‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 288 sur 783 · M.\DAME DE SELMAR, ANTOINE · texte numérisé non relu

M.\DAME DE SELMAR, ANTOINE

ANTOINE. Mille ])ardons de ne pas m'èiro trouvé à l'arrivée de Marlame, C'est Madame qui venait pixir voir la maison..,

MADAME DE SELMAR. Oui, mon ami.

ANTOINE. C'est moi que je suis Antoine, le concierge. J'étais à l'autre bout du village à cauSL'r che/. le fïi.tillateur, pai'ce que vous entendez bien, Ma lame, que, portier à la campagne, on est isolé; les maisons Sont si éloignées !

Air du Ménage de (jareon.

C'est \i concicitre de Coure. 11/S Qu'est notre voisin 1j plus prés; C'est bien gênant pour L'S nouv..>llL'S, Et s'il vient quelqu^^'s p'iits caquets, On n' sait,., millo exem.rk-s l'atte-tcut, A qui les dire... c'est piquant!

Souvent même on en l'ait ([ni Postent Pour le compte du faliricant,

MADAME DE SELMAR, a part. C'cst uu bavard, tant mieux. [Haut.) A qui appartient cette miison?

AMOiNE. A un ancien fournisseur tjui ne l'habile pas, vu qu'il voyage; a'ors il s'e.st detenm'né à la louer. Je croyais lui avoir trouvé un locataire pour toute la saison, la marqui'^e Diidley.

MADAME DE SELMAR. Commcnt I la marquise Djdf y habitait cette maison?

ANTOINE. Oui, Madame; mais il parait ([u'ed • v,ut partir aussi, car elle désire sous-louer le plus promptement possible.

.MADAME DE SELMAR. Et quclIc cst cctto mai'qui e?

ANTOINE. Pour ce qui est de ça, Madauie. çi vo;is paraîtra incroyable, impossible; mais s'il fiut dir • 1 1 vérité...

M.\DAME DE SELMAR. Eh bien?

ANTOi.NE. Eh bien! je n'en sais rien.

MADAME DE SELMAR. Tu n'en sais rien?

A.NTOiNE. Non, Madame; et pour un concierge, c'est humiliant à avouer. Mais, autant qu'on en peut juger, elle e.^t riche, et ne tient pas à l'argent, car elle a loué cette maison, et n'y est venue que trois ou quatre fois. Us étaient toujours sept ou huit personnes à dîner; de la gaieté, des éclats de rire, des bouchons qui sautaient, c'est tout ce qu'on entendait de l'anticliambre. J'ai voulu parler aux domestiques : ah bien oui! yes, yes, ya, ya, voilà tout ce ipie j'en obtenais. Je ne sais pas où ils ont été élevés; et ici, en leur absence, \)as une femme de chambre, pas nu petit jockey : enfin. Madame, aucun moyen d'instrueliim, et l'on en est réduit aux conjectures... Mais je viens do voir sortir uu jeune homme ((ui aurait pu vous donner des renseignements positifs, car c'était uu ami de la maison.

MADAME DE SELMAR. QuG ditcs-vous? Comment ! Edouard, mon frère!

AMOiNE. C'e.st le frère de Madame?

MADAME DE SELMAR, à part. Je ue m'étonne plus maintenant de son trouble, lorsque je lui ai proposé d'entrer dans cette miison. [Haut.) El vous dites (lue la marciuise doit iiartir ?

ANTOîNE. Je le présume, Madame. D'abord, elle fait sous-louer; ensuite il y a à l'auberge du Chariot-d'Or une femme de chambre à elle.

MADAME DE SELMAR. Ou pourrait la faire causer.

ANTOINE. Je l'ai déjà fuit, iMadame. Elle n'est point au service de la marquise, mais elle doit y entrer aujourd'hui.

MADAME DE SELMAR. La belle avaucc!

ANTOINE. Elle a une lettre de recommandation, et doit accompagner Madauie en voyage : c'est pour cela qu'aujourd'hui elle l'atten.l à Neuilly; car il parait que Madame va venir.

CORALY.

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