‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 538 sur 783 · I.AGNY. — Imprimerie de Yialit et Cie. — Hi · texte numérisé non relu

I.AGNY. — Imprimerie de Yialit et Cie. — Hi

PHILIBERT MARIÉ

vit (le Siiiivenirs. (Lisant.) Cabiueffi partktdic-rs. Pdiblcii, luadatiicPliilibcrt,!! faudra qii' nous allions voir Cil i un (li; CCS jours.

MADAME PHU.lllERT. QuVst-CC qilC VOUS (litCS (loUC,

mon ami?

l'iiiMBEUT. Vous et ma fille Amclio, mon neveu Victor, M. Cliopard, mon ancii n maître de pension et son gouveineui- actuel ; nous serons vu famille. Ci- sont, il me seml)lc, de ces (letiles diliauchcs légitimes que peut se pevmeltre riiomme marié.

AMÉLIE. Non, mon itapa ; vous resterez chez vous, le docti'ur l'a hien recommandé.

MUMBERT. Tiens, ma fille, (juand tu prends ton air se i ère, c'est étonnant comme lu ressembles à fou oncle Philibert qu'ils appti.iient Ions l'honnue de niérite. Il a en loute s-a vie la piM'mission de uic gronder, et je crois (jue tu as liériti'^ de ses droits ('t privilèges. Mou pauvre frère, c'était bien le meilhîur de la famille!.. Kt quand je pense au mal que j(; lui ai donné : d'abord il a été obligé de faire deux fois sa fortune, une poui' moi... Ensuite c'est lui qui m'a forcé à me marier.

MADAME iMULiBEnT, Forcé, Monsicur!

PIULIDERT.

Ain : tJn homme pour faire un tableau.

J'avais pour vous t)i.'.T,iiconp d'amour;

Vous I tii'Z ricliL', belle et i-iv^<^,

El pour me payer de retour,

Vous i-xiirlez 1(3 mariage. ,,,. .i„,,;,ujBl

Moi, do l'hymen J'eu.s toujours,pgi^,-„„ ^^.,„

l-.t lu\aul les fers qu il nous forgë^

On ne m';i contliiil au boidienf' ' '^•<lfl/'lOH3

Que le pistolet sur la !.^orcre. - " '' '=" i'V»d-f

Et j'esp' rc maiiilenant que votre recottnh^ssâiVCOtîôlt au moins égaler la uneniie. .n -mt./ i,^

MADAME PIULIDERT. Aussî, avcc qoi'l' ^l^ilîsit''Wi'on.snol;s élevé son fils Victor! '' '

l'iuLiuERT. Vn i)!aisir! c'était bien un devoir ;'i1 est ici chez lui, et nous ferons encore plus. [Bas.) N'ës^c pas, madame Philibert? " ' ■ ' ' ' ' *'

MADAME PHU.iRERT. Mon Dicii, Mousieur, il n't\st pas nécessaire de parler de cela devant .VuK-lie ; si Victor se conduit bien, s'il est bon sujet...

MAUCiERiTE. 11 Ic scra. Madame, il le sera.

Ain du vaudeville du Petit Courrier.

Pour sa raison il est c\{v;

MADAME PIIII IBF.RT.

Mais, sans [lailer de sa jiune^sj, Sou iière a jjcrdu sa rieliesse...

rniLiuERT, vivement.

Par un (Mis (le probiti!-.

M. lis mon fi ère, en ressaut de vivre, A son fds, tu (lois le penser, A laiss(j sou exemple à suivre Et ma fortune îi dépenser.

MARf.i'ERiTE. C'cst bicu Vrai, car non-seulement voi;s avez fait honneur à tous les cngagemcnls du père, mais vous avez encore pris chez vous le lils et la vieille gouverunnto.

piiu.u'.ERT. Il est vrai i|ue j'ai retraucin; pendant quelqui; tenqis mon tilbury et ma i)elit( jument grispommelé. Je vins m'établir au Marai."?, où je pris des goùls .sellent lires et le parapluie A canne: premier retour vers la sagessi-, c'est encore à mon fivi'e que je vous dois! Le joug conjugal a fait le reste. (.1 Marijucriti', pendant que madanw Phdil>ort et Anirlir rangent [a table où est le déjeuner.) .Me vois- tu rentra nt tous les Soirs à dix heures, ne sortant plus qu'avec ma femme, et i)aishant les yeux (prnid je pissais l'ue Viviemie ou au passage des Pe.iMnuuH. Les pio-

mi;rs jour.s c'était terrible, parce qu'on me suivait aux 'l'uileries et que j'ent(;uflais dire autour de moi à de jolies petites femmes ; « Eh! mou Dieu ! c'est M. Phl- « libert! .Vvec qui donc est-il là? e-t-cc une nouvelle « i):issioM? Eh non, il est avec sa femme, vous voyez « bien qu'il ne nous salue pins. » Et quand madame Philibert m'eut donné une héritière, quand j'ai eu ma filb; AuK'die, c'était bien pis ; il fallait à chaque instant lui donner des leçons et surtout des exemples de sagesse ; cette enfant ne saura jamiis tout ce qu'elle m'a coûté. Mais enfin on est père et on se sacrifie! C'est comme mon neveu Victor que tioiis avons élevé, M. Chopard et moi, je peux bien dire qu'il n'y a pa^ de jeunes gens de soi» À?e i)lus sages et plus raisonnables! n'est-ce pas ma femme?

MADAMEPiiiLUJKRT.Ah! saus dout'. Mais où esl-ildonc ce matin, ce bon sujet?

MARfiLERiTE, viccment. Ah ! .Ma laine, il e.st a l'Éc de de droit ; il est si assidu au travail, il aime tant l'éliitle !

piiiLiHERT. M lis Voici justement notre gcjuvw'i'iieur, ce bon M. Cliopard.

SCKNE 11.

t.ES PRÉCÉDENTS, CHOPARD.

Piui.iCERT. Eh bien! Comment cela va-t-il ce matin? niopAHD. Ahlpassi bien qu'autrefois, parce que dans ce tcm|)s-là... in illo tempore, comme dit le poêle:

Aitt : Le huh galant qui chanta les Amours. Tout, prAce au ciLd, suivait un autre cours; " Llif^'^V^* vflMouS inieni; lUiU, h(j|aç! de nos jours, ' iNiûft ami, tout va m d.

puiliukut. Aucim de nous n'isnoro Qu'on le disait jadis, comme on le dit encore.

CIKIPARD.

On le dira toujours.

dfelii'va'sjinsdiVe, et c'est niôme pourcela, Philibert,

qiiè je voVntrais té parliM' eu particulier.

MADAME niiLiBERT. Savcz-vous OÙ cst Victor, monsieur Chopard?

ciiopARD. Mais, Madame... [Prenant une prise de talinr.) Ilum !

AMÉLIE. Est-ce que vous no seriez pas content do mon cousin?

CHOPARD. Il me serait inqiossible, Mademoist 11', de dire le moindre mot sur son compte.

MARC.CEiuTE, Virement. Vous l'entendez, .Mad.iUie.

M.\t).i.\ii': tMiiLiBERT. Eli cc cas, Monsieur, nous vous laissons. .Ma fille va prendre sa le»;on de piano, et moi m'occupcr des soins de la maison. [Elle sort.)

AMÉLIE, à Chopard. Adieu, monsieur Chopard, que Vi)us ète.s bon! que vous êtes aimable! Quand vous votidrez je vous jouerai cette sonate de Clénienti (|ue vous aimez tant.

ciiopARi». .Mil c'e>t ipron n'en fait plus comme cela.

.\iR : Quand on sait aimtr et plaire.

0 musi(ine enchanteresse!

Que ton iharme est eulraînaiit I On chantait dans ma jeunesse,

(.4 riiilibert ) N(His (h'chantous maintenant.

l.i iiolit;(iue cimemie N'anienail point de discors :

r/est pour la boimc harmonie Que nous nous battions alors.

l'iliLlBlUTr MAHIK.

Jai reçu, j'en fais tiopWc, Dans un lyruiiic abandon, Deux coniis (If i oing pour Orphée Et (loii\ soufflets pour Dirlon.

G'tHait le temps (les merveilles :

A l'Opéra, bien souvent, On se coupait les oieilles.

On les écorclie à présent.

0 musique enchanteresse, Que ton ch:in»e est entraînant!

On chaulait dans ma jeunesse, Nous déchantons maintenant.

{Amélie sort.)

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