C0QIE.NET, MADAME DE SAVENAV, CÉCILE, RAYMOND
RAYMOND. Partir!., et pourquoi donc?..
CÉCILE. Mais tout ce qui arrive... touscos Ijruil.sefrrayants!
B.WMOND, souriant. Tout va à niurvoillo... je suis accouru avec M. de Saint-André juste au moment où le combat commençait... Impossible de faire entendre raison aux deux adversaires... et c'est en me jetant entre eux que j'ai reçu cette égratigmire, [Montrant sa main enceloppéc d'un morceau de taffetas noir.) seule goutte de sang qui ait coulé dans cette mémoralde affaire.
MADAME DE SAVENAY. Ou prétendait que M. de Saint-André était blessé...
CÉCILE. Et très-dangereusemont...
ciiQLENET. C'est Bellcau, le garçon de bains, qui m'a dit le tenir d'un témoin oculaire...
B.\YMOXD.
Et voilà justement comme on écrit l'iiistoire i
Croyez donc, après cela, aux récits des grandes batailles. .. Du re>te, après la guerre... la paix!., elle vient d'être slgi.ée... M. de Saint-André et moi avons donne à Lucien des raisons si claires, si évidentes, si positives... que celui-ci' a lendu la main à son adversaire...
coQUENET. En vérité... (// va s'asseoir près de la table à gauche, et y reste à lire les journaux jusqu'à la fin de la scène.)
Raymond, à Cécile. Maintenant .. commo je te l'avais promis... plus de soupçons... ils sont tous dissipés... Lucien va venir réclamer de toi cette main qui lui appartient... pour laquelle il a combattu... et tout à l'heure, à tible, devant no'.rc brillante société de Dieppe et de Paris,, nous annoncerons oftlciellement votre mariage...
CÉCILE, avec embarras. Non. . . non. .. Monsieur, je vous prie !
RAYMOND. Qu'est-ce à dire?
CÉCILE. .Je suis heureuse... que M. Lucien me rende justice... quelque tardive qu'elle soit... Mais celui qui a pu me soupçonner... m'accuser...
RAYMOND. Allons, allous... nous sommes tous sujets à l'erreur... et par son caractère... lui, plus qu'un autre peutêtre!.. Mais n'oublie pas que mènic te croyant coup.tbie, il l'aimait toujours, te défendait et se battait pour toi !.. moyen qui devait te compromettre plus encore, m:dsqui, enfin, est une preuve, sinon de sa raison, au moins de sa tendresse.
CÉCILE. Oui, Monsieur... mais hier encore, vous m'avez laissée libi^e de mon cboix...
RAYMOND. Hier, sans doute, sur un mot de toi, j'aurais tout rompu. Mais aujourd'liui, mon enfant, ce n'est plus possible... l'éclat de ce duel, les bruits qui l'ont précédé... ont rendu ce mariage nécessaire... indispensable... et pour toi, Cécile, pour ton honneur... je te le demande... je t'en supplie, au nom de la raison... au nom de l'amitié...
cÉcu.E, hésitant. Ah! Monsieur...
r.AYMOND. Ton père m'a remis ses droits... tu le sais... et s'il était là... il te dirait lui-mémo : « 11 le faut, ma fille, je l'exige! »
CÉCILE, à demi-voix, à niadaine de Savenay. Vous l'entendez, Madame!., vous avais-je dit la vérité?..
MADAME DE SAVENAY, à Raymond. Mais cependant. Monsieur, s'il était des obstacles...
CECILE, vivement et à voix Ijasse, à madame de Savenay. Silence... au nom du ciel!.. [Haut.) Dès que vous le voulez, Monsi 'ur... et quoi ([u'il m'en coûte... j'obéirai... je ne partirai pas. [A Coquenet.) Merci, Monsieur, de vos souis, de
Vos bdus offices... (jue je n'oublierai jamais. (.1 midame de Savenay.) Venez, ^la!lalne. [Elle sort, «oec madame de Savenay, par la uorte à droite.)