‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 217 sur 809 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les pittcÉDi-NTs, LE CAPITAINE JEAN et PLfsinins Hommes /i(i()(//c.8 c/i matelots et portant plusieurs sacoches d'argent.

ANDIOL

Encor dos voyageurs ! quand mon auberge cstpicinc,

[Regardant .)

Des marins!., cxccllcnle aubaine!

lu ne comptent jamais!

Li; CAPITAINE.

A boire, et du m illeur !

ANDIOL

Je n'en vcmls jamais d'aiilro, et je vois, capilain^. Que vous avez en du bonheur.

(\Ionlrant les sacoches.) I.n jirise est bonne'?

LE CAPITAINE

Oui.

ANDIOL

J'en suis aise !

Et malgré la croisière angl.ii.se, On passe donc encor'?

lE CAPITAINE.

Le capitaine Jean S.iil se faire passag !

(On apporte du vin sur la table ) Une pipe, et va-t'e:i!

(// débouche une bouteille.)

phemier couplet.

Plus d'une tcmpélc.

Hardi nautonnier, (Ironde sur ma tét ■ :

C'est là mon mélier!

El lorsque va iiaiire L.' vent Inrieux, A mon rontie-ina!tie Je dis tout joyeux :

Verse, verse, maiire, El buvons soudain Ma part du butin!

Qui sait si peiit-éiro Je boirai demain ■?

CHlTEI'R DE MATELOTS. Pour nous jamais, jamais de lenJcniain.

Le l.'icbe qui tremble Dit : combien sont-ils?

Mais qui me ressemlile Brave les iȎrilsl Je crains iieu la foudre.

Et sur mon tillac, Quand j'ai de la pondre, Du rhum et du racU...

Verse, verse, luailrc, Et buvons souda'n Ma part du biiliii!

Qui sait si peiit-éire Je boirai demain'?

inoisiÉME couritT.

La seule sagesse Consiste à jouir.

LE SKRMKNT,

Et sans la richesse Autant vaut mourir;

Et voguant sur l'onde, Courho sur mon or.

Que la foudre gronde.

Je veux dire encor :

Verse, verse, maître, etc,

LE CAPITAINE, à Alldiol.

Qu'on mepréiiare un lit!

ANDirPL.

Toute l'auberge est pleine.

LE CAPITAINE

Comment! pas un appartement'?

HAniE,

Pas un seul, caiiitaiue!

ASDIOL.

Quand je dis pas un seul, il en est un varani, lit nui touche au donjon de la vieille tourelle...

LE CAPITAINE

C'est bon!

BAiiiE, hésitant.

Mais, voyez- vous... c'est qu'ordinairement On ne l'habile pas.

LE CAPITAINE

Et pourquoi donc, ma belle?

ANDIOL, bas, à lUane. ' Te tairas-tu?

MARIE

Non pas, vraiment!

Le capitaine est brave et l'on peut tout lui dire.

LE CAPITAINE

Eh bien?.,

MARIE

Eh bien! dans ce lieu, dès longtemps Il aiiparail, dit-on, des revenants.

LE CAPITAINE, regardant ses compagnons.

Des revenants!

ANDIOL, à Marie.

Tu vois.,, tu les fais rire.

MARIE

PREMIER COUPLET

Dans ces sombres appartements Biillcntdej flammes souterraines; Puis on voit des fantômes blancs Qui vont traînant de lourdes chaînes.

0 vous qui venez en ce lieu, Recommandez votre àme à Dieu !

ENSEMBLE

LE CAPITAINE, la regardant.

Qu'elle est jolie ! et sa fraveur Double son charme séducteur.

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