‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 478 sur 783 · SCÈNE il · texte numérisé non relu

SCÈNE il

Les précédentes; JULIEN, tenant à la inain plusieurs billets.

JULIEN. A Tivoli! h Tivoli! j'ai des billets pour ce s »ir; qui estrce qui en veut? je les emmène.

TovTv.s, sautant de joie. Ah! que c'est heureux!

MiMi. Dieux! que j'ai bien fait de repasser ma robe de perkale !

Goco. Et moi donc! qui n'avais (|ue celle-là. {A Julien.) Ce sont (h's billets gratis?

jii.iEN. Eh! sans doute; on me les adonnés pour vous.

Air du Piège.

L'entrepreneur, un de m:s bons amis.

Prétend donner la fête 1 1 plus riche ; Tous Us plaisirs y seront réruiis.

Il l'a jui'é... voyez l'aflic lie...

Voulant étonner, él)louii",

Sxluiie I'omI, et toucher l'âme,

11 compte sur vous, \ionr tenir

Toirt ce (pie promet le programme.

Gor.o. Oui'l d iinruage rpie ce ne soit pas aujourd'hui jeudi !

MiMi. Et pounpioi cela?

GOGO. Ah! c'esl que j'ai presrjue une inclination.

GEORGINA. Eh bien! par exemple, il serait assez prépondérant (|ue vous vous permissiez à votre âge...

Gor.o. Pounpioi pas? mais c'est un amoureux qui ne sort que le jeudi et le dimanche: car il est en |>ensiou, et je ne pourrai pas le reiicomrer aujourd'hui, [.A Geon/ina.) n'estce pas. Mademoiselle?

GEORGINA. Moi, d'à!» Il il, vous le sivez, je ne veux pis v aller avec vous; j'ai des iuviiatious plus personnelles, aux-

LES GRISETTES

fcIHEI!lNC10M.'=~

JOSÉPHINE. Ail! monsieur Julien, je suis bien malheureuse ! — Scène 11.

quelles je suis obligée de correspondre... Par exempie, mes bonnes amies, si nous nous rencoiUrons, je vous prie de ne pas me reconnaître, parce que cela pourrait me l'aire du tort.

MiMi. Tiens, c'est tout naturel; entre nous, à charge de revanche. Nous y allons donc toutes?

r.OGO. Moi, pour m'amuser.

GEORGiNA.Hloi, pour m'étabiir.

PAMÉLA, soupirant. El moi, pour me distraire.

TOUTES. Tiens! Paméla qui y vient au^-si !

JULIEN. Me voilà trop heureux : un seul cavalier pour six jolies demoiselles.

MiMi. Nous allons avoir l'air d'une pensi(jn.

JOSÉPHINE, bas, à Julien. Sans doute; et vuus ne serez jamais avec moi.

JULIEN. Je vous demanderai à vous amener un ami, un jeune homme fort aimable.

PAMÉLA, soupirant. Un jeune homme aimable!

JULIEN. M. Anastase, un clerc d'avoué.

PAMÉLA. M. Anastase!

JULIEN. Vous le connaissez?

PAMÉLA. Je l'ai vu quelquefois dans des parties avec M. Au'Histe.

MiMi. Un clerc d'avoué... ah! tant mieux; nous voyons beaucoup de clercs d'avoués; ils sont tous si gais, si amusants! et puis c'est une bonne société.

GEO'^'-.iNA. Vous avez raison : la bonne société avant tout: parce que souvent à Tivoli c'est bien mêlé, et il est si désagréable de se trouver confondue I

JULIEN, .-\insi, Mesdemoiselles, à ce soir, à huit heures; soyez prêtes, nous viendrons vous prendre.

JOSÉPHINE. Vous vous OU allcz déjà ?

JULIEN. Il le f;uit bien : si mon bampiier venait à rentrer.

MiMi. Il est donc bien sévère? •

JULIEN. Oui, avec nous; ailleurs, c'est un galant, un amateur, mais à l'iiisu de sa femme, car si elle se doutait que Son époux va ainsi en catimini...

GEOHGiNA. Ah! Julien, tinisscz... si vous allez faire des plaisanteries de mauvais ton.. .je n'aime pas cela.

MiMi. list-elle bégueule!

JULIEN. Adi(;u, ma petite Joséphine, à ce soir. A propos, prenez garde à Derlaiige, ce négociant chez lequel vous avez déposé vos économies : on dit qu'il n'est pas très-solide; j'y pa-^scrai si vous voulez.

JOSÉPHINE. Pas aujourd'hui : vous avez trop de choses à

LES GRISETIV^S.

faire; mais demain, mon ami, ne l'oubliirz \k\s. (;'cst le fruit fie mon travail, c'est tout ce que nous possédiins; je n'aurais plus rien avons donner.

JULIEN, lui serrant la main. Si, vraiment ; et tant que vons m'.dmerez, nous ne manquerons de rien. Adieu, Mesdenioîselles; adieu, Josépliine.

TOUTES. Adieu, monsieur Julien-

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