‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 764 sur 783 · RAOUL ET VALENTINE · texte numérisé non relu

RAOUL ET VALENTINE

Dieu nous donna la T'ive en nous donnant l'amour!

{Marcel les bénit. — Tout à coup on ertt^'nd dans l' intérieur du temple un grand bruit d'armes rt des cris menaçants. — .1 travers /^.v vitraux on voit briller des torches et le fer des lances. — Les meurtriers viennent de pénétrer dam le temple dont i/v ont brisé tes portes.)

CHOEUR PE CATHOLIQUES, dans l'intérieur dit temple, Abjurz, huguenots, ou mourez!

Renégats, grâce ou mort!., abjurez!

VALENTINE

Ah! les infâmes!..

Ma-ssacrer sms pitié des enfants et des feninics

Qui re(^:oivent la mort En louant le Seigneur!

[lÀoutant près du temp'.e la prière des hugw'm'ts qui continue toujours.)

Dieux!., ils chantent ciicor!

LES HUGUENOTS

( Valentine, Marcel et Raoul se jettent à genoux et prient acec ferveur. — Vn grand silence succède aux cris et au bruit des armes.)

VALENTINE, écOUtaîlt.

0 vœu\ superflus!

(Avec désespoir.)

Ils ne chantent plus!

(Marcel, qui était à genoux, se relève soudain; ses yeux se portent vers le ciel; une sainte joie brille dans tous ses traits; et à l'enthousiasme qui s'empare de lui il semble qu'tine vision céleste lui apparaisse.)

MARCEL, avec exaltation.

Voyez! le ciel s'ouvre et rayounu.

Hosauna ! le divin clairou soune.

Et la marche des anges résonne Conduisant les martyrs jusqu'à Dieu!

Ces harpes (jui; j'écoute M'indiquent la route ; J'y vole moi-même.

Délice suprême !

Noble trépas que j'aime.

Terre, terre, adieu !

RAOUL ET VALENTINE, le regardant avec admiration.

Ah ! voyez, son visage rayonne,

Son Iront d'éclairs se couronne.

Et sa voix dans l'espace résonne ; Hosanna ! c'est l'archange de Dieu !

J'admire, j'écoute.

Il montre la route.

J'y vole moi-même.

Délice suprême!

Noble trépas que j'aime.

Terre, terre, adieu!

(Quelques meurtriers qui paraissent à l'entrée du carrefour à droite, appellent leurs compagnons et brisent la grille; ils s'élancent sur le théâtre, se précipitent vers Raoul, Marcel et Valentine, qui, se tenant par la main s'avancent lentement en offrant leur poitrine aux coups des assassins. Ceux-ci étonnés reculent d'abord quelques pas, puis ils reviennent, les entourent, et leur présentent à chacun la croix de Lorraine et l'écharpe blanche )

CHŒUR

Abjurez, huguenots, ou mourez !

Renégats, grâce ou mort... abjurez !

VALENTINE, MARCEL ET RAOVL, refusant.

Non, non, je ne craius rien de vous, Dieu nous guide et marche avec nous !

(Les meurtriers furieux se jettent sur eux, lesséparent, les entraînent; ils disparaissent par le carrefour à droite, et au même moment on entend en dehors et du même côté plusieurs coups de feu.)

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