‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 211 sur 809 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les MEMES, MATHÉA.

U.KtaÈk, accourant. Ah! Messieurs, ah! Monseigneur, quelle nouvelle! . Ce Marco Teniiiesta, qui m'avait promis de me rendre mon cher Erancesco...

LE DUC. Eh bien! Marco Tenipesla?.,

MATHEA. Evadé!

SCOPETTO, au duc. Que vous disais-jc?

MATHEA. La porte de sa prison est ouverte !

LE DUC. Et les soldats qui le gardent?

MATHEA. Ils sont loueurs là, à leur poste...

LE DUC. C'est un rêve !

MATHÉA. C'est possible!., car ils dorment tous les quatre à qui mieux mieux... Et au même instant, nu conseiller extraordinaire, un grand juge envoyé par Sa Majesté, venait d'arriver pour saisir le prisonnier!

LE DUC. El qu'a-t-il fait?

MATUEA. Ce qu'il a lait? . il s'est écrié ! Il y a à l'ancre à l'embouchure de la Pescara, à un (|uart de lieue d'ici, la tartane l'Etna, montée par quinze marins déterminés et commandée par le capitaine Scipiou, qui s'est déjà signale cûntrt' les contrebandiers.. Courez, a-t-il dit aux deux hommes de justice qui l'accompagnaient, qu'il vienne à l'instant avec tout son équipage !

LE DUC. Il a raison. . Marco Tempesta ne peut pas être loin... peut-être même n'esl-il pas sorti du château... et, eu cernant toutes les issues, ou le rattrapera.

MATHEA. Lui!., c'est pis qu'un sorcier!.. Vous ne croiriez pas. Monseigneur, que, i|uuicine prisonnier, ila trouvé mojen de piller une partie du palais!

LE DUC, à Scopelto. C'est inimaginable!., car enfin, vous étiiz là!..

SCOPETTO, avic botthomie. Nous y étions!

M^UEA, ((c même. Ils y étaient!., et malgré cela, l'on a tout enlevé du h;iut en bas, sans qu'ils se soient aperçus de rien !

M SIRENE.

!.;•: Di'c, avec iaiiisiétiide. El mon (M'j.iictj y a-ton pjncHiO?

MATiiÉA. Dans votre cabinet?.. Je crois que lui aussi...

Lc DUC. 0 ciel!.. M.iis c'est qu'il y a. dans mon secrétaire (ics lettres importiintcs... toute une correspoiulancc du roi Joacliim!

scopETTo fait un i/esle de joie, porte ta main à la pothe où il a mis les papiers, et dit au duc, à demivoix : Commcnl l'aviez vous conservée'?., vous, homme d'Etat... qui avez tant de pruilcnce!..

LE DUC. C'est pour cela. . On no sait pas ce qui pouvait arriver. . son parti iiouvait revenir au pouvoir... c'étaient des titres... Mais je cours m'assurer par moi-même... [Il sort par la porte à droite.)

MATiiuA. Oui, courons!

SCOPETTO, la retenant par la main. Reste, j'ai i te parler.

jiATUÉA. ïïst-ce do Francesco?

SCOPETTO. Oui. . ce I-'raucesco que tu voulais revoir...

MATUEA. Oi'i est-il? ou est-il'? Parlez!

SCOPETTO. Eli bien!., {.liiorcevuiit l'ecchionc qui entre pur le fond.) Non! non!., tout a l'heure .. Attends-moi un inskult!

MATiiEA. Si j'attendrai... Tant que vous voudrez!

SCÉNB Vil.

MATHÉA, au fond du Ihé.itrc.^COVETTO, courant à Percliiunff:

SCOPETTO, vivement. Où sont ;:os conipaïinons?

PECCuuiXE, à voix busse. l'.irlis avec armes et bagages pour les souterrains de la Torre Vecchia, où ils se tiendront cachés en attendant les ordres... il ne reste plus ici que toi, moi et Bolbaya.

SCOPETTO, de même. Très-bien! Vn les rejoindre i la Torre Vucchia!

p'eccuioxe. Et le capitaine Scipion'?

SCOPETTO. Disparu, évadé 1

PECCUIOXE. Et son vaisseau?

SCOPETTO. Il ne nous le donnera pas!

PECciiiONE. Que l'aire, alors'?

SCOPETTO. Lepreudre!

PECCuioNE, vivement. Ça me va.

SCOPETTO. Qu'un de vous se tijunc! auî aguets sur un dcsroclKTS qui bordent la mer.

PECcuio.NE. Oui, maitru!

SCOPETTO. Dès qii il aura vu passer quirze marins... ils soid quinze, vous les compterez!., vous sauterez à bord de la tartane, qui sera abandonnée de son équipage ou gardéj par un ou deux mousses seulement... vous y embarquerez nos trésors. et mettrez sur-le-chimp il la voile!

PECCUiONE. Mais toi'?

sctiPETTO. Vous m'attendrez en rade... et, à la nage.-, n'importe comment, je vous rejoindrai !

PECCUIONE. Mais, seul ici, comment l'échapper?

SCOPETTO. Cela me regarde... Dès que vous serez eu mer lI sauvés... avertissez-moi parun coup du canon .. ce sera mon signal pour pii|^^ '

PECCHiONE. Et pourqi^^^ lout de suite?.. Viens avec nous! ^^

SCOPETTO. Impossible! j'ai encore ici des affaires de famille à terminer... ma sœur ."i établir convenablement... et de plus, (.Montrant Muthia.) celte brave femme â qui je dois assurer un sort.. [A Peccltione.) Va-t'en! va-t'en!

MATHEA, s'approcliant, pendant que Pecchione s'éloigne par la gauche . A moi. .. un sort !.. Peu ni'inipoi te!., lout ce que je demande, c'est de revoir et d'embrasser encore une fois mon pauvre Francesco !

SCOPETTO. Tu seras satisfaite... mais h lui ça ne 3uf.it pas... (// s'est assis depuis la sorlie de Peccliione à la table ù gauche et se met à écrire.)

MATHEA, étonnée. Qu'est-ce qu'il t'ait doue là? (Se retournantetapercevant Bolbayaquienlre par la droite ) Ah! le signor Bolbaya!..

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