‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 762 sur 783 · SCÈNE in · texte numérisé non relu

SCÈNE in

Les l'RÉcÉDENTs; VALENTINE, entrant.

VALEMrNE.

(Ju courez -\ (JUS?

RAOUL

A 11 gloire!

MARCEL

Au martyre!

\ALENT1NE.

Non, lu ne mourras point!., et le ciel qui m'inspire. Conduit nies pas!.. Je viens te sauver.

RAOUL

Se peut-il?

VALENTINE

Cette écliai'|ie à ton bras... nous pouvons sans péril Parvenir jus(nrau Louvre, et là, dans sa clémence, La reine épargnera tes jours, si tu veux, toi.

RAOUL

Et que m'ordiinne-t-on?

valentine'.

D'embrasser ma croyance.

RAOUL

Quand je serais tletr'i seriez-vons plus ;l nmi '? Tout nous sépare.

VALENTINE

Oli non ! je puis aimer' sans crime A présent!

MARCEL

Oui, iNeveis, ennemi g/'ru'r'eux.

M'arracliant aux bourreaux dont j'étais la \ictirne. A sncrnndte liri-iuèine, assassiné par eux!

RAOUL

Eh tpioi ! Nevcrs n'est plus!

VALEMr.NE.

Que Sun c(cui"> nie panlniine De suivre en te sauvant l'exemple ipi'il me donne.

Quoi! Nevers... mort! Devoir, amour-, snppliceallr-(Hi\! Mar'cel! ne vois-tu pas que mon bonheur s'apprvte ?

M A ne Kl..

Ne vois-tu pas la main du Seigneur' tpri l'arTèle?

VALENTrNE.

Viens, viens!

uAoi L, montrant Marcel.

Non, près (le lui je reste pour mourir!

MARCEL

Mon tils! mon (ils!

VALE.NTINE.

Ainsi je te verrai périr!

Ainsi pour toi la honte est d'accepter la vie Que m'accoi'dait la l'eine et que je viens t'ollrir! Et fpiand nra destinée à la tienne est unie. Quand poin- toi je vivais... sans moi tu veux mourir! Eh bien! tu coiinaiti'as tout l'amour d'une femme ! Ingr-at!.. lu viiiven vain que nos nœudssoient rompus! A toi seul di'soi'iiiiis et ma vie et mon àrae ! Enfer ou Paradis, je ne te quitte plus; Juge à pré.seiit, Kaoul, et t')n cœur et le mien: Tu maudissais mon culte, et j'adopte le tien !

Dii'ii niiinlenaiit peut faire

S. 'Ion sa volonté:

Ensemble sur la terre

Et dans l'éternité !

MARCEL, ta regardant avec attendrissement. Le Seigneur de sa flamme et réchauffe et l'éclairé.

VALENTINE

Oui, c'est lui qui m'inspire en ma nouvelle foi;

Venez et vers lui g^iidez-moi.

Mon bon Marcel, mon père!

R\OUL

Nul ministre du ciel ne peut bénir ici C't hymen chaste et pur dont la mort est le gage; Par le droit des vertus it par le droit de l'âge, Jadis mon serviteur, sois mon prêtre aujourd'hui.

MARCEL

Ah 1 qu'il en soit ainsi...

[On entend dans l'intérieur du temple les femmes et les enfants qui chantent le cantique de Luther.) Mais écoutez ces anges!

Du Dieu viv:int ils chaiiterrt les louanges En attendant la mort. — Vous, dans ce triste lieu, Répondez, comme devant Dieu !

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