‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 389 sur 783 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

DULISTEL, sortant le premier de la salle à manger; DESRO- SOIRS, ALBERTINE, CŒLIE, LÉOPOLD; VICTOR, qui

reste au fond du théâtre.

DULISTEL, à Desrosoirs qui entre derrière lui. Si tu veux que je t'emmène... finis-en !

DESROSOIRS. Un déjeuner brusqué ne valut jamais rien ! Et, puisque ton cabriolet est prêt, tu me jetteras en face de la Bourse, à la Porte chinoise, où j'ai des emplettes à faire pour quelques-unes de mes clientes.

DULISTEL. Comme tu voudras. [Cherchant sur le secrétaire à gauche du spectateur.) Mes bordereaux et mon portefeuille!., mes gants, mon chapeau.

cotLiE montre à Victor, qui les présente à son maître, les gants et le chapeau placés sur une chaise. Ils sont là, colonel ! [A part.) Dieu ! que cela donne de mal, le départ d'un guerrier pour la Bourse ! (^1 Duli^tel qui va pour sortir.) Et ma sœur que vous n'embrassez pas?

ï)i:l\stf.l, embrassant sa femme. C'est vrai !.. Adieu, chère amie !

DESROSOIRS, à Dulistel. Et les bordereaux? [Dulistel revient prendre sur le secrétaire les papiers qu'il avait laissés.)

CŒLiE. vivement, à Albertine. Ah ! mon Dieu ! ma sœur, j'oubliais... Victor m'a dit que quelqu'un demandait à te parler en particulier.

ALBERTINE, souriant . A moi?

VICTOR, s'avançant entre Albertine et Léopold. Oui, Madame, un jeune homme, et qui n'a pas voulu dire son nom.

ALBERTINE. Eh! pourquoi donc?

VICTOR. 11 prétend que vous saurez ce que c'est, et qu'il vient de la Pelite-Rue-Saint-Roch, n°7.

i.EOPOLD, regar dard Albertine avec indignation. Ciel!..

LA PASSION SECHÈTF.

Ai.iiERTiNr:, troublée. Oui... en cflfl!.. Je sais pour quel motif!.. Je vais le nccvoir. {yi Duliilal, qui sort avec Desrosoirs et Victor.) Adicni; mon ami !

DLxiSTKi., entraînant Desrosoirs. Allons, partons! {Ils sortent.)

ALBEUTi>E, regardant Léopold avec embarras. J'espère qu'aiijniirdliui, à notre soirée, nous aurons le plaisir de voir monsieur de Mondes ille!

LÉopoi.D, sèchement. Non, Madame, je ne pourrai.

cœi.iE, tristement. Quel douimaye!

ALUEKTiNE. Et poin'quoi donc ?

LKOVOLV, se rèroment. Je vais vous le dire. Madame, si vous voulez !

ALBEUTiNE, effrayée et regardant Cœlie. Pas maintenant!

LÉOPOLD, avec amertume. C'est juste! on vous attend, et plus tard je craindrais encore d'être indiscret; car vous avez accordi' une audience à M. Desrosoirs.

ALBE.riiNE, avec embarras. C'est vrai, pour quelques instants... Mais tantôt, à deux heures, je serais charmée... aujourd'hui comme toujours, de recevoir votre visite. {D'un ton à moilté suppliant.) Puis-je y compter?

LÉOPOLD, après avoir hésité un instant. Je viendrai, Madame. (// f.ulue Alherline, qui sort vivement par la porte à gauche.)

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