SCÈNE II
•:s pBÉcÉDÇNrs, CORINNE, sortant de Vapparlemantà droite, tenant à la tnain le cahier de ses Mémoires qu'elle lit.
tiEsiAUDETS, l'apercevant et courant à elt^. Notre jeune oflicirr qui se trouve mal.. [Corinne jette son cahin surle (fui'ridox à droite.) peu 'a it que nous causions tran juilhmi'Ut du mariage d'Anto.iia.
CORINNE, regardant .Ubert qui vient de se jeter dans un fauleu l à gauche près de la tabl$, appuyant sa tête dans .ses mains, io crois bien!., il l'aime... il l'adoro...
DESQAUDETS. C'était là sa passion... pauvre jeune homme !
CORINNE, qui s'est approchée d'Albert. Monsieur, M .nsieur, qu'avez-vous?
ALBERT, se retoumant vers elle. Merci! merci! ce n'est rien!..
(;o»i.v>E, vicemttnt. Non, cela ne se passera pas ainsi... car on vous aime, j'en suis sûre!
ALBERT, se levant vivement. Que dites-vous?
DES(,AiDEis, à part. Le voilà revenu!
CORINNE. Ede mo l'avait avoué... à moi-même! et bien plus, ce comte de Marignan qu'elle épouse... elle ne peut le souffrir!
ALBERT, avec joie. Est-il possible!
DESCAiPETS. Et pourquoi alors?..
coai!SNE, avec chaleur. C'est un mystère inexplicable... que j'expliquerai. Une péripétie, un roman, une intrigue!.. Je suis chez moi, diiis mon cjnli*e... et dus.sé-je me compromettre...
«EsiiAi.DETs, cherchant à la modérer. Ma fille!..
CORINNE. Voilà comme je sui-:.
ALBERT, rt Corinne. 0 cœur trop généreux !.. loin de m'en vouloir du bonheur que j'ai refusé et mi- cminiissant à peine, vous ufulfrez l'amiiié d'une sœur!.. Ah! ipioi qu'eu dise monsieur votre père, il \ a encoiv des âmes nobles et désmléres>ées!
CORINNE, avec exaltation. Oui! parmi nous seulement! dans les arts et dans la poésie!.. 0 . mainte amilie! inspire-moi! donne-moi les movins de punir co Ir.iitre... ce .Marignan... que je déteste autant i|iie j'^ l'aimais '
nhSGAi niTs, c/o»H('. Toi! [AiMrt.) 0 sainte amitié... je te couipreiid> maintenant!
CORINNE, de nicme. Oui, mon père, oui ! je me croyais tellement sûre d'être conite>se! depuis six mois il m'accablait de déclarations i n vers que j-'ai reçues. . tpie j'ai lues !
oicsGAiDETS. Que lu as lucs ?
CORINNE. Toutes!
nESGAi;DETS,«iTC co»i/)rtSs/oH. Ma pauvre ïille! corn-
LE PUFF
inenl au-siv.is-tu croire à d's vers?.. Toi qui en fais!., ne s:iis-tii \\a> que la divine puésie esi renueniie née de la vérité... c'est le pufT... de.sceiidu de rOlyuipe !
eoRi.NNK. Pourquoi aliirs me tromper? pourquid me faire la cour?
DESGAiDETs. (Ai ifcst pas il tui qu'il l\ faisait 1 mais à tes articles dmit il a peuri aux immortels, tes amis, dont il a besoin et qu'il trouve réunis dans ton salon !
CORINNE. S'il en est ainsi, ma vengeance ne se fera pas attendre, et déjà, dans la revue ([ui parait ce mutin, j'ai déchiré avec délices et impartialité cette réputation qu'il nous doit! Mais ce n'est licn encore, j'empêcherai son mariage.
DESGAUDETS, secouant la tète. Prends garde... prends garde!.. Il est bien haut placé.
CORIN.NE. Ce sont ceux-là qui ont le plui peur... de tomber! que je sache seulement par quelle ruse il a fasciné et séduit Antonia. .
DESGAUDETS. Ld voici!.. Cela me regarde !