‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 522 sur 783 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les PRÉCÉDENTS, M. GODARD.

M. GODARD. Je vois lo parrain et la marraine qui sont réunis. Mesera-t-il permis, Madame, de vous présenter mes respects?

MADAME DE SAINT-ANGE. Boujour, mon chor Godard, comment va votre femme?

M. GODARD. Elle attend. Madame, Thonneur de votre visite.

MADAME DE SAINT-ANGE. C'ost bicu ! {A Duraud.) Pour quelle heure avoz-vous commandé les voitures?

M. DURAND, étonné. C immont. Madame, les voitures?

Madame de saint-ange. Eh! oui, ne savez-vous pas qu'il on faut ? vous aviez raison, vous ne vous doutez pas des usages, et vous êtes bien heureux de m'avïir. [Appelant.) Holà ! quelqu'un.

M. GODARD. Gervais ! Gorvais ! c'est mon garçon de boutique, un gaillard fort intelligent.

MADAME DE SAINT-ANGE. 11 faut à l'iustant mènio courir chez lo premier luuour de voitures, et demander six remises, entendez-vous? six grandes berlines. Vous les prendrez à la journée, et (|ue dans u;i instant elles soient à la porîe.

.M.DURAND. Mais permettez donc; il me semble que l'église élaiit à doux pas, nos équipages seront tout à fait inutiles.

MADAME DE SAINT-ANGE. D'accord, 0:1 lie s'cu ser\ira pis, mais il faut qu'on les voie dans la rue ; c'est de rigueur.

.M. DURAND. .Ml! c'est de rigueur. [A part.) Six berlines! Moi qui vais toujours à pied. Ah! la maudite sage-femme; elle me le paiera.

M. GODARD, se frottant U'S mains. Si\ voitures dans la rue, quel bonliour! Ça irajuscprà la boutique du bonnetier, qui ne peut pas me souffrir.

M \DAME DE SAINT-ANGE. Oh ! M. Duraud fait bien les choses; mais ce n'est rien encore, vous verrez son cadeau à l'accouchée. [Bas, à Godard.) Un superbe déjeuner eu vermeil. Oh ! à votre place je ne serais pas tranquille. (.1 Durand.) .\llons, donnez-mni la main, et venez voir celte pauvre petite femme. {Bas.) Nous allons trouver la nourrice, la garde, les grands parents, un monde et une chaleur; c'ost allreux ! je ne peux pas souffrir les chambres d'accnuchées.

M. GODARD. Mille pardons si je ne vous conduis pas; quelques affaire^ indispou-sables, cotte rob^ de baptême, la toilette de renfaut... Je suis à vous. Madame. [Durand et madame de Saint-Anije entrent dans la chambre voisine.)

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