‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 572 sur 783 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

TIENNETTË, seule. Me voilà de la coiiridence. C'est gentil d'être dans une confidence! et surtout pour servir mademoiselle Nina, ma marraine, qui est si bonne ! Que mon papa dise maintenant que je suis une bête !

Air : C'est ma mie, j' la veux.

Tout bas quand on cause.

J'entends toujours bien; Je sais mainte chose Dont je ne dis rien ; Et pourtant papa Dit que je suis bêto-, Est-ce ma faute, da !

S'il m'a faite Comm' ça?

J' sais que 1' voisin Pierre Gronde tant qu'il peut, Et finit par fair^' G" que sa femme veut.

Et pourtant papa, etc.

Je vois d'ordinaire Maint et maint chaland Qui vient voir moa père Pour saluer maman.

Et pourtant papa, etc.

Je voudrais bien le voir ce monsieur de Roufignac... Roufignaci il me semble que quelqu'un qui a un nom comme celui-là doit avoir une figure bien drOle.

lENNETTE, ERNEST DE ROUFIGNAC, en négligé d'officier de cavalerie. *

ERNEST. Quel singulier pays! Comment, personne pour me recevoir? Ils ne sont pas curieux du tout. Si un prétendu arrivait à Limoges, toute la famille serait depuis le matin sur la grande route.

TiEN.NETTE. Ah, luou Dicu ! voilà déjà quelqu'un!

* Frac et chapeau bourgeois, veste, panlulon et bottes V -rnies.

ERNEST. Ma belle enfant...

TIE>NETTE. Chul !

ERNEST. Qu'est-ce que c'est donc ?

TiEN>ETTE. Chut! vous dis-je. Vous venez de Paris?

ERKEST. A l'instant même.

TiE»ETTE. Ces messieurs et mademoiselle Nina vous attendent; mais il ne faut pas paraître tout de suite.

ERNEST. Eh! pourquoi donc?

TIENNETTË. te coloiiel u'cst pas encore sorti, et je guette son départ et l'arrivée du prétendu.

ERNEST. Du prétendu !

TiENNETTE. Oui. Vous entcndcz bien qu'il ne faut pas qu'il sache...

ERNEST. Parbleu ! cela va sans dire.

TiENNETTE. Parcc quc s'il se doutait seulement des tours qu'on veut lui jouer, ce ne serait plus cela.

ERNEST. C'est juste. Mais, dites-moi, le prcteiiflu, c'est...

TIENNETTE. Cet imbécile qui ai-rive de Limoges.

ERNEST. Ahl oui, oui, M. de Roufignac.

TIENNETTE, Justcmcnt. Ah bien! si vous savez déjà

ERNEST. Oui, je sais, confusément...

TIENNETTE. Oli ! iious allous bicii nous amuser! Tous ces messieurs), ces messieurs les ofliciers sont avertis. C'est M. Futet, le percepteur dis contributions qui mène tout cela. MadLmoiselle va se concerter avec eux : elle s'est déjàentendueavecM. Théodore.

ERNEST. Eh! quel est ce M. Théodore ?

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