‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 612 sur 783 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

OUVRIERS MINEURS, venant de la droite et du fond. SOWBAKIN, sortant du pilier du milieu, ROSKAW.

CHCEUR, se répandant vivement sur la scène.

Hourra! hourra!

Faut que Ton s'égaie, Faut se divertir!

C'est le jour de paie, C est jour de plaisir !

nosKAw, tirant de sa poche une bourse de cuir. Courte et bonne!., c'est mon principe!

Je veux m'acheter un hamac, Du vin!., du g(Miièvre, une pipe!

Un habit neuf et du tabac !..

Rien ne m'arrête et ne m'ellVaie, Car je viens de toucher ma paie. J'ai touché ma paie !

CHCEUR.

Faut que l'on s'égaie, "Faut se divertir!

C est le jour de paie, C'est jour de plaisir!

SOWBAKIN, s'approchant de la table où Roskaw compte son argent, et le regardant avec envie.

Ah! si j'avais le privilège D'être aussi bien payé que toi, Moi, j'achèterais pour Nadège Un beau manteau que je lui doi!

{Regardant une poignée de kopecks qu'il tient.) Mais tout cela suffit à peine!

ROSKAW.

Veux- tu doubler tout ton avoir?

Jouons ta part contre la mienne!

SOWBAKIN.

C'est dit !

ROSKAW.

C'est dit!

TOUS DEUX, à part, avec joie.

J'ai bon espoir!

Rien ne m'arrête et ne m'effraie, Car je viens de toucher ma paie!

J'ai touché ma paie.

CHŒUR

Faut que l'on s'égaie, Faut se divertir!

C'est le jour de paie, C'est jour de plaisir!

(Pendant le chœur précédent, Roskaw et Sowbakin se sont assis devant la table à gauche Les autres ouvriers font cercle autour d'eux.) ROSKAW, jouanf aux dés et commençant par gagner. Je n'ai qu'un plaisir et qu'un vœu, Le jeu ! le jeu!

TflUS.

Le jeu ! le jeu!

ROSKAW.

Aux chagrins qui fait dire adieu?

Le jeu! le jeu !

Qui fait oublier un œil bleu?

Le jeu! le jeu !

[Poussant un cri de colère sur une partie qu'il vient

de perdre.) Ah ! par saint Nicolas !

SOWBAKIN, avec joie et ramatsant les copecks qui sont sur la table.

J'ai gagné !

ROSKAW.

Ma revanche!

SOWBAKIN.

Mais déjà ta paie est à moi!

ROSKAW.

Nous jouerons celle de dimanche!

Quitte ou double!..

SOWBAKIN, après avoir un instant hésité. Eh bien... oui... ma foi!

[Reprenant le motif ci-dessus.} Rien n'égale, j'en fais l'aveu, Le jeu! le jeu!

ROSK.\w, avec colère.

J'ai perdu!., maudit soit, morbleu,

Le jeu! le jeu!

Qui nous ferait renier Dieu! Le jeu! le jeu !

Perdre toujours!...

[À Sowbakin)

Allons... encor!.. encor!

SOWBAKIN, *e levant.

C'en est assez!., payons d'abord.

ROSKAW.

Jouons encor.

SOWBAKIN.

Payons d'abord!

11 me faut des écus!

ROSKAW.

Je les ai tous perdus!

SOWBAKIN.

Alors ne jouons plus!

ROSKAW.

Me refuser crédit!

SOWBAKIN.

C'est prudent, m'a-t-on dit!

liosKAW, avec colère et levant le poing sur Sowbakin.

Souffrir de tels aflVonts!

SOWBAKIN, le menaçant à son tour.

Approche... et nous verrons!

LA DAME DE TIQUE

Toi!

Moi!

ROSKAW.

SOWDAKIN.

ROSKAW.

Toi!..

SOWBAKIN.

Moi!

ROSKAW, le menaçant.

Viens-y donc!

60WBAKIN, de même.

Viens-y donc!

Ah! cœur poltron Et fanfaron, Avance donc!

Avance donc!

Tu n'oserais!

Et tu craindrais Le châtiment Que, sur-le-champ.

Tu recevrais Si tu tombais Rien qu'une fois Sous mes cinq doigts!

(Aux ouvriers qui veulent les retenir.) Laissez-moi tous!

Eloignez-vous!

Craignez les coups De mon courroux!

PREMIER OUVRIER, dw côté de Roskaw. Oui, ne pas jouer davantage A notre chef c'est faire outrage!

d'autres ouvriers, du côté de Sowbakin et le montrant. Il a raison !

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