‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 573 sur 783 · TIENNETTE · texte numérisé non relu

TIENNETTE

C'est son cousin Qui toujours a la préférence ; Et si la noce s' faisait d'main, Savez-vous qui lui f'rait d'avance Danser la premier' contredanse ?

C'est son cousin.

ERNEST. Cette petite fille-là a de l'esprit pour son âge.

TIENNETTE. N'cst-cc pas, Monsieuf? 11 paraît qu'on vous attendait pour commencer. Mais, dites-moi, qu'est-ce que vous faites donc là-dedans?

ERNEST. Ma foi, je te l'avouerai ; je ne sais pas trop quel rôle je dois jouer. Tu dis donc que Nina aime Théodore?

TIENNETTE. Saus doutc, cc qui n'empêche pas qu'ils n'aient quelquefois de grandes d,s|)utes, parce que M. Jules est aussi fort aimable. Au fait, mademoiselle Nina a raison ; on a des prévenances, des égards, et on l'accuse d'être coquette. Mais tous les hommes sont jaloux, jusqu'à M. Futet, qui, quoique marié depuis quatre ans, a l'ait, il y a six mois, une scène horrible à sa femme, parce qu'on pivtendait l'avoir rencontrée en carriole dans les envir«nis de Melim, (ête à tète avec un jeune homme; et ça a fait des i-nipo-;, des histoires... parce que dans une petite ville on est

LE NOUVEAU POURCEAUGNAC

méchant, mauvaise langue et bavard, bavard, bavard, vous n'en avez pas d'idée.

ERNEST. Si fait, si fait, je commence.

TiENNETTE. Ecoutez, c'est, jc crois, le colonel; je vais le guetter. Courez vite rejoindre ces messieurs, et vous habiller pour la comédie; vous savez bien, cette comédie qu'ils jouent : Monsieur de Pourceau... Pourceau...

ERNEST. Pourceaugnac.

TIENNETTE. Guac, c'cSt Ça.

ERNEST. Ah ! je vois alors le rôle qu'on me destine. Dites-moi, y a-l-il ici un costumier?

TIENNETTE. Comment donc, Monsieur! et un qui vient de Paris, encore, un élève de Babin, dans la grand'rue adroite, un mag.isin de masques à côté de l'évèché, tout ce qu'il y a de plus nouveau : des Gilles, des Arlequins, Cendrillon, madame Angot et la Tète de mort. Votre servante, Monsieur. {Elle sort.)

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