ANTONIA, ALBERT, .MAXENCE
MAXENCE, courant vivement à Albert. Ali rà ! niaiiifenant (lu'il n'est plus là, expliquons-nous? Ce que tu viens de faiiv et de (hre a-t-il le sens eouunnn?
ANTONL\. Qu'est-ce donc?
MAXENCE. Je m'en rapporte à ma sœur elle-même! qui est de bon conseil. Ce vieil avare... ce grippe-sous
njillionnaire, Ilo.s.gavidet»;, en un mol, daris un moment non lucide, dans un accès de ficvr-.' an cerveau, iui propose à lui, ufficii-r sans fortune, sa fille m mariage !
ANTONLV. Est-il possible!
MAXENCE. Tu es couimc moi, tu n'iii peux revenir! le fait te sembltj fabuleux, it voilà qui Test plus encore... -Vlbert icfu-e...
ANTONIA. Vous, .Monsieur!
ALBERT, avec trouble. Oui, Mad<'moisellc. . chacun a ses idées... je ne tiens pas aux riclies.ses... qu'en aul'ais-ji; fait?
MAXENCE. 11 fallait toujours accepter... sinon pour toi... dn moins pour tes amis... en revanche, hmih t'aurions guéri de ta passion !..
ANTONIA, avec curiosité. Une passion...
MAXENCE. .\utre absurdité! à laquelle il sacrifie un avenir superbe !
ANTONIA. Et sans doute... monsieur Albert est payé de retour?
ALBERT, vivement. Non, Miulemoiselie... et je n'ai jamais pen~é que ce fût jt.jssible.
MAXENCE. Quelque bégueule!., quelque prude... quelque dévote...
ANTONIA. Vous la coniiaissez donc. .. mou frère?
MAXENCE. Pas du tout... il n'a jamai> voulu mc la nmniner. .. ce qui est déjà mauvais signe. Lorsque j'aimais qiichin'uiKini en valait la peine... tout le monde le savait... dans ces cas-là... il fait de la franchis^'... J'assaid à la table à tjanche n prendre ses pipiers et son portefeuille.) et il en aura peut-être plus avec toi.
ANTONIA, s'approcliant d'AVjert qui vient de S" jeter dans un fauteud, à droite. Si ma bonne vieille tante était là... vous lui diriez tout, j'en suis sûre!
ALBERT. Peul-etre !
ANTONIA, s'asseyant près de lui. Eh bien, .Monsieur. ne puis-je la remplacer?., et si mes conseils... si mon amitié... déjà ancienne... a sur vous encore quelque pouvoir...
M.AXENCE, d'un ton brusque. Eh oui!., di'^ à ma sœur... cequien est... elle ne tctrahirapas... iiomni lui la personne pour qui tu te meurs d'amour''
ANToNiA. Oui, Monsieur, parlez... Quelle est-elle?
ALBERT, après un instant d'hésitation, et à vokr basse. Vous!
ANTONiA, S' levant vivement. 0 ciel!
M vxENCE, *(' retournant de la table à droite. Eh bien ! la connais-tu?
ANTONIA, vivemi'nt. Non!., il rebise, il n'a voulu rien dire!
MAXENCE. Tant pis pour lui !
ANTONIA, avec émotion. .Mais nous retenons ici nviusieur .Mbert .. qui est attendu chez un chef de bureau... il y va de ses intérêts.
ALBERT, vivement. \h\ (|u'imporle?
ANTONIA. Non vraiment!., il ne faut pas les négliger...
MAXENCE. Certainemenl.
AMONiA, timidement. Demain, monsieur .Vlberl... et si mon frère le permet...
MAXENCE. punmenl donc?
ANTOMA. J'aurai à vous parler.
WMVMT, avec émotion. Est-il p.issiblo!
maxen<;e. riant. Pour lui dire c ([ne tu pensas do .s» coiiiluile.
ANTOMA, arcG" 6on/<'. Oui. mon frère... [.{Albert. qu'elle reoarde avec tendnsse.) .\dieu, monsieur Albert... (Lu! tendant de loin la main.) \ demain !
LE PUFF
Ai.crnT, la ngardant avec cxprc^s'on et espo:r. A demain!.. (// sort i-n faisant un ej-^sto de bonhenr.)