‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 559 sur 783 · DL'O · texte numérisé non relu

DL'O

Ain : Tigre femelle (d'Us Joua A Paris.)

LKOX.

Belle inconnue.

Ta douce vue Est tout pour moi :

Mon ;\ine émue Tremble, je croi.

D'amour, (J'etï'roi.

GUSTAVE

Beauté ti'-'resse.

Que ma tendresse Ne peut toucher; Beauté tiiiresse.

Cœur (le rocher,

LEON

Sans espérance, J'aurai toujours Mêmes amours Même constance.

GUSTAVE

Vois un cœur tendre Qui brûle, hélas!

M<ii.s qui u'à ^às Le temps d'attendre.

LÉON

Qu'entre nous deux Ton cœur prononce!

Que ta réi>onse Soit dans les yeuv.

GISTAVE.

Va, ne crains rien.

Vile, prononce :

Mets ta répouse Dans mon colhack. Oui, c'est fort bien!

ENSEMBLE

.^/?;olS- LEON.

Que ta réponse Soit dans tes yeux.

Belle inconnue.

Ta douce vue Est tout pour moi :

Mon ;\me émue Tremble d'etboi.

Sans espérance.

J'aurai toujours M«Vmes amours, Même constance.

Qu'entre nous deux Ton cœur prononce; Que fa réponse Soit dans les yeux.

Fort bien, c'est alminiMo!

Quand elle me lira Son civur s'attendrira,

Pali>itera.

Avec ce billet doux, J'aurai mon rendez-vous.

Ah' oui, vraiment,

Oui, c'est charmant.

GUSTAVE

Dans mon colbsrk, Dans mou colbaok.

MliMOlUl-S D'LN COLONEL DE HUSSARDS.

^Jno ma fciulrcsso Ko lient toucher ; iKaiit.; ti'jrressc, Cœur do i nclier, Daii;ne in'ciitendre.

Vois un cœur tendre Qui brùlc, li'las!

Pour los ajUKi-, Mais (lui n'a pas La temps dattondro, Oui, sans mic-iua".

Vile jirùnonce, Mets ta rôi)ouse Dans mon colback.

Fort bien, c'est impayable!

Quand elle me lira.

Sa porte s'ouvrira.

Ah! c'est charmant!

Oui, c'est charmant.

LiiON, qui a i-hyè sa hllre . M.iiatonnnl, comment f.iirr parvenir?.. Si je pouvais gagner le geôlier, cl l'engager à remettre ce billet?

GLSTAVE, ployant sa lettre, et regardant en dessous. II faut cependant tâcher do m'en débarrasser.

LÉON, à part. Le plus terrible, c'eit qu'il est toujours là ; s'il s'en allait !

ciSTAVE, se levant. Ah cà! mon jeune ami, est-ce que nous ne nous couchons pas de bonne heure au régiment?

LÉON, de même. Si vraiment : et vous, colonel?

GUSTAVE. Oh! moi, non : je ne rentrerai pas encore. (// s'assied sur son fauteuil, auprès de la table.)

LÉON. Ni moi non plus . [Il s'assied aussi sur une chaise de l'autre côté.)

GtsTAVE. Il ne faut pas que ce soit par politesse, ne vous gênez pas, mon lit de camp est là-dedans.

LÉON. Non, non, je vous at'endrai.

GUSTAVE. Je vois que vous êtes pmr la guerre d'obtcrvation. {A part.) U ne me quittera pas ! Si je pouvais l'endormir a\cc mes cam pagines d'Allemagne.

LÉON, à part. Oh! la bonne idée : une fois sur le lit de camp, le vin de Cliampa-'ne qu'il a bu.. . ce ne sera pas long, et iiendant son sommeil... [Haut, il se lève.) Ma foi, mon général, j'ai beau regarder, l'ennemi ne se montre pas ; je cimIs qu'il n'y aura rien à faire ce soir.

GUSTAVE. Je le crois aussi. Nous ferons bien de battre en retraite, et de remettre l'attaque à demain matin.

LÉON. Ainsi doni^, suspension d'armes.

GU6T.\V£. Suspension d'armes, et allons nouscoucher .

DUO

Ain nouveau de M. Granier.

ENSEMBLE

Allons sans dofiance Nous livrer au sommeil; Car la guerre commence Au lu ver du soleil.

GUSTAVE, à part, apercevant de la lumière à la lucarne à gauche.

Ciol! do la liimiorc ; [Fciijnant d'écouter du côté de la fenêtre à droite.) Ecoulez,

LEON

Quoi donc?

GUSTAVE

Taisons-nous.

Quelle voiv douce et iL-gère!

Une guitare, entendez-vous?

LEON

Une gu'.tare ..

{Léon se précipite vers lu fenêtre à droite, et pendant ce temps (iu:>luve jette son bilet par la fenêtre à gauche, )

Eh! non, quelle chmère!

Je n'ai r en entendu.

GUSTAVE

Quoi ! vous n'avez rien entendu ? LÉON, revenant de ta croisée.

Eh; non, quelle chimère! etc.

ENSEMBLE

Je n'ui 1 .

Iln'a r"^»^"- Allons sans di5fiancc Nous livrer au souuneil.

Car la guerre commence Au lover du soleil.

{Us sortent par ta porte du fond, à gauche )

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