‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 665 sur 783 · ANTONIA, ALBERT, .MAXENCE · texte numérisé non relu

ANTONIA, ALBERT, .MAXENCE

MAXENCE, courant vivement à Albert. Ali rà ! niaiiifenant (lu'il n'est plus là, expliquons-nous? Ce que tu viens de faiiv et de (hre a-t-il le sens eouunnn?

ANTONL\. Qu'est-ce donc?

MAXENCE. Je m'en rapporte à ma sœur elle-même! qui est de bon conseil. Ce vieil avare... ce grippe-sous

njillionnaire, Ilo.s.gavidet»;, en un mol, daris un moment non lucide, dans un accès de ficvr-.' an cerveau, iui propose à lui, ufficii-r sans fortune, sa fille m mariage !

ANTONLV. Est-il possible!

MAXENCE. Tu es couimc moi, tu n'iii peux revenir! le fait te sembltj fabuleux, it voilà qui Test plus encore... -Vlbert icfu-e...

ANTONIA. Vous, .Monsieur!

ALBERT, avec trouble. Oui, Mad<'moisellc. . chacun a ses idées... je ne tiens pas aux riclies.ses... qu'en aul'ais-ji; fait?

MAXENCE. 11 fallait toujours accepter... sinon pour toi... dn moins pour tes amis... en revanche, hmih t'aurions guéri de ta passion !..

ANTONIA, avec curiosité. Une passion...

MAXENCE. .\utre absurdité! à laquelle il sacrifie un avenir superbe !

ANTONIA. Et sans doute... monsieur Albert est payé de retour?

ALBERT, vivement. Non, Miulemoiselie... et je n'ai jamais pen~é que ce fût jt.jssible.

MAXENCE. Quelque bégueule!., quelque prude... quelque dévote...

ANTONIA. Vous la coniiaissez donc. .. mou frère?

MAXENCE. Pas du tout... il n'a jamai> voulu mc la nmniner. .. ce qui est déjà mauvais signe. Lorsque j'aimais qiichin'uiKini en valait la peine... tout le monde le savait... dans ces cas-là... il fait de la franchis^'... J'assaid à la table à tjanche n prendre ses pipiers et son portefeuille.) et il en aura peut-être plus avec toi.

ANTONIA, s'approcliant d'AVjert qui vient de S" jeter dans un fauteud, à droite. Si ma bonne vieille tante était là... vous lui diriez tout, j'en suis sûre!

ALBERT. Peul-etre !

ANTONIA, s'asseyant près de lui. Eh bien, .Monsieur. ne puis-je la remplacer?., et si mes conseils... si mon amitié... déjà ancienne... a sur vous encore quelque pouvoir...

M.AXENCE, d'un ton brusque. Eh oui!., di'^ à ma sœur... cequien est... elle ne tctrahirapas... iiomni lui la personne pour qui tu te meurs d'amour''

ANToNiA. Oui, Monsieur, parlez... Quelle est-elle?

ALBERT, après un instant d'hésitation, et à vokr basse. Vous!

ANTONiA, S' levant vivement. 0 ciel!

M vxENCE, *(' retournant de la table à droite. Eh bien ! la connais-tu?

ANTONIA, vivemi'nt. Non!., il rebise, il n'a voulu rien dire!

MAXENCE. Tant pis pour lui !

ANTONIA, avec émotion. .Mais nous retenons ici nviusieur .Mbert .. qui est attendu chez un chef de bureau... il y va de ses intérêts.

ALBERT, vivement. \h\ (|u'imporle?

ANTONIA. Non vraiment!., il ne faut pas les négliger...

MAXENCE. Certainemenl.

AMONiA, timidement. Demain, monsieur .Vlberl... et si mon frère le permet...

MAXENCE. punmenl donc?

ANTOMA. J'aurai à vous parler.

WMVMT, avec émotion. Est-il p.issiblo!

maxen<;e. riant. Pour lui dire c ([ne tu pensas do .s» coiiiluile.

ANTOMA, arcG" 6on/<'. Oui. mon frère... [.{Albert. qu'elle reoarde avec tendnsse.) .\dieu, monsieur Albert... (Lu! tendant de loin la main.) \ demain !

LE PUFF

Ai.crnT, la ngardant avec cxprc^s'on et espo:r. A demain!.. (// sort i-n faisant un ej-^sto de bonhenr.)

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