‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 702 sur 783 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JENNY, seule. Certainement il y a quelque chose d'extraordinaire... ma sœur qui est ti'isle et chagrine.. . et quand je songe aux six mois qu'clli; a passés à Paris, chez ma tante, et puis comme papa Ta fait revenir et vite, et vite, parce qu'on disait qu'elle avait un amoureuxj ça doit être gentil, un amijureux; oh! j'en aurai un, moi ! il faudra bien que ça finisse par là.

Air du rondeau A'' Adolphe et Clara.

Jeunes filles qu'on marie ; Que n'ai-je, hélas! vos quinze ans!

.\h ! cet âge que j'envie Se fait attendre longtemps.

A quinze ans les demoiselles Ont des bijoux, des dentelles!

On leur piésente un époux Qui toujours auprès de vous Soupire et fait les yeux doux...

Car voilà comme ils font tous!

Toujours des robes nouvelles Et des bijoux... c'est charmant.

Et je dis en y pensant :

Jeunes filles qu'on marie, etc.

Moi je veux, je le répète.

Avoir un mari charmant.

Vif, aimable, bien galant ;

Et qu'il ait une épaulette !

Ah! si j'avais quatorze ans,

On m'offrirait son bonimage.

Mais dix ansl ah! quel dommage!

Oui, je dois, je le sens.

Dire encore longtemps :

Jeunes filles qu'on marie, etc.

Oui, oui, c'est décidé; je veux mon mari cnmrae ce beau monsieur que j'ai vu hier au bal champêtre de la forêt; au moins, il s'est occupé de moi, celui-là... ce n'est pas comme les autres (jui ont toujours l'air de dire : c'est une petite fille; desortc qu'il n'y a que les petits garçons qui vous font danser ; et moi je ne peux pas les souiïrir.

i.ÉoN, en dehors. Ma cousine, ma cousine...

.iKîSNv. En voilà encore un petit garçun et de plus un amoureux; mais il est trop jeune, et puis c'est mon cousin, ça n'est plus la même chose.

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