I.A PRINCESSE
Moi!
ROSKAW.
Mais le prisonnier, songez-y bien, Madame,
N'a pas eiicor pu s'écliapper!
LA PRINCESSE
0 oie) !
ROSKAW.
Rien qu'un seul cri peut le rendre au supplice!
LA PRINCESSE
Tais-toi! j'oublîrai tout!
ROSKAW.
Non! vous n'oublîrez rien!
Et d'avance, je sais quel sort sera le mien! Le knout jusqu'à la mort!., et ce sera justice!
Mais puisque de mes jours j'ai fat le sa rifice, Je ne risque plus rien.
{Avec fureur.)
Ce secret! . ce secret...
Je le veux... ou de vous... et de lui c'en e-t fa.l.
ROSKAW, hors de lui.
Dans la fureur qui me possède, A reofer même j'ai recours !
Que Ueizébulh me vienne en aide!
Cédez!., ou tremblez pour vos jours !
{Avec supplication ) Pour vous-mùme, je vous supplie Craignez son pouvoir infernal !
Pour vous soustraire à ma furie, Livrez-moi ce secret fatal!
LA PRINCESSE, à part, avec terreur.
A l'horreur,;^ l'elfroi, je cède...
Seule., en ces lieux... et sans secours, Qui pourrait me venir en aide?
.\ quel moyen avoir recours?
[Haut, et se retournant vers Roskjtc.] Insensé ! quelle fréiièsio T'entraîne à ce destin fatal?
LA DAME DE PIQUE
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iM'i'ii/^f [fe 1116
C0SST4NT1K. El maintenant capt.f dans ce triste séjour. — Acte 2, scène i".
Reviens à toi, je l'en supplie! Abjure uti di'lire infernal!
(.1 l/i fin de cet ensemble, Zizianow parait à l'une des fenêtres ogives du pilier qui est au milieu du théâtre. Il aperçoit la princesse et Roskaw, avance la lèle et écoute.)
LA PRINCESSE, avBC émotiou.
Tu le veuxl., ce secrot qu'ici... tu me demandes.-.
ROSKAW, vivement.
Vous en convenez donc, existe !..
LA PRINCESSE
Oui! mais je crois Qu'il doit peu te servir !
ROSKAW.
Je connais nos légendes !
En sa vie, on ne peut s'en servir qu'une fois! Je la choisirai bonne, alors, et peu m'im[iorte...
LA PRINCESSE, montrant la bague qu'elle a au doigt. Et quant a cet anneau. • l'imprudent qui le porte, Songes-y bien, est maudit!
ROSKAW.
Peu m'importe!
LA PRINCESSE, regardant toujours du côté adroite.
Ecoute donc!
{Roskaw s'approche d'elle, Zizianou- avance la tète et redouble d'attention ) Celui qui porte ce luhis Est sûr, en retournant son chaton in.ij:iiêli(iue. De gagner, s'il choisit les cartes que je dis : Le trois, le dix et la dame de pique!
ROSKAW, répétant.
Le trois, le dix et la dame de pique! Je ne l'oublîrai pas!
{À la princesse.)
Par ces trois cartes-là , trois fois, quelle que soit la sommo, on gagnera !
LA PRINCI-SSE.
Oui !
ROSKAW.
Bien! le trois!
ZIZIANOW, caché, à part , répétant.
Le trois!
ROSK.\w, de même, répétant.
Le dix !
iiziANOW, de marne.
Le dh !
ROSKAW.
Et la dame de pique !
LA'.NY — [xyti
rie ^ m^ 9,
LA DAME DE PIQUE
(Se retournant vers la princesse.) Et l'anneiiu ma ntinant ?
LA PRiNCKssK^ timnt une bague de son doigt. Le voilà!
ROSKAW, avec transport, le prenant.
Lu voila
ENSEMBLE