SCENE IV
EDMOND seul.
[Il descend lentement, et regarde avec attendrissement tous les lieux qui ioitourent.)
Salut, 6 mon pays ! salut, ciel de la France !
Je te revois, je suis heureu\!
Je revois ce séjour, berceau de mon enfance, Au(piel naguère encor j'adressais mes adieu\ ! Pour vaincre et pour briser de liontcuses entraves Je te quittai, l'honneur m'iii fit la loi!
0 mon pays, jiays des braves!
Je reviens... et digne de toi!
CAVATINE
0 patrie Tant chérie!
Souvenirs Du jeune âge.
Doux rivage.
Ton image M'a rendu tous mes plaisirs!
Pour la première fois ici j'ai vu Marie ;
C'est la ijue chaque soir nous causions tous les deux;
C'est ici que ma jeune amie
A reçu mes premiers aveu'i!
Et je sens, en voyant ces lieux.
Je sens des pleurs qui coulent de mes yeux.
0 patrie
Tant chérie !
Souvenirs
Du jeune âge, etc.
Oui, sur la rive étrangère, Vous seuls causiez mes regrets; Dans les périls de la guerre C'est à vous que je pensais.
Et je disais :
0 patrie Tant chérie!
Souvenirs Du jeune âge.
Doux rivage.
Ton image
De plaisir Me fait tressaillir!
Oui, CCS lieux autrefois témoins de mes plaisirs M'ont rendu mon bonheur et tous mes souvenirs. [Ri-gardant du côté de l'auberge.) Mais avant de revoir Marie, Il faudrait cependant la faire prévenir.
SCÉiNE V.
EDMOND, MARIE, sortant du château à droite, triste et pensive.
EDMOND, l'apercevant.
Que vois-je? 6 doux moment pour mon âme attendrie! C'est elle qu'à mes yeux mon bonheur vient ofl'rir.
MARIE, levant les yeux.
Que veut ce soldat?
(Poussant un cri.) Ah!
EDMOND, courant à elle.
Tais-toi, tais-lui, Marie !
MARIE
C'est toi, c'est bien toi Que je revoi!
ENSEMHLE.
0 jour de bonheur et d'ivresse !
C'est toi que sur mon cTeur je presse! Oublions nus louiments passés; Ce jour les a tous edacésl
MARIE
Qu'ils étaient longs ces jours d'absence !
EDMOND
Je croyais ne plus te revoir!
MARIE
Te voilà ! ta douce présence Me rend le courage et l'espoir!
ENSEMBLE
0 jour de bonheur et d'ivresse !
C'est toi que sur mon cœur je presse! etc.
EDMOND
Fidèle à ma maîtresse Qui guida ma valeur.
J'ai tenu ma promesse Et je reviens vainqueur!
MARIE
II revient! et vainqueur!
EDMOND
A mon tour je réclame Tes serments et la foi; Oui, tu seras ma femme...
(Examinant son costume de mariée ) Mais qu'est-ce que je voi'?
MARIE
Malgré mes pleurs, malgré moi-même.
Hélas! mon père l'exigeait, D'un hymen odieux j'allais subir l'arrêt!
EDMOND, avec fierté.
Et qui donc m'oserait disputer ce que j'aiinc'? Qui l'oserait?
EDMOND
J'ai vengé ma patrie, Et ce bras saura bien Protéger mon amie Et défendre mon bien.
Je suis là... ne crains rien, Je serai ton soutien.
MARIE
A celte voix chérie
Je renais à la vie.
Non, je ne crains plus rien,
Il sera mon soutien.
EDMOND
Je ne suis plus ce paysan timide
LE SERMENT
Oui cniignait Je ton \t(-rc. et l'appaet et la voi\! Cunsrrit, sous la mitraMle on ilcvlunt Inlr 'iiiile, Eî quanil on a vu fuii' les irrcnadicis liongrois, Le reste n'est plus rien... Oui, je l'alleste ici, Quel que soit ton l'ului' niaii, Qu'il tremble ! nie voici!
ENSEMBLE
EDMOND
J'ai vengé ma |iatric.
Et ce bras saura bien Proléscr mon amie Et d<'l'eiKlre mon bien.
Je suis là,., ne crains rien, Je serai ton soutien.
HAniE.
A cette voix chérie, Dé,à, je le sens bien, Je renais à la vie.
0 mon suprême bien.
Je ne craiinJrai plus rien.
Tu seras mon soutien.