IMI
Ain : De sommet kr encor, ma chérs.
C'est que par le destin injuste
S :s plus tonrlres vipuk sont dr^çiis;
Enfin, c'est (pie monsieur .Vugusto
L'adorait... et ne l'alm,' plus; Paur ipie la mort à ses mauv la derobj Elle se doit tuer par s.entiinent,
Dés qu'elle aura fini la roi)e
Qu'elle commence en ce mom;nt.
GE0RGiM.\. Comment! Paméla, esl-ce que ce .serait vrai? r.uiÉLA. Oui, -Mesdemoiselles; mais comme je ne vou.v pas que Ma lame soit daas l'embarras ù cause de moi, j'attendrai
LES GRISF/ITKS.
qu'elle ait, pris fjui'l lu'iin pour me remplacer, et alors...
r.EOiic.i>:.\. Il faut, ma clière, que v«i.is ayez bit:ii peu de judiciaire. Certaiueraent Auguste est aimalile, je ne dis pas HOU, mais quand je me tuerai pour lui... ce sont de ces inconséquences qui comprom< Itenl une jeune personne! se désespérer, à la bonne heure, parce que cela n'engage à rien.
GOGO. C'est vrai; et puis qui sait? elle peut l'oublier.
CEOiiGiNA. Ah ! oui, il y a encore cela.
{•A.viii.A. Vous croyez que c'est possible?
GEORGiNA. Dame! en ])(nsant à autre chose. Si vous étiez venues avec moi avant-hier, à Tivoli... {A voix bassp.) Vous ne savez pas, Mesdciuoi-ellcs, qu'il m'est arrivé une aventure l'omanesque et incidente.
TOUTES. Une aventure !
GEOFiGiNA. (Jui; mais vous n'en direz rien.
TOiTEs. Cela va sans dire; va donc vite.
JOSÉPHINE, qui pendant toute cette scène n'a pas cessé de travailler. Ah! Mes lemnisclles, ([ui est-ce qui a pris mon coton ?
GOGO. Il est devant toi.
JOSÉPHINE. Ce n'est pas le mien : celui-oi n'est qu'en trois.
TOLTEs, à Georijina. Eh bien ! Georgiiia, parle donc.
GEOiiGiNA. Imaginez-vous que voilà trois ou quatre dimanches de suite que nous rencontrons un jeune négociant anglais ; très-riche et tros-aimable, qui rapprise pour une comtesse.
PAMÉLA. Tiens! et comment cela?
GEORGiNA. Ah! d'abord, parce que je le lui avais dit; (t puis ensuite par la mise, qui était assez à effet.
Am : Un homme pour faire xiti tableau.
Les dames s'écriaient souvent :
Grands dieux ! que sa rolie est jjien faite ! Et les lionimes en in'admiraiit Disaient : Quelle taille parfaite !
Chacune aui'ait été, je croi, Fière de ce double suffrage : Car la taille était bien à moi, Et la robe était mon ouvrage.
Mais ce qui a achevé de l'éblouir, c'est le fini de la conversation. Vous savez que j'ai été qui'lque temi)s demoiselle de compagni(> ; et il suffit de quelques phrases ambiguës pour faire préjuger de rinstruction préliminaire qu'on peut avoir acquise : vous sentez bien que le dimanche je ne parle pas comme dans la semaine; cela ferait devhier notre état. Enfin donc, de fil en aiguille, il a été question de mariage, d'('t iblissmient, et il attend ce soir la ri'ponse de ses parents, i)aire que c'est aujourd'hui mardi, fête, extraordinaire à Tivoli.
TOUTES. Dieux! est-elle heureuse!
GOGO. Parce (pi'elle va comme cela à Tivoli, dans des bals bien composés; moi qui ne vais rpi'à la Chaumière, cela ne m'arriverait jamais.
MiMi. Oui, c'est ennuyeux; on s'y amuse, et voif'i tout.
joséphim:, se levant. Enfin mou ouvrage est terminé.
GE onGiNA. Ah! mon Dieu, le mien (pii n'est pas commencé, et la robe est promise |)ource soir; je ne pou irai pas sortir, et ça peut faire inaiii|uer mon mariage.
JOSÉPHINE. Donnez, je vais vous aider.
GEORGINA. Est-elle bonne cette pelilo Jo.^^éphiue ! .Mais commeul faites-vous, ma chère, i>oni' avoir lonjours Uni votre ouvrage avant nous ?
JOSEPHINE. Dame, je travaille et ne cause avec personne.
MiMi. Excepté avec .Julien, (piaud il vient.
JOSÉPHINE. C'est mon l'ulnr; il est commis chez M. Vaii- Berg, ban(pner hollandais, ipii a une maison de commerce à i'aris, et une à Amslerdam... .lulieii gagne dix-huit cents francs; et moi, (h; uioucùli', par mon travail et mes économies, je me suis fait une petite fortune.
GEOp.GiNA. Combien donc?
JOSÉPHINE. Cinq mille fr,».H>.
MiMi. Cinq mille francs!.. Quand tu nous feras aecroiro cela...
JOSÉPHINE. Oui, Mesdemoiselles : deux mille francs que j'ai mis de côté, et le reste...
PA.MÉLA. Eh bien! le reste?
JosÉPHjNE. M'a été envoyé, il y a quelques années, je ne sais par qui : mais je présume que cela vient de ma famille.
Mi.Mi. D(; .sa famille! elle n'en a pas : elle est orpiieline.
JOSÉPHINE. Oui, mais j'ai ma cousine Gabrielle, qui m'aimait tant, et dont je n'ai pas eu de nouvelles de|niis huit ans : voyez-vous, macou-inerjabrielle n'était qu'une simple couturière comme nous.
Air du Pot de fleurs.
Mais elle avait tant d'attraits en partage. Qu'à chaque instant devant le magasin .Se srrccédait maint brillant équipage; Mais uu jour, voilà que sou lain...
MIMI
J'y suis. . c'est toujours de la sorte... L'ambiti'in de son cœur s'empara :
Comment aller à pied, lorsque l'on a
Tant de voitures à si porte ?
GOGO. Oui, oui, l'on sait ce que c'est : un enlèvement.
JOSÉPHINE. Non, Mademoiselle, ma cousine n'était pas fille à se laisser enlever; apprenez qu'elle avait des principes.
.iiiMi. Eh bien! on l'aura enlevée avec ses principes.
JOSÉPHINE. C'est très-vilain ce que vous dites là.
l'SMÉi.A. Joéphinc a raison; vous êtes très-mauvaise liiigue. [Toutes se lèvent.)
GEORGINA. Eh bien! Mesdemoiselles, n'allez-vous pas vous quereller? Taisez-vous donc, voici quelqu'un,
JOSÉPHINE. Dieu! c'est Julie-n!