SCÈNE XV
Les PRécÉDEJiTs, MADAME DE LINSBOURG.
MATHILDE. Eh bien! ma tante?
MADAME DE LINSBOURG, couraut à M. de Bruchsal. Ah ! le voilà, ce cher neveu ! Que je l'embrasse ! J'avais des préventions contre vous, mon cher ami, je le Confesse; mais votre conduite, votre générosité, dans ce malheureux duel...
M. DE URULHSAL. Ma gcuérosité ! ..
MADAME DE LiNSBOUriG, à Sa tUècc, en s'cs^nynnt Ici yeux. Aiii ; Cts postillons sont d'une malailrcssc. C'est Olivier nui vient de m'en iiistiiiire; Car tous les deux sont amis désormais : AjU'C's l'avoir désarmé...
MATHILDE
Je respire !
MADAME DE LINSEOCr.G.
Le vainqueur mémo a proposé la p.iiv ! MICHEL, montrant son niaiira.
A ce tiait-lj, moi, je le reconnais.
MADAME DE LlNSBOl'UG.
Mais à votre âge!., un duel!., quelle folie!.. Risquer ses jours!..
M. DE BnrciisAL.
J'étais en sûreté !
J'aurais pu mémo ainsi iicrdrc la vij Sans nuire à ma santé.
MADAME DE LINSBOURG. QuO VOullZ-VOUS dire?
M. DE Bni'c.iisAL. Vous aliez le savoir. (.1 Mallnldi'.] Dites-moi, je vous prie, croyez-vous ijoe ce soit moi qui me suis battu tout à l'heure?
MATIULDE, hésitant. Je ne sais.
M. DE BRCeilSAL, montrant ta porte à droite. Qui ai santé parla fenêtre de votre chambre?
jiATiiiLDE, b lissant les yeux. Je ne crois pas.
MADAME DE LINSBOURG, viccment. Qu'est-cc que j'apprends là? Comment! ma nièce... Quel est l'auilacieux?
M. DE BRLCHSAL, à madame de Linsbourg. Ah! ne la grondez pas! c'est ma femme, c'est moi seul que cela regarde. (A Mathilde.) Mathilde, à moi, votre ami, ne me direz-vous pas qui était là, dans votre ap|)artemeiit?
M.vTHiLDE, troublée. Qui?..
M. DE BRL'CHSAL. Vous hésilcz; mauquericz-vousdéjà à votre [ironiesse de tout à l'heure?
M.vTHii.DE. Non, je les tiendrai toutes; mais vous, Monsieur, n'oubliez pas les vôtres. Cette grâce que j'implorais, et que vou* m'avez aecordrc d'avance, je la réclame en ce moment; {D'un ton toutcaresbunt.) car cette personne qui vous a offensé, en usurpant votre nom, vos droits...
M. DE BRUCHSAL. Eh bien !..
MATHILDE, tendrement. Elle vous aime, elle vous révère autant que moi.
M. DE BRUCHSAL 11 y paraît !..
MATHILDE. Elle voudrait votre bonheur...
M. DE BRUCHSAL. Jolimeut!
M.vTHiLDE. Elle n'aspire, ainsi que moi, qu a passer sa vie auprès de vous.
M. DE BRUCHSAL, frappé d'uuc idée. Comment !.. estce que ce serait?.. Non, non, pas possible!.. Mais, achevez^ je vous en prie; son nom?..
LE VIEUX MARI
MATHiLiiE. Vous lui pardouiii^rez ?
M. DE BitucHSAL, avec impatience. Sun nom?
MATHiLDE, saisissaiit sa main. Vous lui pardonnerez, n'est-ce pas?
M. DE DULCHSAL. th bien ! oui, ne fût-ce que par curiosité. Mais quel est-il enfin?
MATHILDE, voyout Venir Alphonse et Olivier. Le voici !
M. DE BRUCHSAL. TMon ncveu!..
TOUS. Son neveu!..