SCÈNE
ZERLINA, seule. Ah bien oui! attendre... je ne peux pas! . Et puisqu'il refuse de me donner un conseil... il faut bien que je le prenne do moi-même... Allons, entrez. Monsieur, entrez.. {Elle ouvre la porte à droite ; parait Scipion, dont elle s'éloigne avec frayeur. — À part.) Ah ! mon Dieu I mon Dieu ! à le voir, qui croirait jamais que c'est un bandit!
sciPioN. Est-ce que je vous fais peur?
ZERLINA. Oui! .
scipiON. Et pourtant vous venez de me délivrer!
ZERLINA, (ii'cc émotion. Oh! c'est presque sans le vouloir .. Ces soldats, à qui je demandais la permission de vous parler, ne me répondaient pas... ils dormaijnl... Estce étonnant !.. Et le sergent avait là, dans son ceinturon, la clé de votre prison... je l'ai prise... et voUà, Monsieur, comment je vous ai délivré!
sciPiON. Ah! quelle reconnaissance!
DUO
ZERLINA
Je fais mal, je le sais, en sauvant un maudit, Ue méchant, ((u'à bon droit la justice poursuit ., Mais c'est égal . partez!
LA SIRÈNE. \i\
Sril'IflN.
Je t'aime! je t'aime;
Qiii' je parle, traîtresse!
Comme auparavant ;
Afin que V0U5 restiez prés d'un autre'., et de quiî
Pour toi il'éiinuvanle
Car vous ne savez pas près de qui je vous laisse!..
Et d'amour tremblante.
ZERLINA
i!a frayeur augmente.
Près d'un frère 1
Par pitié, va-l'en!
SCOPETTO.
Va-t'en 1 va-t'en!
Ah! grand Dieu!
Si tu m'aimes, va-t'en !
ZERLINA
SCIPION
D'un frère, d'un ami I
C'est bien pour moi-même.
Oui m'avait défendu d'avouer ,V iicrsonne,
Pour moi qu'elle m'aime!
Et les soins généreux et l'amour qu'il me donne...
Trop heureux instant!
Un honnête homme, lui., qui, vous connaissant bien,
D'ajuour, d'épouvante.
A refusé d'unir votre sort et le mien !
Je la vois tremblante.
SCOPETIO.
Ma tendresse auf,'mente
Comment !
Avec son tourment!
ZEBLINA.
Heureux amant!
Il a raison.. Et même il me défend
Je pars en fadorant !
De vous aimer...
{Il sort par la gauche, après avoir remis sa lettre à
SCOPETTO.
Zerlina.)
Et vous ?
ZERLINA
Ah! c'est affreux, vraiment!