RAOUL ET VALENTINE
Dieu nous donna la T'ive en nous donnant l'amour!
{Marcel les bénit. — Tout à coup on ertt^'nd dans l' intérieur du temple un grand bruit d'armes rt des cris menaçants. — .1 travers /^.v vitraux on voit briller des torches et le fer des lances. — Les meurtriers viennent de pénétrer dam le temple dont i/v ont brisé tes portes.)
CHOEUR PE CATHOLIQUES, dans l'intérieur dit temple, Abjurz, huguenots, ou mourez!
Renégats, grâce ou mort!., abjurez!
VALENTINE
Ah! les infâmes!..
Ma-ssacrer sms pitié des enfants et des feninics
Qui re(^:oivent la mort En louant le Seigneur!
[lÀoutant près du temp'.e la prière des hugw'm'ts qui continue toujours.)
Dieux!., ils chantent ciicor!
LES HUGUENOTS
( Valentine, Marcel et Raoul se jettent à genoux et prient acec ferveur. — Vn grand silence succède aux cris et au bruit des armes.)
VALENTINE, écOUtaîlt.
0 vœu\ superflus!
(Avec désespoir.)
Ils ne chantent plus!
(Marcel, qui était à genoux, se relève soudain; ses yeux se portent vers le ciel; une sainte joie brille dans tous ses traits; et à l'enthousiasme qui s'empare de lui il semble qu'tine vision céleste lui apparaisse.)
MARCEL, avec exaltation.
Voyez! le ciel s'ouvre et rayounu.
Hosauna ! le divin clairou soune.
Et la marche des anges résonne Conduisant les martyrs jusqu'à Dieu!
Ces harpes (jui; j'écoute M'indiquent la route ; J'y vole moi-même.
Délice suprême !
Noble trépas que j'aime.
Terre, terre, adieu !
RAOUL ET VALENTINE, le regardant avec admiration.
Ah ! voyez, son visage rayonne,
Son Iront d'éclairs se couronne.
Et sa voix dans l'espace résonne ; Hosanna ! c'est l'archange de Dieu !
J'admire, j'écoute.
Il montre la route.
J'y vole moi-même.
Délice suprême!
Noble trépas que j'aime.
Terre, terre, adieu!
(Quelques meurtriers qui paraissent à l'entrée du carrefour à droite, appellent leurs compagnons et brisent la grille; ils s'élancent sur le théâtre, se précipitent vers Raoul, Marcel et Valentine, qui, se tenant par la main s'avancent lentement en offrant leur poitrine aux coups des assassins. Ceux-ci étonnés reculent d'abord quelques pas, puis ils reviennent, les entourent, et leur présentent à chacun la croix de Lorraine et l'écharpe blanche )
CHŒUR
Abjurez, huguenots, ou mourez !
Renégats, grâce ou mort... abjurez !
VALENTINE, MARCEL ET RAOVL, refusant.
Non, non, je ne craius rien de vous, Dieu nous guide et marche avec nous !
(Les meurtriers furieux se jettent sur eux, lesséparent, les entraînent; ils disparaissent par le carrefour à droite, et au même moment on entend en dehors et du même côté plusieurs coups de feu.)