‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 452 sur 783 · M.\SH\M, LA REINE, ABIGAÏL · texte numérisé non relu

M.\SH\M, LA REINE, ABIGAÏL

{Masham s'avance lentement, salue respectueusement la reine, qui, avec émotion et sans lui parler, lui fait si(ji)e de la main d'avancer.)

LA REINE, 6(7.?, à Ahigfiïl. Fcrmc ces portes... et revien>!..

{Abiuaïl ferme la porte du cabinet, adroite, et cellesdufmd, et revient vrvenv-nl se pla:er près de la reine.)

.MASHAM. Lord Bfjlingbroke m'envoie présenter à VotreMijest'" ces papiers, qu'il ne pouvait, dit-il, confier qu'à moi, et qui sont de la dernière importance!..

LA REINE, avec bonté, et prenant les papiers. C'est bien, Je vous remercie !

MASHAM. Je dois les lui reporter avec là signature de Votre Majesté.

LA REi.NE. C'est vrai!.. j'oubliais!.. (£//•' passe près de li table, à gauche, et s'assied. Regardant les papiers.) Ah! m on Dieu! comme en voilà!.. {Elle ôte ses gants, prend une plume et signe vivement, et sans ks lire, les diverses ordonnances. Pendant ce temps, Masfuini s'est approohè d'Migaïl, qui est de l'autre côté, à l'extrémité de droite.)

MASHAM. Eh! mon Dieu! miss Abigaïl, comme vous voilà pâle !

ABIGAÏL, à o?em?-i!o/a;, avec émotion. Écoutez-moi, Arthur... j'ai le crédit... le pouvoir de la duchesse!

MASHAM, avec joie. Est-il possible?

ABIGAÏL, de mvm. La fiveir de la reine! et je suis déc'dée à repousser tous c:3s biens... à y renoncer...

MASHAM, étonné. Eh! pourquoi?..

ABIGAÏL. Pour vous'.. Quelquc fortune qui vous puisse arriver, en feriez-vous autant?

MASHAM, vivement. Poivez-vous le demander?

ABIGAÏL, tremblante. Eh bien! Arthur, vous êtes aim'; d'une grande dune... la premi'To de ce royaume...

MASHAM. Que dites-vous?

ABIGAÏL. Silène !.. {Vii montrant la reine qui a adievé de signer et qui s'avance vers lui.) La reine vous parle.

n REINE. Voici les owlonnancy; que Bolingbroke vo i-; avait chargé d'apporter à notre signature...

MASUAM. Je remercie Votre Majesté, et vais annoncer à nii'ord qu'il est ministre!

LA REINE. C'est généreux à vous, car le premier usage qu'il fera du pouvoir sera sans doute de poursuivre l'adversaire de Richard Bolingbroke, se i cousin.

MASHAM. Je ne crai is rien !.. il sait comment a duel s'e>t passé!

LA REINE. Et puis, VOUS avcz pouf VOUS dc hautes protections... la nôtre d'abord, et, bien mieux encore, celle de 1 1 duchesse! {Elle va s'asseoir sur le canapé à gauclie du spectateur.— Masham est debout devant elle, et Abigaïl debout derrière le canapé sur bquel elle s'appuie en regardant Masham.) On m'a assuré, Misham, ma^svous n'en conviendrez pas, car vous êtes discret, on m'a assuré que vous l'aimiez...

MASHAM. Moi, Midame... jamais!

Lv REINE. Et pivarquoi donc vous en défendre? la diichesse est tort belle, fort aimable, et le raig qu'elle occupe...

MASHAM. .\h! qu'importe le rang et la puissance... on y Songe peu quand on aime, {ligardant Abigaïl, qui est debout derrière la reine.) Eij'aimj ailleurs!.. {Abigaïl fait un g^-ste d'effroi.)

LA REINE, baissant les geur. Ah' c'est difféi'etit... Et celle que vous aimez est donc bien belle!

MASHAM, avec amour et regardant Abiga:îL Plus que je ne peux vous dire... {Se reprenant.) ie veuxdireque je faiinc... que je suis heureux et fier de cet ain )ur; et punissez-moi, Ma lame, si même ici, devant vous et à vos pie l-, j'ose l'avouer...

LA REINE, se levant brusquement. TA\sci-\ovts\.. n'entendez-vous pas?..

AiiiGAÏL, montrant la porte du cabinet, à droite. On frappe à cette porte!

MASHAM, montrant les portes du fond. Ainsi qu'à celles-ci! ABIGAÏL. Et ce bruit au dehors!., les appartements se remplissent de monde.

LE VERRE D'EAU

LA REINE. Comment fuir mamtensinif.. {A part, avec effroi.) Et cette phrase de la duchesse! {Haut.) Et si on le voit ici...

ABiGAÏL. Là, sur ce balcon... [Masham s'élance sur le balcon, à gauche; Ahigàil referme la fenêtre.)

LA REl^E. C'est bien... va leur ouvrir.

ABIGAÏL. Oui, Madame... mais du calme... du sang-froid.

LA REI^E. Oh! j'en mourrai!

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