SCENE vm
MADAME DE CÉS.\NNE, seule. Ah! que ce séjour m'attriste! tout y est froid et glacé. Il faut leur ordnnner d'être humains; ils obéissent du moins, c'est toujours cela. [licyardant la signature de la lettre.) « Nicolauf, commerçant à Wilna; » lisons. « .Madame la « comtesse. Vous m'avez fait annoncer, par MM. Marie tin et Compagnie, mes correspondants, qu'une jeune « fille à laquelle vous preniez le plus grand intérêt, « partirait de France, le 1 5 septembre dernier ; qu'elle « suivrait la route de Berlin, de Posen et de Varsou vie; et que, vers la fin de novembre, elle arriverait « à Wilna. Mais il p.iraît qu(', quelques lieues avant « Groduo, la voiture dans laquelle elle se trouvait a « été attaquée ; et c'est avec douleur que je vous ap- « prends que l'homme de confiuice qui l'acconipa- « gnait est au nombre des voyageurs qui ont péri. » {S'intcrrompant.) Grand Dieu! {Reprenant la lecture de la lettre.) « Quant à la jeune fille à laquelle vous « vous intéressez, on n'a aucune nouvelle de son sort; « mais du moins, et, d'après les rensiMgnemenls que « nous avons pris, rien ne |irouve qu'cille ait perdu « la vie; et si elle a pu seulement parvenir jusqu'à « Groduo, nul doute qu'elle ne nous informe dc ce « qu'elle est devenue. » Et comment le pourrait-elle?
AiB de l'Ermite de Saiut-.ivellc.
Sur cette terre, isolée,
Qui sera son prolecteur?
Elle s'est donc immolée
Pour moi, pour son bienfaiteur!
Étrangère, bêlas! et bannie, Faul-il, par un mallieur nouveau, Qu'elle vienne perdre la vie Aux lieux même où fui sou bciceau.
YELVA.