fauteuils éi droite et faisant presque face au spectateur, la princesse et le comte de Saxe.

ADRIENNE, àdemi-voix. Suivez-moi...

MAURICE, de même. Impossible, ce soir! Vous saurez pourquoi... Mais...

ADRIENNE. Il suffit... [En cc moment le princc, qui a redescendu le théâtre, offre sa main à Adrienne. Elle remonte avec lui vers la porte du fond. Les hommes, groupés à gauche de la porte, et les femmes, debout à droite, la saluent. Adrienne jette sur Maurice un dernier regard de reproche et de douleur, et s'éloigne p»ndant que la princesse la regarde sortir d'un œil menaçant. La toile tombe.)

l\y DU QUATRIÈME ACTE.

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