BOLINGBROKE, LA REINE
iiOLiNGDP.OKE, s'approchaut de la reine (pii vient de se jeter dans son fauteuil, à droite du spectateur. Bien, ma souV;> raine, rès-bie:i !
LA ii:;'.NE, at'cc exaltation, et comme père de son courage. N'cst-re p.is! Ils m'ont crue faible, et je ne le suis pis.
noLiMuiROKE. Nous le vo\();is bien !
LA lua.NE, avec colère. C'est aussi trop abusL'r de ma patience !
BOLi.NCBROKE. C'csl uu élat de clioS'S int(dérable. . .
LA REINE. Et qui ne peut durer.
BOLi.NGiîROKE, vivemeut. C'est ce que nous di.sons depuis longl 'n.ps!.. l'arlez!.. mes amis et moi, sommes prôls à execut- r vos ordres!
L\ lu.i.NE, se levant. Mes ordres... certainement!., je vous lis (!ii mirai! et c'est à vou^, Bolingbroke, à Vous que j(> me c >iilie... Mais, dites-moi... et Masham?..
L'dLi.NGuaoKE. Est toujoiirs mon prisonnier, et nous nous occuprions de cette affaire dès que le nouveau miinstèic sera formé, la c,hand)re dissoute, et le duc de Marlboi'onL;li rappi lé 1
LA REINE, at'cc agitation. C'est bien!., je vais donner l'ordre de le mettre eu jugement.
BJLi.\GBR0KE, vivemeut. Le maréchal?
LA REi.NE. Eh! non... Masham!..
BOLiNGiiROKK, à part. Toujours Masham!..
LA REINE, de même. Et si punition... c.ir je veux (|u'i soit puni... co:uhmné ..je le veux!
BOEING p.oKE, a part. 0 ciel !
LA REINE II vous a privé d'un parent que vous aimi.z .. et puis la duchesse sera furieuse!
EOLiNGi'.ROKE , vivpmeid. Au contraire elle seri ci>
chanti'c!.. ils sont brouillés... nue guerre à mor;.
La reine, dont la colère tombe tout à coup. Ah !... (D'un ton radouci.) Vous ne médisiez pas cela!
BOLiNGiiROKE, à dcmi-voiv , et riant. Elle adccouviTt à n'en pouvoir douter que Misham ik; l'aimiit pas, qu'il rc l'avait ja:r:ais aimée .. qu'il en aimait une autre!
LA REINE, vivement. En ètcs-vous sur!., qui vous l'a dit?
FtOLiNGBROKE, de même. Morij(niue prisoiiTiier!.. qui me l'a avoué à m)i! un amour mystérieux... une personne de la cour qu'il a lore en secret, cl sans le lui dire... je n'ai pu en .«avoir davantage.
la reiSe, avec contentement. Voilà qui est bien différent... {Se reprenant.) Je veux dire bleu singulier... {En riant.) et il faiiflra qucnoUs causions de tout cela.
eolinobroke. Oui, Mailaiie!.. (Vivement.) Dès ce soir, Votri! Ma,jesté aura la lisle de mes nouveaux collègues, avec les piel.s, dis IniigtiMnps, je me suis entendu!.. L'ordonnance d(! dis-o!ution...
La rei.ne. C'est bien!
BOLiNGîiiioKE, de même. Les préliminaires pour les co:iforeures h ouvrir avec le mar.|uis de Torey.
LA REINE, de même. A luervi ille.
ujllnguhoke. Et dés (|U'; Votre Majesté aui'a donné sa signature...
LA REiiNE. Certainement!... Mais, ne fût-ce que pourcornaitre et di-jouer les projets de la duchesse, ne sjrait-il pas prudent d'interroger Madiam?
noLiNGBROKE. Oui, vraiment... pourvu que ce soit en secret et salis que l'on puis.se s'en douter!
L\ REL'XE. Et pourquoi?
HOLi.NcunoKE. Parc,> que je réponds de lui !.. parce que je H" dois le laisser conimunif|uer avec qui queci soit, cl surloui avec des personnes de la cour... mais ce soir... quaul tout le monde sera retiré... quuid il n'y aura plus do daiger d'être vu...
LA REINE. Je comprends !
I! iLiNGBROKE, remontant le théâtre, et s'approchaut de ii porte du fmd. J ; délivrerai mou pri.sounier que nous interrogerons... ou plutùt tpie Votr • .Majesté voudr.i bien interroger, car je n'en aurai pas le loisir...
La reine, avec joie. C'est bien!., c'est bien... [En ce ntoment la du h'^^s.'ie entrouvre un instant la porte à droite.)
L\ biTHESSE, apercevant Bolingbroke. Dieu! Bjlingbrokc ! Elle referme vivenv-nf la portp.) LA REINE, s'arrêtant à ce bruit. Silence!
B ILINGBROKE. Qu'eSl-C(> doiIC?
LA RtiNE, montrant le cahin't, a droit". Rien... j'avais cru entendre de ce cô:é. [Revenant à lui gaiemeiU.) 'Snn... A ce soir!... à bientôt.
B3LINGBR0KE, 5V/'»j(/Hfi/i/. M ishaui S -ra ici... avant onze heures. {Bolingbroke est sorti par la porte du fond, à gauche.)