SCÈNE V
Les précédents, ANDIOL.
.INDIOL, apercevant Edmond.
Quoi! malgré ma défense Encore en ce logis!
M.tRiE, allant à lui.
Mais, mon père...
ANDIOL
Silence!
(A Edmond.) Jamais, je te l'ai dit, tu ne l'épouseras!
Car tu n'as rien, et j'aime l'opulence ; Ainsi, pars! je le veux!
EDMOND
Et moi, je ne veux pas!
TRIO
EDMOND, frappant sur la table.
Votre maison est une auberge Et j'ai le droit de l'occuper!
Aussi, je prétends qu'on m'héberge.
Car je n'y viens que pour souper!
(S'asseyant.) Allons, qu'on me donne à souper!
«AHiE, craignant que cela ne fâche son père, et s'adressant à Edmond d'un air suppliant.
Monsieur Edmond!..
EDMOND, à Marie.
Et vous, la fille, A l'instant même servez-moi !
ANDIOL
Quelle audace !
EDUOSD, à Andiol, avec fierté.
C'est votre emploi.
Et qu'ici votre zèle brille !
ANDIOL, le menaçant.
Qu'il sorte !.. ou qu'il craigne un éclat!
EDMOND
Je ne crains rien, je suis soldat,
ANDIOL, étonné.
Soldat!
MARIE, avec douleur.
Oui, mon père, il nous quitte ; Il part demain!
ANDIOL, d'un air joyeux.
C'est différent!
Alors, qu'on le serve à l'instant Afin qu'il s'en aille plus vite!
[Marie a donné un couvert à Edmond qui s'est assis: elle veille à ce qu'il ne manque de rien. Elle le sert elle-même, et au lieu de manger Edmond la regarde. Tout cela a lieu à droite du théâtre pendant qu Andiol, qui est à gauche, chante en riant les vers suivants. )
Honneur à ce soldat vaillant!
Honneur à ce César moderne!
Qu'il sera bien sous la giberne!
Il a déjà l'air conquérant !
Honneur à ce soldat vaillant !
(En ce moment il avanc-. un pas pour mieux le regarder. Marie vient d'offrir une assiette à Edmond, et celui-ci a pris sa maiti qu'il presse contre ses lèvres.) ANDIOL, avec colère.
Eh bien! que fait-il là?
(Appelant.) Venez ici, Marie.
{Marie accourt près de son père.) EDMOND, à voix haute.
La fille! servez-moi!
u.KmiL veut faire quelques pas vers Edmond, un regard de son père l'arrête.
Que laire? je vous prie!
(Restant entre les deux au milieu du thcâlre.j Auquel des deux dois-je obéir'?