‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 227 sur 809 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les précédents, LE CAPITAINE JEAN, paraissant à l'ouverture du fond.

CHŒUR

C'est notre chef!

LE CAPITAINE

Amis, que prétendez-vous faire?

CHŒUR

Défendre nos trésors; punir un téméraire Qui vient surprendre nos secrets,

LE CAPITAINE, à Edmond.

Qui donc es-tu?

EDMOND

Soldat ! et demain je partais Pour rejoindre l'armée où le|deToir m'appelle.

LE CAPITAINE

Ah ! tu partais demain ?

EDMOND

Et d'une mort plus belle Je rêvais l'espoir glorieux ; Mais l'arrêt est porté! prends mes jours...

loi

LK SERMIilNT.

LE CAP iTAixii, mon'i' :n! s s compifinuw!.

Oui, iidir ciu Jo lo dois!

[Sonriunt.] Co|iciiil,'iiil, coiivii'iis i|ii'il ost ilommajo De mouiir aussi juimc avci- la;il d'avenir.

EDMuM), avec ironie.

Quoi! m'insultcr encorl

LE CAPIT.UKE.

Non! j'aime lu couragi;; L'approclio île la mort no t'a pas failiiàlir!

{Lui prenant la main.) Ta main ne Ircmhlo jiasl.. jo prctcjuls lu servir Et te sauver !

CHCEtiK.

Jamais!

LE CAPITAINE, au cliœilf.

Silence !

(.1 Edmond.) Partage nos dangers, notro or, noirj oitu!eiiiX' ! 'Viens dans nos rangs, sols des nOtros...

IIDMONO.

Tais-loi !

Je suis soldat; l'honnour seul est ma loi!

LU CAPITAINE

Songe il tes jours , écoulo-moi !

EUMOND,

Je suis soldat!

LE CAPITAINE

Il y va de la vIo!

EUMOND.

Ma vie est dans vos mains, mon honneur est à niul ! Puisqu'il nie faut perdre la vie, Frappez! je bravurai vos coups ; 0 ma maitressol ij ma patrie!

Je meurs, et ce n'est pas pour vous!

CHOEUR Son imprudence et sou audaro Ont dans CCS lieux conduit ses (las!

Point de pilié ; non, point de grâce ! Notre intcrct veut Sun trépas.

l'iMiipons !

LE CAPITAINE

Arrêtez!., tous !

(.1 Edmond.) Promcis-tu de te taire?

De ne jamais révéler ce mystère '?

De ne nommer ni ne traliir jamais Aucun de nous?

EDMO.ND.

Jj le prom.ts.

CHŒUR, au capitaine.

Non! il n'est pas en ta [luissanco

Du nous ravir notre vengeance;

Qui répondra du son .silence?

LE CAPITAINE

Qui nous en répondra, ditus-vous?.. son lioninur! Et ce mot seul sulGt entre dos guns de caui !

EDMOND

Je jure ici devant Dieu ipii m'entcn I,

Et par mos jours, et par ceii.v de mi mère,

Par la mailrosse i|ui m'est cliere.

Je jure ici de t nir mon serment!

LE CAPiiAïKE, à ses compagnons.

Vous l'entendez'

{A Edmond.) J'ai re(u ta promesse.

Et songe à la tenir, Ou ma main vengeresse Saura bien tu punir.

EDMOND

Je tiendrai mes promesses; Si j'osais les trahir, Ces jours (pie tu me laisses Devront t'apparlonir,

CHfEUR.

De ce serment frivrjle On peut se rcjicnlir; L'emiunii qu'on iinniolo Ne peut plus nous trahiri

LE CiPiTAiNE, à Edmond, D.s premleis feux du jour l'horizon se colore. Quille ces lieux! . Jo porlu envie à tim bjiliMir, Tu vas, sous lies drapeaux ipiu la victoire bnnoiej Mourir pour ton pa.v-, ou revenir vaiirpieur!

EDMOND

Des jours ((uejo le dois jo loi ai bon u.;ag;!

CH'.TICUIt, (idemi-vni.r, SoulTrlrons-nous i|u'il osu no'is ipiilter?

LE CAriTAlNE,

Je l'ai dit!., Jo le viMix! ipi'oii lui livre pai: auoi Ou j'immole il l'inslant qui m'ose résister!

(.i Edmond.) Dieu iloil dans les combats protéger Ion cou; aie, {Avec douleur.) {Vivement.)

Tandis que moi!.. Va-t'en!., va-t'eu!..

Et pense iiuel'iuul'uis au cajiilaiiic Jean,.

ENSEMIII.E.

LE CAPITAINE

J'ai reçu ta pniniesse, Et songe h la tenir, Ou ma main vougcrcssu Saura bien te punir.

EDMOND

Je tiunJrui mc< promesses; Si j'osais les trahir.

Ces jour» (|ue lu me la'sses Devront l'apparlenir.

LE C1II12UK.

Qu'il tienne sa jiromeSBe ; S'il osait la Indiir, Noîremiin vengeiesso Saurait bien le punité

{En ce moment les vltrau.T du fond paraissent colore's par le jour naissant. ■ — Les faux monnayenrs ouvrent un passaf/c à Edmond qui l'avance vers la porte àyuurlie. — l'Iniieuri yroupes sont places prés de l'ouverture du fond ; le capitaine Jean se rapproche d'eu.T et fait un dernier sifjne à Edmond pour ienijaijer à se taire ; celui-ci clcnd la tnain pour rappeler sa promesse. — La toile tombe.)

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