SCÈNE VI II
Lesprécëdems, un domestique.
[Sophie se lève, va à lui, prend une lettre qu'il tenait à la main. Le domestique sort.)
MADAME DE BLANGY. Qu'cst-Ce doUC?
SOPHIE. Une lettre qu'on apporte; elle est timbrée de Fontainebleau.
MADAME DE BLASCY, qui o pris la lettre, et qui l'ouvre. De Fontainebleau ! serait-ce la réponse que j'attendais? [Lisant.) « Madame, pressé parles instances de .M. de Courcclles, ipii « se |ilaignait en votre nom de notre lenteur et de nos re- « tards, etc. etc. [Elle achève de lire à voix basse.) Ah! la maison que j'avais retenue est entièrement vacante.
M. DE nussjÉREs. Ah! mon Dieu!
MADAME DE BLAXGv. Et clIc peut me rcccvoir dès demain.
SOPHIE, Madame doit être bien contente, car c'est tout ce qu'elle désirait,
MADAME DE BLANGY. Certainement; mais M. de Courcelles, f[uina de tact ni de mesure en rien, aura pressé ces braves gens avec une rigueur dont je vais être responsable; on croira que je n'ai nul égard, nul procédé,..
SOPHIE, Ues [)rocédés d'un locataire qui arrive; vous ferez à Fontainebleau ce que Monsieur fait ici.
M. DE BUSSIERES. Quoi, Madame, vutre intention serait de partir dès demain?
MADAME DE BLANGY. Mais oui, Mottsicur, il le faut bien; je ne puis abuser de votre complaisance, ni rester plus longtemps chez vous.
M. DE BUSSIERES. Chcz moi?
MADAME DE BLANGV. C'cst lo Hiot. Dès demain cette maison sera à votre disposition; et pour les arrangements à prendre...
M. DE BUSSIERES. Rieu uc pi'csse ; nous pourrons en parler à loisir.
MADAME DE BLANGY. .\ loisip, c'cst-à-dirc aujourd'hui... Mais je me mêle peu de mes affaires, auxquelles du reste je n'entends rien; c'est un ami de mon mari, .M, de Courcelles, (|ui veut bien prendre ce soin,
M. DE BUSSIERES. -M. de Couicellcs, le receveur général?
MADAME DE BLANGY. Oui, Mousicur. Vous Ic coiinaissez ?
M. DE Bi S5IERES. Un excellent homme, qui a rendu à ma famille d'inq)ortants services; et je serai charmé de cette occasion de renouer avec lui.
MADAME DE BLANGV. Sophie, pricz-lc de venir, et dites-lui que M, de Bussières l'attend.
LES INCONSOLABLES
M. OB BU88IÈRES. Alors,., laisset-moi. — Scène 5.
SOPHIE. Oui, Madame, j'y vais. (Test dune domain quo décidéiiiiMit nous parlons?
MADAME DE BLANGY, sèchoment. Siius douto!.. Est-ce que cela nt \ous oon vient pas? Esl-ce que vous avez quelque chose à dire?
SOPHIE. Rien, Madame. [A part.) Je dis seulement (lue c'est douimage, et que voilà, selon moi, une lettre bien maladroite. [Elis sort.)