SCÈNE X
Les mêmes, ZERLINA, pui$ SCIPION.
ZERLiNA, accourant. Quel bonheur! ce sont eux!
LE DUC. Eh! qui donc? .
ZEBLINA. Les marins de la tartane l'Elna... avec leur commandant... El, j'en ét.iis bien sûre... il est innocent. .. car ils le reconnaissent tous pour le capitaine Scipion!
LE DUC. Eh! parbleu! nous le savons du reste!
SCOPETTO, voyant entrer Scipion, et regardant sa montre, à part. Dix heures! c'esl juste!
LE DUC, à Scipion. Veuez doue, capitaiuc Scipion, nous vous attenilions avec impatience !
SCIPION. Me voi.^i. Monseigneur, moi et mes soldats!.. {.ipercevant Scopetio et demeurant interdit.) 0 ciel, encore ici... moi qui venais pour...
SCOPETTO, le poussant vers Zerïina. Pour embrasser votre femme... Elle est à vous... je vous la donne!
LA SIRÈNE
sciPiON, trouble. A moil à moi!., au moment où je viciis...
scoPETio. C'est ce que nous verrons plus tard!.. En attendant, capitaine Scipion... emlirassez voire oncle!
lois^avei; étonnemeiit. Son oncle!..
scopETTO. Son oncle... qui ne repril'sente plus labranche aînée des Popoli... car l'héritier direct, c'est vous.
TOCS. Luil..
SCOPETTO, fouillant dans sa poche. Ainsi que le prouvent ces titres, cet acte demariase!
LE DUC. Toi, Scopetto, me trahir!
SCOPETTO. La vérité avant tout, JSIonseigneur ! {A Scipion.) Et c'est pour remettre ces papiers à vous-même... à vous seul, que Marco Tempesta, au risque de ses jours, a relardé son départ !
SCIPION, serrant la main de Scopetto. Ah ! nous lui devons tout!
LE DUC, regardant Bolbaya. Et pour sa peine, il sera pendu.. Je m'en ch:irge!
BOLBAYA^ effrayé. Mil mou Dieu!
SCOPETTO, au duc. Eh bien! Monseigneur, je ne vous le conseille pas!
BOLBAYA. A la bonne heure!
SCOPETTO, au duc. Il s'est emparé chez vous de la corri.'Spondance du roi Joai'him . Il me l'a dit!
BOLBAVA, vivement. Oui! oui!
^tfCOPETTO. Et si vous le faites arrêter, si vous ne nous iKez pas à le faire évader... il dira où elle est I
BOLBAVA, de même. Oui! oui!
LEDUC. Qu'il parte! qu'il s'en a'Ile!
BOLBAYA. Je ne demande pas niitux !
SCOPETTO. Je vais le coiuluire!.. (Il embrasse Zerlinn, et va pour sortir avec Jiolbinja.) .\h! parlons ! jiarlons !
SCIPION, gu» a remonté la scène, redescend vivement au bord du théâtre. Impossible!
70VS, avec étonnement. CoinuK^il?
sciPioN. Le grand-juge a fait feinier toutes les issues de ce pavUlon, où j'ai moi- même l'ordre de l'attendre...
SCOPETTO. Diable! ceci devient grave!
LEBiic,à la porte àyauche. Uy a des soldats de ce côté!
MATHÈA, à celle de droite. Il y en a de celui-ci !
BOLBAYA, au fond, sur la terrasse. Le reste dans le canot amarré au pied de la terrasse.
SCOPETTO, à part, réfléchissant. Un canot!
LE DUC. Et tant qu'ils seront là, pas moyen de sortir!
MATHEA. Aucun moyeu!
SCOPETTO. Voyons! voyons, du calme! {.i Scipion.)\\ n'est pas arrivé d'autres troupes que vos soldats de marine.
fCiPioN. Non!
SCOPETTO. En tout quinze hommes?
SCIPION. Oui, quinie!
SCOPETTO. Pas davantage! Eh bien?..
FINAL
[Tout cff qui suit te dit, «n parlant, sur la ritournelle du morceau qui se joue en euurdmc.)
LEOïiCt rcjardant à droite. Silence ! c'cit le grand-juge! [Effroi gèniral.)
TOCS. Granil Dieu I
LE DUC. Il vient ici I
TOCS, excepté Scopetto. Tonl rsl pcrHu !
SCOPETTO, allant à ta tab'e a droite. Peiil~élre! [En ce moment paraît le grand-juge, le duc va au-devant de lui et le saltie. Vn laquais, por* tant un candélabre, va le poser sur la table à gauche.'}
LB oniND>JUGe, parlant au fond du IMdtre. Que personne ne puisse sortir du chlteau sans a«oir été amené devint moi, et qu'on fasse ft^u sur quiconque tenterait de fuir!
SCOFBTTO, qui est alU^ prendre la mandoline et des papiers de musique sur ta table à droite, dit à voir bassti à Zertina : Tu vas clianlcr!
ZBRLIXA, troublée. Moi!..
8C1PI0M, de même, à voix basse. Mais oui ! chantci, ['uiàqu'il vous le d t !
IBRLINit stupéfatte. Miii, mon Irùri.- !..
SCOPHTTOt lui remettant un papier de musique. Cliifile, il le fiul. [à haute voix.) Chantci, duchesse, (/'endanl cette tcène, un des greffiers est entré }ar la terrasse à droite, et l'autre par la porte à gauche. Sur un signe du grand-juge, ils vont s'asseoir à la table à gjuche>)
SCOPBTTO , au grand'juse. C'est pour lu concert de ca soir, des morceaux que nous répétons I
LB GaiND-JUGB. Que je ne dérange personne !.. [Aux deux greffiers.) Aclicvei, MeîsieuFî, d'écrire me* ordres 1. [S'asseyant et faisant signe à Scipion d'approcher,) Monsieur le capilaine ! [Zcrlina, sur un geste de son frère, s'avance au bord du thédtre, et chante pendant que Scopetto, près d'elle, l'accompagne sur la mandoline. — ilathca est debout, près de Scipion. — A droite du spectateur, le duc et Bolbaya sont assis, tandis qu'à gauche, les deux greffiers, legrand-juge et Scipion sont ai tour de la table.)
ZBHLiNi, son papier de musique à la main, VL.ifez-vûU3 i.i-bas, Parmi c>:s frimas,
Fur au sein des bois Le léger chamois!
Il craint le oha«seur, Qui, rempli d'ardeur, Le suit et dourit en vainqueur* Suivant sa (race Sur la glace « on ennemi déjà
Se lasse I ^
Un peu d'adrL'sse, un peu d'audace, A leuis coups il s'êcliapp ra î Ah! ah! ah! ahl HlTBÊA, regardant du côté de la porte à droite, voit paraître deux sollats qui s'avancent pour écouter, et elle dit à demi-voix à Scopetto : Ahl . voici doux soldats!..
SCOPETTO, à port, avec joie, La vuix de b sirène, Au piège déji les cnlraîiie !
ZEitLlXA, continuant son air, \ oyci-vous là-bas, Porini les frimas.
Fuir au sein dos bols /■ Le loger chamo s!
MATOÛAi voyant un troisièmt soldat qui s'avance de la porte à gauche. Ali !.. trois soMals!
« SCOi'ETTO-
Tioii !
ZEltLINl, contt'nuciTit son air.
Soudain le chasseur.
Grâce à son a-deur, S'i'^are et maudit ïou erreur !
uiTnÊA, voi/tiit un quatrième soldat qui suit son camarade, Cil las à Soopctto, qui joue toujours d^i mandol ne : Quatre !.. ZËltTinA, continuant.
Plein d'e--poraiic.> Lé|,'er chamois I Tu t el s'élante Au sein de^ bois!
MiTOKA, voyant entrer à pas de loup un cingui'èmo soldat. Un de plus!
SCOPBTTO, avec jiie.
Cinq ! • ZERLiNA, continuants chauler en faisant des traita brillanti. Ahl ah! ail! ali ! ah! UATUKA, co»ip'a»t successivement les soldats' que l'on vo t monter au balcon circulaire qui est au fond du théâtre. Six ! sept! CL huit., et dix!..
SCOPETT.).
Oui. les voilai..
CHOKUR DE SOLDATS, au fond, entre eux, à dmi^oix. r.'csl cliariLaiill .. c'est divin !
MATii^A, voyant detix autres soldats monter au balcon. Onze et douze !..
SCOPRTTO.
Brava !
CHOF.Un, quittant les croi<ei!« et faisant quelques pas dans le salon. f.'osl divin! c'est charmatil!
LK DUC, fiai, à Scopetto, lui montrant Bolbaya» Pcul-.lcnlin partir?
SCOPBTTO, rejardont les soldats.
Xon pas vraiment I Il nous en manque cncor!..
MATHÉi, regardant trois autres soldats qui montent au (alcon, dit à Scopetto, à voix basse :
Quinze!.. Les voyez-vous?
SCOPBTTO.
Quinte!.. Oui, les voilà lou^î
zstiLtNA. continuant à cAanter* Ah 1 ah ! ah ! ah ! ali ! ah ! ah ! ! (Pendant ce temps, l^copetto se retourne brusquement, et les ^soldats qui
s'i'talent avance> veulent se retire^ÊÊÊUai' 8copf tto et Mathéa Its retiennent, leur font signe qu'ils pefl^^^biti'cr s.mti cratn e cl écouter /a cantcilrice. Ils avancent donc pas à^Hni sans faire de bruit, vt ScO' petio, qui a passé derrière eux, escat-jde le balcon qui' donne sur la mer, descend et disparait, sur les dernières routades de l'atr de Zerlina, que le gr^jnd^juge et les soldats applaudissent. )
CHOliUR.
Biava!.. brava! . signora!..
LS DUC, s'approcAant de Bo'.baya, lui dit à demi-voix en lui montrant
liS soldats qui ne font plus attention a lui : Partez donc, puisqu'il faut que Marco Tempesl-i Soit par nous sau é !..
noi.BiYk, entendant en mer un coup de canon. Mais... \ojei, il l'est doji...
(Sur un geste du grand-juge, tous les soldats courent au balcon du fond, et font feu sur un canot qui s'clotgne. — Mathèa, Zerttna et Sctpton poussinl un cri d'effroi. — Moment de silence ; puis, dans le toinlain on entend la voix de Stopetlo.)
0 ditiu dos llihustie s.
Uidu lie la contrebande.
Qiie ta main nous défende Du nos lyrans alliera !
SCIPIOX, ZRKLINA BT HATHAA.
De leurs coups il est présLrvo!
Dieu tout-puissinl, lu l'assau^él •