SCENE Vlll
LE MAUQUIS, PaMÉLA.
RÉC1T.\TIF
PAMÉLA, sortant de l'auberge.
Oui, je vais commander le punch à vous, Milord.
LE MARQUIS, s'avançont.
Charmante Milady!
PAMELA, effrayée. Comment! c'est vous cncor!
Et mon époux était dans la chambi e voisine ; Lui si jaloux, jaloux comme OlhelloI
LE MARQUIS
Est-ce donc l'ofTenser quo chantci un duo? {Prenant la mandoline que Zerline a idacée sur le coin de la table à la cinquième scène.) Et nou> pouvons, sur cette mandoline, liépéter tous les deux cet air Que nous commençilmes hier.
PAMÉLA, regardant à gauche par la parle de l'auberge. Ah! je l'entends! c'est lui.
DUO
LE MARQUIS, saisissant brusquement la mandoline et en jouant.
« Le gondolier Rdélo Il Brave, pour voir si lielle,
« Les autans ennemis.
{La regardant.) Il De loin, s'il obtient d'o'do « Un l'égard, un souris, « C'est toujours ça de pris. »
(// regarde vers la gauche si l'on ne vient pas, cl remet la mandoline sur la table en s'adressant à Paméla.) Faut-il que votre cœur ignore Le l'eu htùlaut qui me dévore !
FAMELA, voulant s'éloigner.
Monsieur, je ne puis écouter.
LE MARQUIS, la retenant.
Je me tais, vous pouvez resUr; Oui, vous admirer en silence Ne peut vous parai tre une oll'enso.
PAMLLA.
Je ne pouvais pa«, je le croi.
Empêcher vous d'admirer moi.
Ah ! combien mon àine est ravie
En contemplant ces traits chirmants!
Cette robe simple et jolie.
[Regardant un médaillon qui est à son cou.) Ah ! grand Dieu ! les beaux diamants!
PAMELA
Les seuls échappés au pillage.
Tant je les cachais avec soin!
LE MARQUIS, à part.
Les maladroits! Ah! quel dommage!
(Haut, à Paméla, d'un ton galant.) Pour iilaire en avez-vous besoin?
Mais jiUis je considère Ce riche médaillon... il contient un secret?
PAMELA
Pour lui mon époux l'a fait faire, Car il renferme mon portrait.
{L'ouvrant et h lui montrant) Trouvez-vous ressemblant ?
LE MARQUIS, affectant un trouble amourcu.r.
0 ciel ! il se pourrait!
(te regardant avec ivresse.) Voilà ce regard doux et tendre.
Voila ces traits si gracieux ; Je crois la voir, je crois l'eutcndre.
(^i-ee délire.) Mon Ame a passé dans mes yeux, (.-ti'cc )Yi,7C.) Et c'est pour un rival, un lyiau, un barbare... (/< met le portrait dans sa poche.)
Que faites-vous !
LE MARQUIS
Je m'en empare.
PAMELA, troublée, et voulant le reprtndre. Monsieur !
LE marquis; Jamais, jamais il ne me quittera.
PAMELA
Monsieur!
LE MARQUIS
Oui, sur mon ca-ur toujours il restera.
PAMELA
C'est mon mari I (Milord sort de l'hôtellerie; et le marquis saisissant vivement la mandoline, reprend le premier motif.) V Le gondolier fidèle i( Brave sur sa nacelle « Les jaloux, les maris, (I Quand son cœur de sa belle y Presse les traits chéris :
« C'est toujours ça dejiris. »
FtlA-DlAVOLO.