SCÈNE VIII
Pendant que 1rs dames entrent par le fond , plusieurs seiqneitrs sortent île l'appartement, à droite, avec LE PRINCE, LA MAUQUISE, LA PRINCESSE, LA BARONNE. L'ABBÉ, A rULN AIS. Les autres dames, ipti sont entrées par Ui ix)rte du fond, vont s'asseoir sur des fauteuils placés à ifauche: les seigneurs, qui sont entrés avec le prince, se tiennent debout devant elles.
LE PRINCE, à droite. Oui, Messieurs, la nouvelle (St .uillienli(pi(\.. {Saluant les dames.) et je puis vous attesta r ipi'à
(1) t.'ablȎ, la iirincosso, Atluuais.
(2) L:\ iniuccsse, AlliOiiais, l'abbi^.
ADRIENNE LECOUVREUR
MêéMQM-^^^^^^
Adrumie Icconvrenr, Acte 3, Scène 7.
l'heure où je \ous parle il est libre, complétenieiit, libre...
athénaïs, placée à l'extrême droite. Et qui donc?
LE pui>"CE. Le comte de Saxe!
LA PfiiNCESsE, à part. Maurice! ôciel !
La marquise. Ah! vous savez aussi la nouvelle! c'est trèsdéï^agréable... je croyais èlre seule!
La DArvO^^E. En effet, le bruit courait ce matin que le futur souverain de Courlande était retenu prisonnier pour une somme trcs-con:^idérable... ce n'est donc pas vrai?
LA MARQUISE. Eh ! uion Dieu ! si.
ATiiÉ>AÏs. Alor.-, comment est-il libre?
LA BARONNE, gaiement. Un roman... un enlèvement, et comme il lui en arrive toujours, une aventure...
LA MARQUISE. La plus simple du monde... et la plus bourgeoise... on a payé ses dettes!
LA BARONNE. Oui-dà, fflarquise! ct vous ne trouvez pas cela une aventure extraordinaire?
LA PRINCESSE. Si, Vraiment, maisces dettes, qui lesapayces?
LA MARQUISE. Demandez à mtnsieur le prince, car, poiu' moi, l'histoire s'arrête là... on ne m'a rien dit de plus.
LE PRINCE, gravement. Et moi. Mesdames...
roi T LK Mi'NDE. Eh bicu !
LE PRINCE, de même. Je n'ai [)U en savoir d:ivanlagc... ce qui prouve bien...
l'abbé. Que cela n'est pas! je le saurais... Or, je ne le sais pas, donc cela n'est pas !
LA MARQUISE. Cela est, je le tiens d'une amie intime chi comte de Saxe.
LE PRINCE. Moi, je le tiens de Florestan lui-méni'^, qui a vu Maurice, à telles enseignes qu'il a été de sa pari dtfi''r le romte de Kalkreulz. [Au nom de Florestan, Athénnïs fait un mouvement que la princesse remarque.)
l'abbé. Celui (jui a livré sa créance à Famba-ssadeur moscovite?
LE PRINCE. Précisément.
ATHENAÏs. Action ileloyale, indigne d'un gciitilliiinine!
LE PRINCE. Et dont le comte de Saxe lui a tiem uidé raison... ils ont dû se battre.
LA PRINCESSE. Et sait-on l'issue du combat?
LE PRINCE. Pas encore! mais ce pauvri' Maurice, qui devait nous venir ce soir...
ATHÉNAÏs. Ne craignez rien... il viendra!
LA PRINCESSE, l'observant acec j(il<nisie. Vous crovez. Madame?
ADRlENiNE LECOUVREUH.