‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 669 sur 783 · SCÈNE PREMIÈKE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈKE

DESCAUnKTS. sortant J- la porte à gauche: .VI.RERT, entrant par le fond.

nES(.Ai,DETs. Vous, mon jeune ami... chez moi... et de si bon matin !

LE PUFF

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«l.ti:RT. « VniK ' i> Kc\r i. frt'-rf 1.

Ai.BF.KT, regardant autour rh lui. le ii"ai |i;i>|Hi dnrmir de !a nui*.

DESGAVDETS. Et poiir(|uoi doiic. s'il vous plail ".'

ALBERT. Un espoir... un rêve... auquel je ne peux croire; et dont je n'oserais parler à personne au monde... et puis... une chose qui vous contrariera sans doute, etqueje me hàle de vous apprendre, pour que vous ne mVn vouliez pas. Depuis hier, je rencontre une ftnile de gens qui me tendent la main et m'accablent de prévenances : « J'espère que 1 1 for- « lune ne vous fera pas oublier vos amis, me diseut- « ils... » et ils me cumplimentent, en nie saluant du nom de votre gendre 1 J'ai beau répondr(! que Ton me flatte d'un honneur qui n'est pas, ds prennent ma franchise pour de la discrétion, et seniitlent refuser de me croire !

DESGAiDETS. Le pcu de mots que j'ai dits hier à mon ami le chef de bureau, aura sans doute' causé cette erreur, qui vous prouvera l'excelleuce de mon sysième... à savoir: que ti;l petit mensonge inuMcenl aura souvent rapporté beaucoup plus (|u'ui e groise vérité...

Et si vous . n doutez encire, je vous avouerai que l'on m'a prévenu ce matin, et en confidence, que mim gendre le capitaine allait être nommé chef d'escadron 1

Ai-BFRT. Moi !

i>ESGALDETS. Avancement mérité !

Ai.i!EKi. Qui cependant n'est accordé qu'à votre gendre, quand depuis longtemps il aurait dû l'être, à moi, à ma conduite, à mes blessures!.. Et une telle injustice...

DESGAinF.TS. N'allez-vous pas vous en fâcher, et réclamer?

ALUERT. Oui, sans doute !

DESGAi HETs. Eh! acceptc/. toujours!., n'importe à quel litre !

ALBERT. El si l'on m'accuse un jour de n'avoir obtenu ce grade que par l'intrigue et la laveur.

DESGAiiiETS, houssaut Ics ('paulcs. fne pareille caionmie!..

ALBERT. Eh! mon Dieu... il s'en l'épaml souvent de si absurdes... Votre ami le chef de bureau, que j'ai rencordré et (jui est discret, car il ne m'a pas parlé-

l.AGNY — hi.|r,l>nrrlo rti- Vui.AT ( l Cic. — X'' â —

LE PI FF

de moi, m'a anpris que la fomiiie de luun pauvre ^viiér-il, madame de Saint-Avold, allait voir si peiisinii augmentée, à h so'.lieitation d'un grand seigneur; et, en effet, vous m'aviez promis hier, de faire recommander p;ir M. de Marignin, une pétition...

or:sGALDETS. Qu'il a aiiostillée do s.i main, et que j'ai portée moi-même à s m ami, le secret lirc général.

Ai.DKiiT. Eli bien ! Monsieur, on a ajouté, avec iiii sourire malin : « Il parait (pie ce gran I seigneur |irotége mad;une de Saint-Avulfl d'une uîanièi'e tnute itai'ticulièr^', et ipi'il lui porto mémo, en secret, rjnlérèt le plus vif... — Ce n'est pas! mo suis je éerié . (pii a pu vous dire une pareille iuiposlure? — Le premier commis,f[ui l; tenait du secrétaire général lui-même ! » Vous comprenez qu'à l'instant j'ai couru dans l-s Inircaux...

DESGACOF.TS, clfrayé. -Ml ! nion Dieu !

ALBERT. Chez le premierconimis... chez le rocrétaire géiîéral. rétablissant les faits et l<i vérité .. leur disant qnemadamedeSaint-Avdldavaitciiuiuuite-einqiius,., leur prouvant que M, de Marignan ne la connaiss;»it même pas et ne l'avait jamais vue ..

DKSGALDETs. Vous avcz fait oe coup-là?

ALBERT. Oui, Monsieur j'ai justifié cette pauvre

femme!

DE-GAVDETS. Et VOUS Uu avcz ôté SA pcnsioii :

ALBEiiT. Moi !.. comment cela?

DEsoAUDETS. M, do Marigiiau, qui tient à so faire dos amis, apostille toutes les pétitions qu'on lui présente, sans les lire, c'est connu au ministère, et pour donner à celle-là nn cuMclèn; distinetif, un cachet partieuliei' qui attirât sur ellt; l'attention et rVitérèt... j'avais glissé à roreiUe du secrétaire général qnekjues mots.., accompigncs d'un sourire, de ces mots qu'on peut interpréter et amplifier... à volonté!

ALBERT, avec colerc. Mais vous avez donc la manie... la rage des... amplifications?

DESGAVDETS. fioidement. C'est mon système! le seul pour arriver. Aussi, vous le voyez... j'avais réussi... tandis que vous! Je re m'étonne plus maintenant de cette lettre à laquelle je ne comprenais rien... (Lui donnant, une lettre.) Vous pouvez l'explirjuer!

ALBERT, la regardant d'un air troublé. C'est de madame de Saint-AvolJ... et elle vous est adressée!.. {Ui^ant.) « Monsieur, j'apprends par un employé du « ministère, et je ne sais comment vous en remercier, « que vous aviez, sans me connailre, parlé en ma face veur. On allait m'accoider le supplément de pension ' (( (pie vous aviez demandé pour moi, lor.sque quel- ' « qu'un... (jinopuis(Micore le croiiv) .M. Albert d'Ait- « Liremont, que mon mari a comlili' de bonté's, est « venu détruire reflet de vos soins. Je ne saisceipi'il (( a pu dire contre nous, dans les bureaux, mais toute « la bonne volonté qu'on nous témuignait s'est éva- (( nouie, et devant un procédé aussi indigne... devant « une ingratitude pareille... » (y-icheiant pas la lettre.) Ah! c'est à confondre!., c'est moi <|irnn accuse... et c'est vous qu'on remercie...

DESGAVDETS. VoUS lo VdVCz!

ALUKivr. Moi i|ui cliéiis la ni('mnir(> du géiiér.d... .Moi (pii défendais riioi,n iiide si vnive... courons du nioiiis la (létrouiper !

DESCAiDETS, le retenant. Attendez donc! j'ai une inviiatioii ,1 vous transmettre de la part de .M. de Marigniii rt de la micmi!'.

Al.liEUT. .\ moi!..

Di.SGALDETs. CouiiiK^ ami de Maxeuce et de sa famille, vous êtes prit- d'as.-.ibter au contrat qui st; signe

aiijonr rimi chez moi... ainsi qu'au diner et à la soirée que nous donne chez lui M. de Mirignan.

ALBERT. Un contrat ce matin... un dîner ce soir... et pourquoi donc ?

PESGAL'DETS. Pour le mariage d'Antonia, nn pupille' '■

ALBERT. 0 ciel ! et avec qui?

[lEscAiDETS. .\vec M. de Marignan... c'est décidé depuis hier soir... et je suis encore à me demaidr comment elle y a consenti!.. [Keffardant Albert q^si chancelle et s'appuie mr un fauteuil.) Eh bien ! qu'avez-voiis donc?

ALBERT. Rien, Monsieur... je vous jure.

DEscAi i>ETs, Viais si, vraiment!

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