‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 250 sur 809 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ALPHONSE , vêtu en vieux : il sort de l'appartement à droite en grande toilette; MATHILDE.

MATHii.nE. Ah ! Monsieur, venez vite, je vous enprie.

ALPHONSK, souriant. Vite, c'est un peu difficile pour moi, ma chère Mathilde, pardon, je vous ai fait attendre; vous, vous ètrs jolie tout do suite; mais à un vieillard, il lui faut du temps...

« Pour réparer des ans l'irréparaWe outrage. »

Enfin, me voilà en costume de marié, tout comme un aulre... qu'avez-vous? vous paraissez agitée?

MATHILDE. C'est vpai, j'ai bien du chagrin.

ALPHONSE, avec bonti; Contez-moi cela tout do suite, ma chère amie, pour que j'en aie aussi.

MATHiLHE. Cottc bonnc tante, dont je vou-; ai si souvent parlé...

ALPHONSE. Madame de Linsbourg? elle est arrivée, ra'a-t-on dit.

MATHILDE. Oui; et elle vient derepartir sur-le-champ.

ALPHONSE. Comment?

MATHILDE, auecamiarra*. Elle s'est fâchée, je ne sais pourquoi elle a des préventions contre ce mariage, elle n'aime que les jeunes gens.

ALPHONSE. Je comprends ; cela veut dire qu'elle n'aime pas les vieillards.

M.\TuiLDE. Oui, Monsieur.

ALPHONSE. Et vous (jui avcz été élevée par elle, partagez-vous ses sentiments sur la vieillesse?

MATHILDE. Nou, Mousicur.

AiB : Vos maris en Pa'estine.

Je la respecte et l'honore.

Et je pense, eu vérité, Qu'où lui doit bien plus encore, Quand chez elle, esprit, bouté.

Changent l'hiver en été.

ALPHONSE

Savoir vieillir sans trop déplaire Est difficile, je le sens.

MATHILDE

Ah! pour moi quaml viendra ce temps...

Je sais ce qu'il faudra faire :

Je vous regarde... et j'apprends.

Et quand ma tante vous connaîtra mieux, elle sera comme moi; mais pour cela, il faut qu'elle vous voie, et si elle s'en va...

ALPHONSE. Soyez tranquille, je me charge de la calmer; nous irons tous deux lui faire visite.

MATHILDE. Oh! que vous êtes bon. Monsieur! C'est que, dans deux heures, elle aura quitté Dnsscldorf.

ALPHONSE. J'irais bien tout de suite; mais c'est que tout est disposé pour notre mariage; on nous attend, et (|uand ou vieillit on devient un peu égoïste, et surtout très-pressé.

Air : Muse des bois.

Prêt à former cet lieurcu'i maiiagc ; Je craindrais trop de perdre un seul moment; Carie bonheur est, hélas! à mon âge, Un vieil ami qu'on voit si rarement !

De sa visite alors qu'il nous honore.

Vite ouvrons-lui... dés cju'il vient d'arriver...

MATHILDE

Le lendemain il peut venir encore.

ALPHONSE

Oui... mais il peut ne plus nous retrouver.

Ainsi permettez que d'abord je m'assure du tilre de votre époux. Apres la cérémonie, je vous conduirai chez votre tante, et je suis bien sûr qu'elle consentira à venir vivre avec nous.

MATHILDE. 11 Serait possible!

ALPHONSE. Cet arrangement vous plaît-il?

MATHILDE, souriont. Eh mais! il faut bien que je m'essaye à vous obéir. Monsieur.

ALPHONSE, lui baisant la main. Non, non, jamais, chère Mathilde. C'est moi qui veux suivre vos ordres, deviner vos désirs, et... Qui vient là?

MATHILDE. Victop, qui paraît avoir à vous parler.

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