‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 703 sur 783 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

JENNY, LÉON, en uniforme de lycée.

LÉON, accourant.

Air d'une sauteuse.

Me voilà, quel plaisir De jouer, de courir,

Adieu thèmes

Kt tlirorèmes, Laisser là Cicçron,

C'est si bon.

Que n'a-t-on Des vacances deux fois

Par mois !

Nous irons à cheval Et puis comme amiral, Je veux sur le canal Faire un combat naval.

Me voilà, etc.

JENNY. Oui, vous venez pour la noce! c'est cela qui vous a séduit! je crois bien, à votre âge, à quatorze ans, un bal, des gâteaux, cela suffit pour faire tourner la tète.

LÉON. Oh! ce n'est pas cela; mais le plaisir de danser en.semble. Vous ne savez pas, depuis les vacances de l'année dernière, je n'ai fait que songer à vous, que parler de vous.

JENNY. Parler de moi! comment, Monsieur, vous avez été assez léger...

LÉON. Seulement à quelques camarades, ceux de ma classe; mais ils m'ont bien promis d'être discrets; et puis au collège nous en avions tous.

jiiNNY. Connnent, vous en aviez?

i.ÉoN. Oui, nous avions tous des passions.

Air : On dit que je suis sans malice.

Parfois on en négligeait môme.

Sa version ou bien son thème.

JEKNY.

On vous envoyait aux arrêts.

LÉON

Eh bien ! gaîment je m'y rendais

A la salle de discipline,

Je m'occupais de ma cousine.

Et je n'ai pas été, je croi,

Un seul jour sans penser à toi.

.jENNv. Ce qui prouve que cette année vous avez fait de jolies éludes.

LÉON. Tiens, est-ce que cela empêche? Et la preuve, c'est que j'ai là des vers latins que je t'ai faits.

jENNv. Qu'est-ce que c'est? je t'ai fait : je n'aime pas qu'on me tutoie. Monsieur, c'était bon quand j'étais petite; mais il me semble que maintenant...

LÉON. Eh bien ! i|ue je vous ai faits! parce que quand on est au in(mient d'entrer en seconde, et qu'on aime quelqu'un'.. Il faut (]ue je vous les montre; ils ont fait l'admiration de tout le lycée.

jKNNY. Voyons donc. Monsieur, comment on fait des vers au collège ?

i.KO's, cherchant dans sa poche, .\ttendez; ce n'est pas cela, c'est une épigranune contre notre professeur de grec; je les aurai mis de ce côté. [H fouille dans l'autre poche et tire une balle.)

JENNY. Une balle! ah çà! vous serez donc toujours un enfant?

LÉiiN. Dame! au collège, il faut bien s'occuper. [Montrant une poupée dans un coin du salon.) Vous avez bien une poupée.

JENNY, vicement. Du tout. Monsieur; c'est à la petite du jardinier.

LÉON. Ah! Mam' selle; l'année dernière encore, vous vouliez me faire jouer avec vous, et même...

.UNNY. Voyons vos vers, Monsieur.

m;on. /"/(j/i/x/fi/ du pied.Li\\ je les aurai laissés dans mon pupitre.

JK.NNY. Vous avez une si bonne tète.

LEON. Aussi, ma cousine, c'est votre faute, vous m'intimidez.

LA PETITE SOEUR

JEN>Y. Rejiondez-moi, comme disait ce ii'aliii ma iitur \ i,o beau JL'unc liomme. Sciiio l'3.

Air : Ainsi jadis un grand prophète.

Faut-il qu'un enfant me déconcerte, Et me fasse ainsi perdre l'espiit !

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