SCENE VII
ABRiAIIi, sw't un inttanf les nvuibres de l'opposition qui se retirent par la porte du fond, puis elle redescend le théâtre, à gauche. BOLINGBROKE.
Boi.iNGBROKE. A morveille ! . . mais s'ils croient que c'est fini., ils se trompent bien .. grâce à cette orilonnance, j\irriHerai plutôt toute l'Angleterre... [Se retournant cers Abiijail qui, se soutenant à peine, s'appuie sur un fauteuil, à gauche.) Ali! mtn Dieu!., qn'avez-vons donc?
.\B!GAÏL. Ce ([lie j'ai!., vous venez de nous perdre.
BOLINGBROKE. Commcnt cela?
ASiiGAÏL. Ce coupable que vous avez dénoncé à la vengeance du peuple et de la cour... celui que vous êtes chargé de p >ursuivre... d'arrêter... de faire condamner...
BOLINGBROKE. Eli bicU?..
ABiGAÏL. Eh bien!., c'est Arlliiir !
DOLiNGBuoKE. Quoi?.. CMlu(d... ccltc rcnconlrc...
ABiGvÏL. C'était avec lord B diiigbroke, votre cousin, qu'il ne connaissait pas... mais qui depuis binglemps l'avait insulté.
BOLINGBROKE, poussant wi Cri. J'y suis!., l'homme à la chiquenaude... Oui, ma chère, une véritable chiquenaude... c'est elle qui a été la ciuse do tout... d'un duel, d'une émeute... du superbe discours que je viens de prononcer... et plus encore, d'une ordonnance royale...
ABIGAÏL. Qui vous prcscrit dj l'arrêter?
BOLINGBROKE, vicemcnt. L'arrêter!., allons donc ! Cjlui à qui je dois tout, un rang, un titre et des millions!., non... non... je ne suis pas assez ingrat, assez grand seigneur pour cela. [Prenant l'ordonnance qu'd veut déchirer.) Et p!ulôt, morbleu... (S'arrétant.) 0 ciel!., et tout un parti qui compte sur moi... et ropposition ciilière que j'ai déchaînée contre ce malheureux duel... et puis enfin, au\' yeux d;; tous... c'est mon parent... c'est mon cousin...
ABIGAÏL. Que faire, mon Dieu!..
BOLINGBROKE, gaiement. Parbleu!., je ne ferai rien... que du bruit... des articles et des discours, jus:]u'à ce que vous ayez la certitu le qu'il est en sûreté, et qu'il a quitté TAngleterre... Je me montre alors, etje le faispoursuivi-e dans tout le royaume avec une rage qui met à l'abri me* seritiincnlset ma responsabilité de cousin !
ABIGAÏL. Ah!que vousètes bon !.. que vousèîcî aimable... C'est bien, c'est à merveille... Et comnii depuis hier qu'il nous a quittés il doitêlr.,' loin maintenant... [Poussant un cri en apercevant Masham.) .\h!