M. ET MADAME VAN-BERG
M. VAN-BERG. Moi'blcu ! sl jamais on m'y rattrape. . {Offrant la main à sa femme.) Madame, voulez-vous uio permet Ire de vous l'econduire?
MADAME VAN-BERG. Pascncorc, j'ai quelque chose, ici même, à vous demander; et vous êtes si généreux aujourd'hui, que vous n'hésitei'ez pas à me raccorder.
M. VAN-BERG. Je uc sais pas pourquoi, Madame, vous me dites cela d'un air d'ironie...
MADAME VAN-BERG. Du tout, je parlc sérieusemciit, et je !e prouve : vous avez renvoyé Julien, j'ignore pour quel motif, il ne me l'a pas dit.
M. VAN-BERG. C'est bien heureux!
MADAME VAN-BERG. C'est UU tpés-bravc garçon, auquel je m'intéresse; et vous me ferez plaisir eii le gardant.
M. VAN-BERG. Jc le voudrais, Mulame, mais c'est impo.ssible, absolument impossible; je l'ai juré.
MADAME VAN-BERG. VoUS aVVZ CU tort.
M. v.\N-BEBG. Et pourquoi?
MADAME VAN-BERG. Parcc qu'il icstcra.
M. VAN-BERG. Morblcu !
MADAME VAN-BERG. Attciidcz, VOUS u'y ôtcs pas eucoro ; je vous ai prévenu qu'aujourd'hui j'étais en train do demander; il faut i|ue je profite des moments où vous êtes bien disposé: vous albz donc garder Julien, et lui donner des appointements plus convenables, et de plus, une trentaine de mille francs.
M. VAN-BERG. Et pourquoi?
MADAME VAN-BERG. Pour qu'il pui.ssc épousor Joséphine, qui était là tout'à l'heure auprès de moi.
M. VAN-RERC. Qui"? Joséi)liine ! .. celte petite couturière?
MADAME VAN-BERG. Oui; ils s'aiiueut éperdumciit ; cela vous fâche peut être?
M. VAN-BERG. M )i. Madame ? l'U aucune manièn'.
MADAME VAN-3ERG. T.uït uiicux : cai" apprcucz , Monsieur, que cette petite couturière est ma cousine, ma cousine gi'rmaine.
M. vAN-BERvî, c//>Y/(/(?. Dicu ! voutez-vous bicu ne pis parler si haut!.. Qu'est-ce (jue vous me dites là?
MADAME VAN-BERG. L'cxactc vérité; par excnqile, c'e'st un secret que je possède .seule; mais si vous me refusez, je la reconnais hautement pour ma cousine, ici à Paris, aux yeux de toute votre société: pour commencer, je cours l'embrasser.
M. VAN-BERG, la retenant . ^nlahmie , au nom duciL'l! de que! ridicule allez-vous me couvrir! et que dira-l-o:i dans le monde?.. Moi, cousin d'une couturière !
Madame van-berg. On n'en saura rien.
M. van-berg. N'importe, on jasnM sur ce miriage.
MADAME van-berg. Pourquoi cela? on n'a rien dit du vôtre.
M. van-berg. Moi, Madime, c'était bien dilférent!
MADAME VAN-CERG. Prouvcz-le-moi, si vous pouvez, ou plutôt hàtez-vous de vous décider, ou je vais trouver ma cousine : songez donc qu'à présent c'est ma seule parente.
M. VAN-BERG. Bicu sùr, Il n'y en a pas d'autre.
MADAME VAN-BERG. UaiSOU dc pllIS.
Air des Maris ont tort.
Vous, chez qui la bonté dom ne.
Et qui savez bien calculer,
Vous doterez notre cousine.
Pour n'en plus entendre parler
Qu'ici votre tendresse brille;
Tant de gens, dans leur noble espoir.
Ont acheté de la famille.
Vous payez pour n'en point avoir.
M. VAN-BERG. Eh! Madame, il faut bien faire tout ce que VOUS voulez; mais j'espère au moins que le plus grand secret...
MADAME VAN-BERG. Je VOUS le promots, et VOUS savez si je liens mes promesses; excepté Joséphine, à qui je me fera: connaître, et sur la discrétion de laquelle on peut compter, excepté elle, personne ne saura notre parenlé; mais prenez garde, je vous préviens, que loi'sque je ne serai pas conti^nte de vou-;, il me prendra pour ma famille des accès de tendresse qui vous feront trembler.
M. VAN-BERG. Taisez-vous, les voici.