SCIPION ET ZERLINA
Doux aspect qui m'enivre.
Amour qui me lais vivre,
Oui, tu rends à mon cœur
La joie et le bonheur!
(.i la fin de cet ensemble, Boibaya s'avance vers la fenêtre du caveau qui est au fond à gauche et reyirde dans l'intériour.)
LA SIRKNE.
SCIPION
Envers vous quel est notre offense.
Et quel crime avons-nous commis?
Sur nous exercez la vengeance.
Du moin^ en nobles ennemis ! . ^
BOLBAÏA.
Messieurs, Messieurs, point d'imprudence!
De grice calmez vos esprits; Pour nous n'est-il plus d'espérance.
De frayeur, liélas ! je frémis !
TOUS
Vengeons nos compagnons.
Frappons ! frappons !
(/7s ont dirigé leurs carabines sur Bolbaya, qui tombe
à genoux, et sur Scipion, qat9tste debout et le front
levé; en ce moment, Scopefto sort de la porte à
droite et s'élance vivemei^t au-devant de Pecchionc.)
6C0PETT0.
Arrêtez!
BOLBAYA, le regardant.
0 bonhnir soudain !
C'est notre lnjtc de ce malin !
iScopetto s'avance len'.cment près de Scipion, le regarde, et reprend le motif du duo du premier acte )
Qu'une heureuse lenconlre.
Bientôt me le montre, Le sort décidera Lequel l'emportera !
SCIPION
Ah! c'est Marco Tempesta!
SCOPETTO.
■j^us l'avez dit!
SCIPION, étonné et regardant Scopetto.
Lui! Marco Tempe^ta!
PECCHioxE, à Scipion.
Qui le livre à nos coups!.. Que rien ne nous arrOle. [Il s'élance sur lui le poignard à la main.) Frappons-les!
SCOPETTO, arrêtant Pecchione du geste.
Pas encore!
(Solennellement, en s'adressant à tous tes ccntrebaudiers.)
ENSEMBLE
Il faut, courbant la tète, Obéir et céder.
Qu'à ma voiï la tempête Cesse enfin de gronder!
LES CÛNTREBANDIEBS.
Il faut, courbant la tète.
Obéir et céder.
A sa vois, la tempête A cessé de gronder!
BOLBATA ET SCIPION.
Quoi! tous, courbant la tète.
Sont forcés de céder.
A sa voix la tempête A cessé de gronder !
SCOPETTO, à Scipion et à Bolbaya. Approchez et répondez !.. (4 Scipion.) Comment n'êtes-vous pas depuis longtemps à la Pietra Nera, où le duc de Popoli vous avait donné rendez-vous'?
scipiox. tgarés à la poursuite d'une personne dont j'avais cru reconnaître la voix... nous sommes venus nous livr.r dans tes mains.
SCOPETTO. Et si j'étaittombé dans les vôtres?
SCIPION. Nous ne t'aurions pas fait grice !
BOLBAYA, vivement. Parlez pour vous... car moi..
SCOPETTO. Il suffit!., je sais ce qui me reste à faire!.. C ipilaine Scipion, n'es-tu pas le fils de Maria Vergani, paysanne des Abruzzes'?
SCIPION. Oui!
PECCHIONE, avec surprise. 0 ciel !
SCOPETTO. Peux-tu m'en donner les preuves?
SCIPION. Sans doute... mais que t'importe ?
SCOPETTO. Où sont-elles'?
SCIPION. Avec mes autres papiers... à bord de la tartane l'Etna.
scoPLTTO. Et la tartane l'Etna?
SCIPION. .V l'ancre, à deux lieues d'ici... à remboiichiire de la Pescaia!
SCOPETTO. C'est bien!.. Tes jours sont à nous. . et je devrais laisser à mes compagnons la liberté de ^c venger... . mais des raisons que moi si^ul je connais...
PECCHIONE, brusquement. Lesquelles"?
SCOPETTO, le regardant. Lesquelles!.. Il est venu ici demander riiusiiitalité, et, comme le vieux M.ircoTempesta, mon père, j'entends (lu'elle soit respect je!
pixcuiONE. Ce ne sera pas!
SCOPETTO, sévèrement. Ce sera!., car je le veux... {.i Scipion.) A une condition... que tu vas jurer sur l'honneur!
SCIPION. Quelle csi-elle?
SCOPLTTO. Cesiiapiers dont je te parlais, il me les faut... et <lés ce soir... tu iras les chercher et tu reviendras.
SCIPION. Je le jure !
BOLBAVA, timidement. Et moi?
SCOPETTO Tu resteras avec nous en otage... de plus, d'ici a vin;t-qualre heures, et dans quel(|uc circonstance que vous puissiez vous trouver tous les deux, vous ne direz rien de ce que vous savez... vous ne révélerez à personne quel est Marco Tempesta!
SCIPION. Je le jure!
BOLBAVA. El moi aussi.
SCOPETTO, /lo.f, (i Sci'/Ji'on. A personne., pas même à la jeune fille que tu as vue ici tout à l'heure!
SCIPION, avec joie. Elle l'ignore...
SCOPETTO. Oui, elle l'ignore... mais son sort dépend de moi... ell ■ me sera garant de tes serments . [Tirant sa montre.] ï)ix heuresl.. Demain, à pareille heure, nous 'n'aurons plus besoin de votre silence .. vous serez libres!
PECCHIONE, avec colère. Libres ! jamais!
SCOPLTTO, avec hauteur. Et depuis quand a-t-on perdu ici l'habitude dem'ohéir!.. {.i plusienrs contrebandiers.) Reconduirez le capitaine par le plus (!t)urt chemin... faitesle sortir par le haut du rocher... {Saluant Scipion de la main.) .\dicu, et à bientôt!
BOLBAVA, à Scipiotï qui s'éloigne. Oui... le plus tôt possible 1 (Scipion, après avoir de nouveau étendu la main en regardant Scopetto, sort par le fond à droite, escorté par plusieurs contrebandiers.)