‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 27 sur 809 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ZERLINE, LORENZO, entrant par la porte à droite, puis Mll.OKD.

ZERLINE, apercevant Lorenzo et s'enveloppant vivement dans le rileau du lit. Ah! mon Dieu! c'est déjà vous! on n'enire jas ainsi à l'improviste chez les gens! c'est très-mal.

LORENZO. Ma Zerliue, pardoune-moi; tu es si jolie dans ce négligé!

TU1.0KV, enirant et apercevant Lorenzo. C'est vous, la brigadier? D'où venait ce bruit, et qui ram 'nait vous ainsi ':■

LORENZO. De bonnes nouvelles ! je crois que maître Diavolo ne peut nous échapper.

ZERLINE ET MILORD. Vraiment !

LORENZO. Nous avions de mauvais renseignements, et nous le poursuivions dans une fausse direction, lorsqu'à trois lieues d'ici nous avons rencontré nn brave meunier qui nous a dit : Seigneurs cavaliers, je sais où est le bandit que vous cherchez, il n'est pas à la montagne ; je connais .sa figure, car j'ai été deux jours son prisonnier, et ce soir je l'ai vu passer dans une voiture découverte et suivant la route de Terracine.

ZERLINE. 11 serait possible!

LORENZO. Il nous a offert alors de nous conduire, de ne pas nous quitter ; ce (jne j'ai accepté, et de grand coeur ; quand il ne servirait qu'à le désigner, c'est déjà beaucoup, et nous allons nous remettre à sa poursuite ; mais auparavant, j'ai voulu faire prendre à mes soldats quelques heures de repos, car ils ont marché toute la nuit et meurent de faim.

MILORD. Mourir de faim! c'était un vilain mort.

ZERLINE. Jésus Maria' Et vous, Monsieur'?

LORENZO. El moi aussi! pour être brigadier, cela n'empêche |ias.

ZERLINE. Il y a d'autres auberges, où vous auriez depuis longtemps trouvé à souper.

LORENZO. Il n'y avait que celle-ci où j'aurais trouvé Zerline .

ZERLINE. Ah! ah! c'est pour cela?

LORENZO. Justement; aussi je disais toujours : Cavaliers! en avant, marche! Voilà les occasions où il est agréable d'être commandant.

ZERLINE. Ce pauvre garçon! je vais vous chercher à manger.

LORENZO. Non, commencez par mos camarades ; eux qui ne sont pas amoureux sont plus pressés. Va vite, ma Zerline.

ZERLINE. Ma Zerline! Il se croit déjà mon mari.

LORENZO, la serrant dans ses bras. Pas aujourd'hui; mais demain!

ZERLINE. Finissez, Monsieur! Gnissez. Je ne sais pas ce que vous voulez dire. Et tenez! temz! voilà vos camaïadis qui s'impalientent. {On entend les ca:alipr.>-qui sonnent el frappent sur les meubles.) Holà! la lille! holà ! quel- (pi'un!

ZERLINE, sedéijaqeant des bras de Lorenzo. Ils ne sont Ijas comme vous, ils sont bien sages. — Voilà, voilà. — Je vais leur donner tout ce qu'd y aura, et puis je garderai ce qu'il y a de meilleur pour vous l'apporter... Eh! mon Dieu! quel tapage! {Elle sort en courant. — Il est . qrand jour.)

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