SCÈNE in
Les l'RÉcÉDENTs; VALENTINE, entrant.
VALEMrNE.
(Ju courez -\ (JUS?
RAOUL
A 11 gloire!
MARCEL
Au martyre!
\ALENT1NE.
Non, lu ne mourras point!., et le ciel qui m'inspire. Conduit nies pas!.. Je viens te sauver.
RAOUL
Se peut-il?
VALENTINE
Cette écliai'|ie à ton bras... nous pouvons sans péril Parvenir jus(nrau Louvre, et là, dans sa clémence, La reine épargnera tes jours, si tu veux, toi.
RAOUL
Et que m'ordiinne-t-on?
valentine'.
D'embrasser ma croyance.
RAOUL
Quand je serais tletr'i seriez-vons plus ;l nmi '? Tout nous sépare.
VALENTINE
Oli non ! je puis aimer' sans crime A présent!
MARCEL
Oui, iNeveis, ennemi g/'ru'r'eux.
M'arracliant aux bourreaux dont j'étais la \ictirne. A sncrnndte liri-iuèine, assassiné par eux!
RAOUL
Eh tpioi ! Nevcrs n'est plus!
VALEMr.NE.
Que Sun c(cui"> nie panlniine De suivre en te sauvant l'exemple ipi'il me donne.
Quoi! Nevers... mort! Devoir, amour-, snppliceallr-(Hi\! Mar'cel! ne vois-tu pas que mon bonheur s'apprvte ?
M A ne Kl..
Ne vois-tu pas la main du Seigneur' tpri l'arTèle?
VALENTrNE.
Viens, viens!
uAoi L, montrant Marcel.
Non, près (le lui je reste pour mourir!
MARCEL
Mon tils! mon (ils!
VALE.NTINE.
Ainsi je te verrai périr!
Ainsi pour toi la honte est d'accepter la vie Que m'accoi'dait la l'eine et que je viens t'ollrir! Et fpiand nra destinée à la tienne est unie. Quand poin- toi je vivais... sans moi tu veux mourir! Eh bien! tu coiinaiti'as tout l'amour d'une femme ! Ingr-at!.. lu viiiven vain que nos nœudssoient rompus! A toi seul di'soi'iiiiis et ma vie et mon àrae ! Enfer ou Paradis, je ne te quitte plus; Juge à pré.seiit, Kaoul, et t')n cœur et le mien: Tu maudissais mon culte, et j'adopte le tien !
Dii'ii niiinlenaiit peut faire
S. 'Ion sa volonté:
Ensemble sur la terre
Et dans l'éternité !
MARCEL, ta regardant avec attendrissement. Le Seigneur de sa flamme et réchauffe et l'éclairé.
VALENTINE
Oui, c'est lui qui m'inspire en ma nouvelle foi;
Venez et vers lui g^iidez-moi.
Mon bon Marcel, mon père!
R\OUL
Nul ministre du ciel ne peut bénir ici C't hymen chaste et pur dont la mort est le gage; Par le droit des vertus it par le droit de l'âge, Jadis mon serviteur, sois mon prêtre aujourd'hui.
MARCEL
Ah 1 qu'il en soit ainsi...
[On entend dans l'intérieur du temple les femmes et les enfants qui chantent le cantique de Luther.) Mais écoutez ces anges!
Du Dieu viv:int ils chaiiterrt les louanges En attendant la mort. — Vous, dans ce triste lieu, Répondez, comme devant Dieu !