‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 558 sur 783 · SCENE VL LÉON, GUSTAVE, un flambeau à la main · texte numérisé non relu

SCENE VL LÉON, GUSTAVE, un flambeau à la main

GUSTAVE, ayant l'air de saluer d'autres prisonniers. Bonsoir, Messieurs, bonsoir! il n'y a qu'en prison que l'on boit du bon vin de Champagne.

LÉON. Ah! c'est vous, colonel!

GUSTAVE. Oui ; c'est pour vous que j'en suis resté à ma seconde bouteille.

LKON, lui faisant signe de la main. Silence! ne faites pas de bruit.

GisTAVE. Qu'est-ce que c'est donc?

i.KON. Imagincz-vous, colonel, imaginez-vous... une femme...

GUSTAVE. Une femme! eh bien! ne tremblez donc pas comme cela.

LÉON. C'est que je l'ai vue.

GUSTAVE. Où donc?

LÉON. Ici, dans cette chambre; celle que j'ainac...

GUSTAVE. C'est impossible... H croit voir des femmes partout. (On entend un nouveau prélude.)

LÉo.\. Ecoutez.

{Même motif que le prélude de guitare.)

Ain , Las ! j'étais en si doux servage.

ENSEMBLE

Oiielle aventure singulière!

Ce sÏLiual tait battre mon rœur.

Est-ce fi 1 ™"' ! que l'on clieiclie à plaire, I lui j ' '

Et que l'ou pi omet le bonheur'?

[Ils se regardent l'un et l'autre.)

Mais il se trompe, je le voi. ) ..^

Et l'inconnue est là pour moi, (

Pour moi,

Pour moi.

LÉON. Comment! colonel, vous pensez que ce n'est pas pour moi qu'elle est ici?

GLsiAVE. Il prend une chaise, et s'asseoit au milieu (la théâtre. 11 y a de fortes raisons contre; mais en (lu dans le doute, attaquons toujours, et nous verrons bien... Au plus adroit.

LÉON, debout à la gauche de Gustave. Au plusadroit, cela n'est pas généreux; comment V(»ulez-V(ius que moi qui commence...

GUSTAVE. Raison de plus, celte campagne-là vous formera bien mieuv que tous les traités élémentaires; la théorie est très-bonne, mais il n'y a rien cuuimo la liralique : vous allez voir.

LÉON. A la bonne heure, mais vous devriez me laisser essayer seul, parce (juc vous qui avez une femme...

Gi STAVE. Mon ami, ce sont des considérations en théorie, mais en pratique, ça ne dit rien ; ainsi, attenliou ! chacun pour soi, la campagne est ouverte.

LÉON. Ah! mon Dieu, mon Dieu, colonel! encore un mol. Qu'est-ce cpie vous me conseillez de faire?

GUSTAVE. Parbleu ! si je vous le dis, le beau mérite !

LÉON. Non, c'est seulement pour comm(;nc<.T, après j'irai tout seul.

GUSTAVE. Je crois que, dan.s les principes, il faut d'abord sommer la itlace de se ret»drc; vous veiTCZ cela au cHAPurnE tuolsié.me.

LÉON. Oui, au CHAPITRE TR0IS1É.ME, des bUlels doux et des déclarations.

Gi siAVE. Je suis déjà en train de composer mon manifeste.

LÉON, se mettant à la table. Ehî vite, metlons-n.iu^ à l'ouvrage.

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