SCENE IV
KLAREMBERG, ZIZIANOW, LISANKA.
ZIZIANOW, entrant avec Elarcniberg. Quel est donc cet homme iiui vient de s'enfuira ma vue!
LISANKA. Mon fiancé, Monseigneur.. , un pauvre garçon...
KLAREMBERG. Celui que nous avons vu dernièrement dans les mines de Polowsk...
ZIZIANOW. Oui... oui... je me rappelle maintenant... un gaillard qui fera bien de ne jamais rentrer en Russie, où il est destiné a périr sous le knout...
LISANKA, viceinerit. Pourquoi?
ZIZIANOW. Pour avoir laissé échapper de son cachot Constantin Nélidoff...
KLAREMBERG. A cc complc . je suis cucore plus coupable que lui... moi principale cause de l'évasion.
ZIZIANOW. Vous n'en étiez que le complice, et puis vous n'êtes pas né Moscovite... tandis que la princesse Polowska, chef et autour du complot...
KLAREMBERG. Vous a ^oué... il faut en convenir, avec une grâce parfaite !
ZIZIANOW. C'est vrai!., mais je prendrai ma revanche...
KLAREMBERG. Si VOUS pOUVCZ !
ZIZIANOW. C'est déjà fait!
KLAREMBERG. "V'OUS VOUS Vautez?
ZIZIANOW. Iqnorez-Yous donc que la princesse est en ce moment en complète disgr.îce... et lorsiiue nous l'avons rencontrée dans son château de Pulosvsk, elle se dirigeait vers la frontière pour échapper au courroux de l'empereur qui lui en veut murteilement. Elle est possédée, à ce qu'il parait, de la manie de l'évasion...
KLAREMBERG. Manie (le rendre service... manie comme une autre... plus raie, voila la seule différence. Et quel prisonnier, quel malheureuxa-t-clle lait encoreéchappei?
ZIZIANOW. Ah! vous ne saviez pas!.. La princesse avait une cousine, une amie d'enfanc, la petite comtesse Dolgorouki.que notre auguste empereur trouvait charmante... il lui faisait cet honneur; et U!i jour, qu'il avait hasardé, a ce qu'il paraît, une déclaratiuu par trop... moscovite, la petite comtesse avait eu l'inconvenance d'y répondre par un soufflet sur la juue impériale... crime de lèse-majesté, qui la conduisait en Siijerie, pour le moins, sans l'audace de la princesse Polowska.
LISANKA. Ma marraÎDe.
ZIZIANOW. Qui a fait évader sa jeune cous. ne aux yeux de tous!
KLAREMBERG. Comment?
ZIZIANOW. C'est ce qu'on ignore!.. Mais c'est contre elle maintenant que l'empereur est furieux!
KLAREMBERG. Jo le cro.s, et c'cst pour laisser à l'orage le temps de se dissiper que la princesse \oyage a l'étranger, et va arriver ce matin a Caiisbad ! {A Lisanka.) N'est-ce pas ?
LISANKA. Oui , Monsieur.
ZIZIANOW, souriant. Vous croyez?
KLAREMBERG. Jc l'attends!
LISANKA. Nous l'altenduiis !
ROSKAW, (jui est e)itré pendant ces derniers mots, dit à detni-voix à Lisanka. Le pavillon est prêt. [Lisanka fait un pas pour sortir )
ZIZIANOW, à Kiareniberg. Vous pourriez l'attendre longlemiis.
KLAKEMBERG. PoUrqUOi ?
ZIZIANOW, de vtèntc. A cause des obstacles qu'elle pourra rencontrer sur sa route...
LISANKA, rei-ena/if.Des obsiacles, elle n'en connaît pas!
KLAREMBERG Lap-tilea raison!., car, entre nous, je soupçonne lapriucesse...d'èlre tant soit peu magicienne...
ROSKAW, à part. C'est vrai !
ZIZIANOW. Soit! Mais, toute sorcière qu'elle est, elle n'a pas prévu que le czarmon m;iîlreet l'empereur d'Autriche s'étaient engagés par un traité secret, à l'extradition mutuelle des coujiables, pour crime d'État ..
LISANKA, KLARfMBEBG. 0 Cicl !
ZIZIANOW. Arrivé hier matin aux eaux de Carlsbad, où je savais trouver l'archiduc vice-roi, j'ai réclamé de lui , au nom du czar, l'exécution du traité. Il a immédiatement donné des ordres, et il vient de m'ayiprendre à l'instant même... (.4 Klaremberg.) d'abord , qu'il vous attendait dans son cabinet.
KLAREMBERG. Je m'y rends!
ZIZIANOW. Et puis , que la jirincesse Polowska, arrêtée hier soir, avec tous les égard'? possibles , est , à l'heure qu'il est, renfermée à Pilsen , pour être reconduite en Russie à ma piemii re demande.
Lis.ANKA. .Ml! ma pauvre marraine !
ROSKAW, ri part. Une si brave femme , après tout'
KLAREMBERG, ù Zizianow. Vous en êtus sûr?
ZIZIANOW. Je viens de lire, de mis yeux, le rapport du commandant de Pilsen !