‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 35 sur 783 · SCÈNE IV HENRI, WALPOLE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV HENRI, WALPOLE

HENRI, après un instant de silence, et roijant Walpole qui détourne les j/cH.r. J> ne puis ajojter foi à ce qu'il vient de nousdiiv!.. j'ai mal compris! ou il on[ dans l'erreur! Vous, mon oncle! . vous m'auriez de servi!., ce n'est pas possible,., dites-le-moi!., et c'est vous .>hmiI (pie je veux croire!

WALPOLE. Non... il t'a dit la vérit'*!

HENRI. Grand Dieu !..

WALPOLE. .\ quoi bon feinJrii avec toi? je t'aimais ce matin, tti m'étais cher! tu t'; letiais à l'écart du pouv(»ir et de la fortune; j'ai été te cherch(îr, je t'ai pris par la main pour t'y amener. Ce poste si brillant et si dangereux que j'abandiMinais, cette place, objet di; tous les vœux, c'est moi (]ui te l'ai fait obtenir, c'e-^t moi (pii le l'ai donnée!..

HENRI. C'est vrai!..

WALPOLE. Eh bien! dès (pie je l'ai vue entre tes mains, je ne peux dire ce (pie j'ai éprouvé... mon amitié s'est retirée de toi à mesure tpie le pouvoir l'arrivait... c'est un sentiment que je II' pouvais ni maîtriser ni vaincre... J'étais jaloux!., vois-tu, Henri, li lav(Mir du prince est un de ces biens qu'on ne peut part;iger!.. c'est comme ces objets d(> notre amour (pi'oii ne veut |ias voir à d'autres, même quan I on les dédaigne ou (pi'on les ahuulonne! Céderais-tn la maîtresse à ton meilleur ami, à ton frère?., non!... tu le haïrais !.. c'est ce que j'ai fait... tu m'étais devenu odieux...

HENRI. Est-il possible!

v\ALPOi.E, avec exaltation. Oui, tant que je serai vivant, nul ne portera la main sur mon bien, sur celle auUirilé acquise par trente années de travaux et de tourments... Elle m'a coûté trop cher pour ne pis la défendre; t)l quiconque se présenlerail comme ob.-.t icle sur ma roule, ipiiconquO) ami ou ennemi, voudrait arrêter le char de ma fortune, sera brisé par lui !..

HENRI. Crand Dieu !

WALPOLE, receiutnl a lui. Ah I je l'effraNe... tu doutes de ce que lu entends, tu ne peux concevoir 1» violence d'une passion tpii, loin de s'auuu'lir avec tâge, pren 1 cha jne jour de nouvelles forces. Mais cette pa.ssion est la seule (|ue j'aie éprouvée... je n'en ai jamais en (rautres, laisse-la-moi, nu inc l'envie pas! elle rend si malheur«-n\! J iinais je n ai connu commis toi les illusions de la tendresse... jamais I aniour d'une femme n'a fait biltre mon co'iir .. on ne m'a jamais aimé... je n'ai aime per,onne:..

iiENiu. M"ii pauvre oiicf ],,

L'AMBITIEUX

wAi.pOLE. Ah! tu me hais!

iiKMîi. Non... jo vous plains!

w.M.iHH.K. Et tu as raison... car dès que j'ai abattu à inos pirds ronnoiiii qui me résistait... semblable au soldat dont la eolère s éteint quand le combat est fini, mon ressentiment tombe avec celui qui l'avait fait naître. J'ai honte de moi... je rougis de ma frénésie... je m'en veux de mon triompbe que je cherche à expier!.. Toi, par exemple... à peine rcn- V(M"sé, je l'ai tendu la main; je t'ai rendu mon amitié; j'ai C(nn-u te défendre aLq)res du prince... j'aurais bravo pour toi sa vengeance, sa colère, .sa disgrâce peut-être! car je t'aime maintenant, tu es redevenu mon ti's, nion neveu bien-aimé! Demande-moi ma fortune, mou sang... je te les donne, mais le pouvoir!., je l'essaierais en vain! c'est audessus de mes forces ! Et liens, ce Neuboroug, ce vieil ami... si honnête homme... si peu redoutable... eli bien! dansée

moment, j'ai beau me raisonner et me combattre je ne

l'aime plus... Que dis-je?.. tout à l'heure, pendant qu'il me parlait... j'éprouvais contre lui des mouvements de jalousie et de haine; cette intimité, cette confiance dont le roi l'honore... tout cela le rend mon ennemi mortel!., et malgré moi, dans ce moment, je cherche déjà en mon esprit les moyens de le renverser, {y'oyant Henri qui fait un geste d'étonncment.) Tais-toi, le voici!

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