‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 222 sur 809 · ANDIOL ET ED.MOND · texte numérisé non relu

ANDIOL ET ED.MOND

C'est à moi seul I

ANDIOL, avec colère.

Morbleu!..

MARIE, allant à lui d'un air suppliant.

Mon père, il va partir!

ENSEMBLE

EDMOND, à la table à droite et soupant. Je bois à ma maîtr'csse.

Je bois à mes exploits ; Je jure que sans cesse

(.1 Marie.) Je vivrai sous tes lois.

MARIE

Quelle crainte m'oppresse!

Pour un jour je le vois; Je le vois . mais serait-ce Pour la dernière lois?

ANDIOL

Du courroux qui m'oppresse N'écoutons pus la voix; Supportons sa tendres.se.

C'est la dernière fois.

ANDIOL, voyant qu'Edmond se lève de table. Allons, ton souper est fini, A l'instant même sors d'ici!

EDMOND, froidement.

Pourquoi donc?

ANDIOL

Porte ailleurs tes pas.

Tu m'entends!.,

EDMOND

Non! je n'entends pas!

Votre maison est une auberge.

Et l'on ne peut m'en arracher!

Aussi, je prétends qu'on m'héberge.

Car chez vous je viens pour coucher; Allons, qu'on m'apprête à coucher!

MARIE

Monsieur Edmond!..

EDMOND

Allons, la fille. Préparez mon appartement!

luO

LE SERMENT

ANUIOL.

On n'en a plus.

KOUOND, à Aiidiol et tir/tut su bourse qu'il secoue. J'en veux pourlaiit!

Clierchcz! i\nc votre zèle brille!

UABiE, doucement, et coulant l'engager à partir. On ^ûus dit qu'il n'eu reste aucun.

ANDiOL, vivement.

Si vraiment, il nous en reste un.

EDMOND, riant, et remettant sa bourse dans sa poche. J'en étais sur!

ANDIOL

Une chambre fort bollt Qui touche au vieux donjon de l'ancienne tourelle. MABiE, avec effroi.

Ciell

EDMOND, vivement.

Je la prends!

MARIE, de même.

Non pas !

ANDIOL, gaiement.

Une chiimbre d'ami!

[A Marie qui veut parler.)

Silence !

MARIE, à son père.

Et le danger!..

C'est son affaire à lui.

[Pendant ce temps, Edmond s'est rapproché de la table, et se versant xm dernier verre de vin, il dit debout en élevant son verre : )

Je bois à ma maîtresse.

Je bois à mes exploits; Je jure que siins cesse [Montrant Marie.)

Je vivrai sous ses lois!

ENSEMBLE

MAHIB.

Quelle crainte m'oppresse!

Pour un jour je le vois; Je le vois... mais serait-ce Pour la dernière fois?

ANDIOL

Du courroux qui m'oppresse N'écoutons pas la vuix ; Supportons sa tendresse, C'est la dernière fois.

EDMOND, s'apprètant à sortir.

Partons !

MARIE, se jetant au-devant de lui.

Vous n'irez pas! Dans cet appartement Habite, à ce qu'on dit, un siicclrc... un revenant!

EDMOND, riant.

Pour un futur soldat l'admirable renconire ! ANDIOL, d'un air goguenard.

Oui, c'est dans ces cas-là (pie l.i valeur se montre...

[Regardant Edmond.) Quand on en a !

EDMOND, avec colère et fierté.

Morbleu!

MABIE, l'arrêtant.

Le capitaine Jean, Qui, tout autant que vous, pour le moins est vaillant, A refusé ce soir d'y loger !

EDMOND

Je crois liien!

[Regardant Marie avec tendresse.) Il ne doit pas quitter la l'enimo qu'il adore! Et si poar la revoir c'était lo Mul moyen...

MARIE

Que ditis-vous'?

EDMOND

Demain, au lever de l'aurore, Avant de [larlir, si je peux Vous parler, vous revoir encore, Cet espoir suint à mes vœux; Et pour cela je reste,., oui, je reste en ces lieux.

MARIE

Edmond, si vous m'aimez, et si j'ai queliluc droit...

EDMOND, arec amour.

Songez donc!., une unit !.. là, sous le même toit... MARIE.

Je ne veux pas!

EDMOND

Moi, je le veux!

ANDIOL, riant.

G'esl un guerrier audacieux.

MARIE

Je ne veux pas!

EDMOND

Moi je le veux!

ENSEMBLE

ANDIOL

Tant mieux ! .,

Tant mieux!

Tant mieux!

EDMOND

Je le veux!

Je le veux!

MARIE

Eh quoi! malgré mes vœux!

ENSEMBLE

MARIE

Projet téméraire !

En vain ma prière Voudrait en disiraire ' Celui qui m'est cher.

0 frayeur extrême!

Pourquoi, vous que j'aime^ Braver de vous-même Satan et l'enfer'?

EDMOND

Un bon militaire Doit braver, ma chère.

Le ciel et la terre, La flamme et le fer. C'est là mon syslèmc.

Et pour ce que j'aime Je descendrais même Au fond de l'euicr.

ANDIOL

Cul, laissons le faire.

Un bon mililaire

Doit braver, ma chère,

La flamme et le fer.

Voyez comme on l'aime!

0 bonheur extrême!

Si Satan lui-même

L'emporte en enfer.

EDMOND, sonitant et appelant.

Allons! allons! qu'on m'obéisse,

ANDIOL, gaiement.

Allons! allons! qu'on obéisse.

Qu'on serve ce jeune guerrier; Qu'il trouve un asile propice Sous notre toit hospitalier.

ENSEMBLE

MARIE

Projet téméraire! etc.

EDMOND

Un bon militaire, etc.

ANDIOL

Oui, laissons-le faire, etc.

[Andiol entraîne Edmond vers la porte à gauche;

.Varie le suit.)

LE SliRMENT.

loi

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