SCENE Vil
WILHEM, qui se tient à l'écart; LA PRINCESSE, en robe de bal et en grande parure ; LA COMTESSE DE DRAKENBACK, qui entre derrière la princesse.
LA PRINCESSE, à part. L'ingrat! oser me soupçonner! lorsque j'ai tout sacrifié pour lui; et le plus cruel encore, il me force, moi, à l'éloigner, a le bannir!
WILHEM, s'avançant. Je demandons bien des excuses à votre altesse si j'osons l'interrompre. Ce sont des fleurs que je venions lui offrir.
LA COMTESSE. En effet, Madame, des fleurs dans cette saison !
LA PRINCESSE. Oui, elles sont fort belles.
WILHEM. Oh! elles sont encore jilus étonnantes que vous ne le croyez.
lA PRINCESSE. Que vent-il dire avec ses sicrnes?
WILHEM. Et v'Ià un bouquet de roses dont votre altesse me dira des nouvelles.
LA PRINCESSE, apercevant la lettre qui est dans les roses. Qu'ai-je vu ? {.i part.) C'est de lui. [Froidement, et prenant le bouquet.) C'est bien, je l'accepte et je reconnaîtrai cette attention.
WILHEM. C'est que votre altesse ne se doute pas...
LA PRINCESSE, l'interrompant. C'est bon, c'est bon; pose là celte corbeille, et laisse-nous.
LA COMTESSE. Hé bien! n'as-tu pas entendu son attesse?
WILHEM. Il n'y a pas de doute; c'est au contraire sou altesse qui ne m'entend pas. (^À part.) Ça m'est égal; v'ià toujours ma commission faite, arrivera ce qu'il pourra. (Il sort.)