SCÈNE IX
r.LST.Wi:. l.IXtN.
<;rsTAVK., se frottant les ijcux. [)ieM uie pardonne, cn Vdulaut l'euilunuir, je croi> que j'ai l'ait un somme, et voil.i que l'euneiui est déjà sur pied. Diles donc, mon jeime ami, est-ce que vous êtes somnambule? '
I.K.». Mou Dieu non, c'est qu'il m'est impossible de rester en place.
cisvAVK. Je conçois! uri début...
Tïranj
MÉMOIRES D'UN COLONEL DE HUSSARDS
MàTBILDB, à part. Il n'ose parler. — Scène 11.
'fù 3Î) ft.oatn ab lisheq Aie : L'amour qu'Edmond a su m^^ft/^r^\^ rts^'Hi
Si le sommeil fuit sa paupière, - *■'«»'<,■ <^\V> '>-v\\ C'est qu'une femme est ici près ; Voilà l'etlut d'une première affaire, Ces conscrits ne dorment jamais Ils veillent par inquiOtude.
Mais un vétéran, un mari, Depuis longtemps a l'hab.tude De dormir prés de l'ennemi.
LÉON. L'ennemi, je n'y songe plus ; oh ! mon Dieu, ce n'est pas à un écolier à se mesurer avec son maître . Mais puisque vous dormiez si bien, pourquoi donc ètes-vous venu ici ?
GusT.WE. Ah! c'est que... c'est que j'avais oublié mon colback, je ne puis pas dormir sans lui.
LÉON, à part. C'est bien cela... morbleu!
GUSTAVE. Hein? il me semble que vous jurez.
LÉON. Moi! colonel?
GUSTAVE. A la bonne heure, au moins... vous vous
r jrmez ; j'étais sur qu'on ferait quelque chose de vous.
Prenant le colback, à pair t.) .le tiens la réponse. (Haut.)
Encore une leçon comme celle-ci , et votre éducation sera bien avancée.
LÉON, avec malice. Oui ; je crois qut; je commeno. {Pendant ce temps, Gustave tourne le dus à Léon, et déroule le billet.)
GUSTAVE, lisant. « A minuit, sur la terrasse. » (.4 part.) A merveille ! mais comment pourra-t-elle me rejoindre? 11 y a sans duule (juclque escalier serret ; d'ailleurs, 1 amour y ])(tui'voira. [Haut.) Ah cà ! camarade, [Mettant son colback suraatéte.) Uiaintenaiit que j'ai ce qu'il me faut, je retourne achever mon somme; quant à vous, je crois que vous serez bien ici.
LÉON. Oui, moi (|ui ai un sommeil agité, je vous empêcherais de dormir.
GUSTAVE Kt moi donc, je ronfle quelquefois!
LÉON, s'asseyant sur le fauleud pris de la table. Je conçois, nous nous ferions du tort; ainsi, chacun pour soi.
LAGNY. — Imprimerie de Vialat et Cie. — M» O —
MEMOIRES D'UN COLONEL DE HUSSARDS
Air: Mais en amour, comme à la guerre (Fragment des Rendez-vous bourgeois).
Il est dupe de ce mystère, Ne disons rien, laisson';-le faire; Car en amour, comme à la trncirc, Un peu de ruse est nécessaire.
{Léon s'étend dans xin fauteuil.)
GUSTAVE
Dormirez-vous bien là?
LÉON
Mon Dieu, je dors déjà.
GUSTAVE
Surtout, mon cher élève.
Si quel(|ue mauvais rùve Vient encor vous troubler, N'alk'Z pas m'appeler.
LÉON, souriant.
Merci de ce zclc; Mais je ne crois pas cpic j'appelle.
ENSEMBLE
LÉON
Il est dupe de ce mystère, Ne disons rien, laissons-le faire ; Car eu amour, comme à la guerre, l^n peu de ruse est nécessaire.
Au revoir.
Bonsoir.
GUSTAVE
Quoique je ne le craigne guère.
Pour (ju'il ne puisse me distraire^ Enfermons-le; car à la guerre, Un peu de ruse est nécessaire.
Au ruvoir.
Bonsoir.
{Gustave sort en emportant la houyie, et on entend fermer la porte à double tour.)