‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 447 sur 783 · SCÈNE TI · texte numérisé non relu

SCÈNE TI

BOLIiNGBROKK, ABIGAIL, sortant par la porte du fond, à droite.

ABiGAÏL. Ah ! Milord! vous voilà !

BOLiNGBROKE... Oui... jc ni'occu[iais du ministère.

ABIGAÏL. Lequel?

BOLiNGBROKK. Le micu... quand j'y serai... ce qui n • tarder.! pas.

ABIGAÏL. Au contraire!., nous en sommes plus loin que jimais!

BOLI.NGBROKE. QuC lUC dltCS-VOUS?

ABIGAÏL. Laissez-moi nie rrippelcr... D'abord, pendant que j'étnis dans le boudoir de la reine... àtravailler avec elle e: à parler de Masham... [Vivement.) qui ne risque rien... n'est-ce pas?

BOLiNGBBOKE. Prisonnier sur parole, chez moi, dans h; plu'^^ bel apjjartement de l'hôtel.

ABIGAÏL. Et pour la suite...

BOLiNGBROKE. Ricu à ciaindre, si nous l'emportons...

ABiG\ii., naïvement . Ah! vous me laites treiiibier!

BOLiNGBROKE, vivemcnt. Et uKii aussi!.. Achevez donc!

ABIGAÏL. Eh bien! sont arrivés chez la reine... milady... milady... une grande dame qui est dévo'r...

BOLINGBROKE. Lady Aberciximhie?

ABIGAÏL. C'est cela... avec lord Devonshire et Walpole.

BOLINGBROKE. Dcs aiiiis de la duches.se...

ABIGAÏL. Qui venaient d'eux-mêmes...

BOLINGBROKE. C'esl-à-dire envoyés par elle.

ABiG.ML. Annoncer à la leine que la disgrâce de la surintendante produirait les plus fâcheux effets... que le parti whig était furieux... et qu'à la séance de ce soir le bill pour les Stuarts .serait rejeté.

BOLINGBROKE. Et la rcluc, qu'a-t-cUe répondu?

ABIGAÏL. Elle ne léporalait rien... incertaine... indécise... cherchant auteur d'elle un ;ivi-, tt de temps en temps me regardant cninine pour savi'ir le mien.

BOLiNGBuoKE. Qu'il fallait donner.

ABIGAÏL. Est-ce que j*' m'y connus?

BOLINGBROKE. Qu'impcrif?. . demandez à la moitié des conseillers de la eonroniie!.. Eiitin, (lu'est-il arrivé?

ABIGAÏL. La reine hésitait encore, lorsque lady •\berci'ombie lui a jiarlé à voix basse...

BOLINGBROKE. Qu'a-t-elic pli lui dilC?

ABIGAÏL. Je l'ignore!.. Jetais bien près ceiiendant... et je n'ai rien entendu qu'un nom... cilui de lord EvemLile... et celui de Masham!.. [Vivement.) Oh! celui-là, j'en suis sûre... Et la reine jusque là froide et sévère, a dit, d'un air de l'onlé : N'en parlons plus, qu'elle viennoîje la reverrai.

BOLINGBROKE, avcc colere. La duchess;;! rentrer dans ce palais ;;ont ji) la croyais pour jaiiiais bannie...

ABIGAÏL. Et dans mon trouble, tnut ce qui m'est venu à l'idée a été de vous écrire siir-le-cli inip : « Venez! » pour vous apprendre ec qui se pussait et ce qui a été convenu.

BOLINGBROKE. Avec qui?

ABIGAÏL. Entre la reiiiC tt ces messieurs, au sujet de cette réconcdialion.

BOLiNGUROKE, ovrc impatience. Eh bien !

ABiGvÏL. F]h bien !.. il a et' convenu que la duchesse, qui a donné hier sa démission de surintendant', viendra aujourd'hui reni'ttre à la reine sa clé des petits aii|>artements. [Montrant la porte à droite.) Celle clé qui lui fierinetlait d'entrer chez la reine à toute heure, et sans être vue!..

BOLINGBROKE, ovec tn^patiencp. Je le sais.

ABIGAÏL. La reine r-fusera de la reprendre; la duchesse alors voudra tomber aux pieds de Sa Maje'sté,qui la relèvera, et ellcÉ s'embrasseront, <;t le bill pass -ra, et le marjuis de Tnrcy, aujourd'hui iiième...

itOLiNGisROKE. 0 faibl'p.se de h.'inme et de reine! . et au moment où nous tenions la victoire.

ABIGAÏL. Y renoncer à jamais!

i!Olingi:roke. Non... non, h fortune et moi nous nous connaissons trop bien pour nous quitter ainsi! je l'ai nargué'c si souvent qu'ille me le re:id parfois... mais elle me revient toujours!.. Cette réconMI-ation... cette entrevue... à quel nionient?

ABIGAÏL. I) uis une demi-heure!

BOLINGBROKE. Il faut quc jc parle à la reine!..

ABiG.AÏL. Elle est reniermée avec les minis'n;s qui viennent d'arriver... Cest pourceli qu'on m'a renvoyée.

BOLiNGCROKE, se frappant la tcte. Mon Dieu !.. mon Dieu, que faire?.. li faut pourlant que je la voie, que je sache fomment s'est tout à coup éteinte celte haine attisée par moi, et qu'atout prix je rallumerai! Mais pour tout cela •me demi- heure!..

ACiGAÏL, lui montrant la porte du fond, à gauche, qui s'ouvre. Quel bonheur!., c'est la reine!

BOLINGBROKE, resj)irant. Je .savais bien qu'entre la fortune •t moi le dernier mot n'était pas dit... Lnissez-nous, Abi- ,MÏi, laissez-nous... Veillez à rarrivée de la duchesse, et [uuidelle paraîtra, venez nous a^ifrir!..

ABIGAÏL. Oui, Mi'ord !.. Que Dieu le protège ! [Abigatl sort ;tar la porte du fond, à droite.)

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