KLAREMBERG, LA PRINCESSE, CONSTANTIN
KLAREMBERG. Ah! prlnccssc, partez, partez vilel
LA PRINCESSE. Qucl air effrayé!
KLAREMBERG. Ce u'est pas sans raison... J'étais chez l'archiduc vice-roi lorsque su porte, qu'il avait fait défendre, s'ouvre tout à coup, et entre un courrier russe, tout habillé de noir.
LA PRINCESSE. Qu'est-CB Quc ccla veut dire?
KLAREMBERG. 11 arrivait de Saint-Pétersbourg, porteur de dépêches pour le vice-roi de Bohème, dépèches terribles, si j'en crois l'effet (pi'elles ont produit sur l'archiduc, que j'ai vu soudain pâlir et essuyer plusieurs fois la sueur qui coulait do son front. Il est reste un instant, la tète cachi-e dans ses mains, oubliant que j'étais là, puis il a écrit un mot qu'il a donné au courrier, en lui disant : Courez à Pilsen, voici l'ordre de remettre en vos mains la princesse Polowska !
CONSTANTIN, étonué. Comment, la princesse qui est ici?
KLABEMBERG. Silouce ! . . (Ci)/Wi>i«anf à voix basse.) J'ai bien vu par là... {S'adressant à la princesse.) qu'il ignorait encore votre évasion de Pilscu et votre arrivée «à Carlsbad... Mais il ne peut tardera l'apprendre, ne fût-ce que par le prince Zizianow, qui entrad diiis son cabinet au moment où j'en sortais. Ainsi vous n'avez pas une minute à perdre... partez, partez à l'instant même!
CONSTANTIN. Qu'esl-re que cela signifie?...
KLAREMBERG. Qu'elle est comme vous proscrite, poursuivie par le courroux de l'empereur, qui, non content île confisquer ses biens, veut la faire arrêter ici même , en Allemagne, pour l'envoyer en Sibérie!
CONSTANTIN, tombant aux pieds de la priticesse. .Ah! j'accepte maintenant votre main!
KLAREMBERG, étonné. Quc dit-il?
LA PRINCESSE, à Constantin. Bien! bien! mais à mon tour, à présent, à avoir des caprices., et tant que je ne vous aurai pas fait rendre votre fortune et l'honneur de votre père...
KLAREMBERG. On vient... partez!.. {Voyant entrer Zizianow.) Non!., il n'est plus temps!