SCÈNE PREMIÈRE
GEORGES, avec une petite tMe, prés h bureau n" 4 ; (iUlAUUET, en noir, avec une médaille , sp pro>nc~ naiil au bas de l'pscaUer du fond; Alt M AND ; MA- DAME DE VERSACj sortant du bureau à droite.
MADAMK i)K vEiîSAC. Ou'i , niOM choT Armand, vdih avez [icaii dire, je parlerai pour vous, et je réussirai.
AHMAM). Je n'eu doute i^oiut, ma jolie cousine; mais po'u'taut je vous |)ric de n'en rien l'aire.
MAt)AM?:Di; vKiiSAr,. Eli! pourquoi donc? Quand on ne demande pas pour soi on esthien hardi. L'enti'é(! c\r vDiie ministi'rc m'avait (Taliord e (frayée ; cer^ ^n'andes pfirtes, ce conciprjïe,ce raetionnairc... Où vnMalaine'f Que demande Madame? Votre suisse a un air l'éharliatif! mais vos chefs de bureau, c'est liieii dilli rent ! (Juel air «rracieux! quil ton prévenant! connue le son de leur vo'x s'adoMcit ((uand ils Vdusoiïreiil le fauteuil oliligé! c'est cliainianl de snllieiter! je ne m'étonne 1 lus si tant de f:ens s'en mèli'iit.
Ait.MANn. Et voilà justement ce qui nie désespère.
Air : // m<i faudra quitter l'empire.
Qu'un intrigant v.-uit!:- sj.s arliliccs, Prône en tous lieux et son zt-lo et sa fol,
Loin de [larler Ai mes services, Eu\ slhiIs iei doivent (jailor pour moi.
Oui, l'iionnèle hununs qu'on ouijiie, Li)i:i de se iilaimlre et de sullieit'T, Met à servir son prince et sa pairie Le temps qu'un autre emploie à s'en vanter,
MADUiK r>K vErisAC.Entcndons-nons cependant : c'est fort l)ien d'avoir du mérite ;. mais l'aut-il que le mérite parle.
Air : Le premier pas.
11 tant parli:r:
Le talent et le zèle A la faveur doivent se rapjjeler.
Des i)roteeteurs la mémoire est rul)ellr, Et, près des i.'rands, comme auprès d'une l);;il -,
11 Cant paili;r.
Et si vous gardez le silence, le minisire ira-t-il deviner que vous êtes un officier distingué? (|uj vous avez jiayé de votre personne sur le champ d(^ bat lille' ([lie depuis un an vous travaillez gratis ilins .ses bureaux?
AiiMAND.Quoi! vous voulez ipii'j'aille deiiaii liTumimème?
MAnAMK DF. VF.usAC. Nou, ccrtes ; mais si je preiuls ce Soin, (|u'avez-vous à l'époiidrc?
AHMAND. Je réiiondrai ([ue ce n'est pas le mi'iistre ({u'il m'importe! le plus fie ilt-cliir.
MADAME i)i; viaiSAC. \Jiie vuiilez-V(His dire'.'
AIIMANU.
Alu (VAgnès Sorel.
H est une personne encore
Qui (unit bien plus pour mmi bnnlirui I
Vous la connaissez, mais j'ignore
Si vous voudrez parler eu ma faveur.
Loin (le croire à la réussite, Tout espoir est pour moi pi'nhi.
Depuis un an, hélas! je sollicite,
Et n'ai rien encore obtenu.
MAnAMF. Di-: VEUSAC. Commeiil! vous s dlicitez quelque chose d;> moi"? eh mais ! il fallait donc parler. Je suis ciimme le ministre : je l^entend^ pas les gens qui se taisent, et ne peux accorder ce qu'on ne me déni nide i^as.
Ac.MAM). Ponvez-vous blâmer mon silence? Vousète? riche, moi, sans élat dans le monde, sans place...
MvDiM" [)". v.;n5\c. Raisoa de plis p )ur en avoir un •. V )tre chef m'a fiit espérer aujour Ihui une aud.ene du miui-lre; et j'étais si empressé.? à vc.iir, q:ie j(; n'ai oublié qu'une c'msc, assez essentielle : c'est V itre pétition, q le j'ai laissée sur ma toilette. Vous aviez rii. on, p) ir une s )lliciteuse, je n'ai pis une Iro;) b'inue tète. Mais il est encore de bonne lieure, et je vais...
AiiMAM). VoiH avez le l lissjz-pavs'r pour rentier ?
MvoAMK Fit: VKUSAC. Uli! j'ai tout ce qu'il faut.
Aiu : V)nioir, no'tlc dame (Goûte Oaï).
Prou z confiance.
Moi j'ai l'assoranco Que ce projet-là Nous réussira.
ARMAND
S.ins peine on détie Le sort et ses coui)?.
Quand fernmj jolie Veille ainsi sur nous.
ENSEMBLE
MADAME DE VEnS.\C.
Oui, c'est moa u'''n;c Qui veille sur vous.
ARMAND
Quand femin; jolij Veille ainsi sur nous.
[Armand conduit m vtune d; Vcrsic )
SGENi^ [I.
ARMAND, GE0RG1£S.
GEORGKS. Pardon, Monsieur, est-ce qu* c.yi^ jol o dami: n'air.iit p;LS pu entrer?
AR.MAM). Non, (die avait oublié qu-.'l|uespapieri in portants.
r.KonGKs. Al» bien! elle est bien bonn.'; c:î n'était pas II peine. Tiens, des papiers avec ces yeux li! ça vaut un laissez-passer.
ARMAND. Ail! tu cr('i^?
CEon(,F.s. Il y en a hi; n ijui n'ont pas ses yeu\ et qui entrent tnut de m^'ine; tenez, ce grand UMiisieur sec, qui sullieitt! toujours, et qu'un ap[)elle M. Lespéran.e; m dgré 1 ,' suisse, le concierge et la consigne, il trouve toujours le moyen dépasser : je ne sais pasconim nt il liiiis iiiconipte.i.'tj 'm"elunue(len -piisl 'voireneore.
AUMAND. Il est de bonn(> heure ; neuf heures, je crois.
caxmcES. Et vous voilà déjà au bureau? c'est sujterbe ! Eté comni': hiver, je vous vois toujours brillant du même zè!i\ et le ])remier à !"ouvr,ige. Mais, dame! vous êtes sur:iumraTe; et comme le chef de division n'ari'ive ipià mid:, c'est trop juste...
AiiMAMi. Allons, Georges, taisez-vous. D'ailleuTs, (|n'a donc de si triste l'état do surnuméraire?
Air di vaudeville de la Partie carrée.
Soas ce titre sans importance. On est souveul ti'ès-iuipûrt,iut :
On y gagne de l'inlluence, .Si Ion n'y gigno pas d'arg.-nt.
Oui, ces messieurs ont, d'ordinaire, Plus de crédit (pi'un grand seigneur.