‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 618 sur 783 · SCENE Vlil · texte numérisé non relu

SCENE Vlil

LA PRINCESSE, KLAREMBERG, atnené par LISANKA et suivi de ROSKAW.

LISANKA, à Klaremberg, montrant la princesse. Tenez, Monsieur, la voici!

LA PRINCESSE, allant à lui. Monsieur Klaremberg!.. comme vous êtes pâle '

KLAREMBERG. La coursc... l'émotion... c'est fort joli!..

Ces murailles de sel... ont tl'alioril un air de diamants. . un faux air... qui m'a séduit. J'ai voulu voir, j'ai vu! je m'en vas!

LA PRINCESSE. Sans moi...

KLARF.MBERG. J'étouffe ici, ddus CCS galeries ! tu surtout les courants d'air...

LA PRINCESSE, riant. Allons donc !

KLAREMBERG Qul tout à l'heure., parles effets du gai... qui s'enûanime... je ne vous dirai pas au juste... ont occasionné une explosion!.. Un pauvre ouvrier qui, devant moi, est tombé sans connaissance.

LiSANKA, naïvement. Gelaar^ive souvent! très-souvent!

KLAREMBERG, vivement^ Je suis très-pressé de continuer mon voyage ! les affaires d6 banque ne souffrent pas de retard... J'ai réclamé poui' mon domestique PétefS Ci pour moi le droit de remonter là-haut, immédiitertlëtit ; l'af tiotez bien que pour respirer il faut un permj^j tin lais^ezpasser... que le prince m'a accordé^ en riant cdtnme un fou!..

LA PRi.NCESSE. Et en renouvelant ses plaisariiefiës...

KLAREMBERG. Sur la poltfonnerie des écus! oh devrait dire : leur courage .. Car enfih, je vous deinande un peit si quelqu'un qui a If-ois ou quatre millions we risque pas plus que celui (fui n a rien. C'est absurde. Aussi je pars... Mais j'ai voulu vous prévenir qu'avdnt de descendre clans ces souterrains, le prince avat expédié, devant moi^ soii rajiport à l'empereur, sur l'affaire fie Constantin Nélidoff. ..

LA PRINCESSE, à par!. .Kh ' le i^aitre!

LISANKA. Alors ce pàiitre jeuiie Itditliliê est perdu!

ROSKAvs'. Fusillé!

LIS.\NKA ET KL.\REMBERGj àvêC èflrtiii Fusillé!..

LA PRINCESSE. Pas cncorB ! i {A I((tirêifhberg.) si voiti me venez en aide.

KLAREMBERG. Moi ! . el commciit !

LA PR NCESSE. Lisaukâ me facoiitait hier t|tte VoUs n'aviez pas perdu le souvenir d'une aventui é qui tous était arrivée... un soir... à la cour d'Elisabeth.. i

ROSKAvv, vivement, à Klatefnherg, Oui .» blli;:; quand la [irincesse Polowska vous donna It-Ois caftes gM^hatiles:..-

LiiANKA, de même. Qui empêclicrent t&tfe i'uirlé !

KLAREMBERG, à la priticesiOê. Je sais ce ^M je dois à la princesse votre mère, etipiuique totisies jours on calomnie les écus, il y en a, Tlroyez-itloi^ qui ne sont pas ingrats... et les miens sont à votre service! disposez de mes capitaux '

LA PRINCESSE. Jo VOUS remercie !

KLAREMBERG, avBC chuleur. Sans intérêts, bien entendu! sans intérêts! de l'or, des traites, des lettres de change sur Vienne, sur Londres, sur .\msterdam... le meilleur papier.

LA PRINCESSE. Je u'cu vcux qu'un ! le laissez-passer que le prince Zizianow vient de signer pour vous et pour votre domestique Pcters...

KLAREMBERG. Que voulcz-vous dire?

LA PRINCESSE. Que celui-ci nous restera quelques heures encore, je me charge de lui, et vous emmènerez à sa place, couvert du chapeau et du manteau à votre livrée, Constantin Nélidoff...

KLAREMBERG. Impossible! il est, dit-on, renfermé ici dans un cachot,

LA PRINCESSE, fii'emenf. Dont Roskaw a la clé!

LISANKA. Et je suis sûre de Roskaw...

LA PRINCESSE, gaiement. Ma filleule en répond!

ROSKAW. Un instant!..

LA PRINCESSE. Il CSt à UOUS !

ROSKAW. A une condition...

LA PRINCESSE, regardant Lisanka. Que je devine !

RosK.wv, auec embarras. Peut-être!

LA PRINCESSE, vivement, à Roskaio. N'importe, j'y consens d'avance! la clé'?..

ROSKAW, la lui donnant. La voici!

LA PRINCESSE, à ilosAïaw. Combien faut-il de temps pour remonter?

ROSKAW. Plus de vingt minutes... et tant qu'on n'est pas arrivé à la sortie extérieure, on peut toujours donner le signal pour faire redescendre ..

LA PRINCESSE, à Lisunka. Tiens, L'sanka, délivre Constanlin... et vous, Rlaremberg, veillez sur lui... Que par vos soins il sorte de la Russie .. ne le quittez pas avant qu'il ait franchi la frontièto; ; et, si vous le pouvez, trouvez-vous i ans dix jours atJ.x eaux de Calrsbad .. je m'y fendrai de mon côté.j.

KLAREMBERG. PourqUoi?

LA PRINCESSE. Je VOUS le dirai... mais partez au plus vite .. (Tendant la main à fftâfetttbefgi) Merci, Klaremberg.

KLAREMBERG. Je VOUS devîiis tant, à Vous ou aux vôtres, qui ont protégé en mol Un malheureux. .

LA PRINCESSE. Vo:is veucz d'en saiiver un autre... nous sommes quittes â présent! [Ktaremberg et Lisanka sortent par ta droite.)

IliÊNE IX.

roskaWj la princes.se.

ROSKAW, à part. A nous deux maintenant!

DUO

ROSKAW, fi part, et pendant que la princesse rejarde à droite Jiiarembefg et Lisdnka qui s'éloignent, avalant quelqites gorgées d'une gourde d'eaa-dc-vie. Allons aoiiCj lAche, et qui cette liqueur. Pour lin liistant, te duniie au moins du cœur! {S'approchafit de la princesse et s'animant peu à peu.) Je veux vous dire et vous aiipremlre .. Que tes lieux sont muets et sourds!

{La princesse^ sans faire attention à ce qu'il dit, re- §âfdë loujounavec inquiétude du côté du cachot de Comàtitin:)

BOSKA^j avec égatement.

Que le prisonfl'er paft et ne peut vous entendre. Ni Venir à votre secours!

LA fiRiNCESsÊj à parti avec étorinement. Que dit-il là?

RMSRA^^ buvtiid §MùN uHê gûrgééd*ëau-de-vie^ et avec phti d'emportement. «

Je dis qu'en d'autres galeries Ils sont toiis éloignés... et nous sommes tous deux Seuls... tout à fait seuls... en ces lieux... {.ivec explosion.) Et dussé-je, après tout, me damner...

LA PRINCESSE, se retournant avec dignité. Tu t'oublies!

ROSKAW, vivement, à demi-voix et avec emportement. Vous' avez des secrets... qu'on vous a confiés... Trois cartes .. un anneau! je sais tout!., vous voyez! Il me faut cet anneau, ces trois cartes gagnante;... Je les veux à tout prix, sinon...

LA PRINCESSE, effragéc.

Tu m'é])0uvantes !

Et tu n'es pas, Roskaw, dans ton bon sens ! ROSKAW, portant la main à son cœur et à son front. C'est vrai! partout la flamme et des brasiers ardents!

ROSKAW, avec emportement.

Dans la fureur qui me possède, A l'en'er même j'ai recours !

Que Belzébuth me vienne en aide !

COdiz!.. ou tremblez pour vos jours !

(Avec prière.) Pour vous-même, je vous supplie, Craign. z so:i pouvoir infernal !

Pour NOUS soustraire à ma furie, LiviLZ-moi ce secret fatal!

LA PRiNCEssi:, regardant avec frageur autour d'elle. .\ l'Iiorieur... à l'effroi je cède; Seule... en ces lieux... et sans secours! Qui pourrait me venir en aide ?

A quels moyens avoir recours?

LA DAME DE TIQUE

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Ma revanche! — Acte 2, scène 3,

{S'adressant à Roskaw, d'un air suppliant.) liisciist' ; (iiielle fiéïKj.sie Te [iOusse à ce destin latal?

Reviens ii tui, je l'en suiiplie !

Abjure un délire infernal?

{Avec frayeur et cherchant à l'apaistr.) Ecoutc-ni'ji... Crois-moi, ce secret, sur mon ànie, N'existe pas!

uosKAw, avec colère.

Vous voulez me tromper?

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