‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 303 sur 809 · SCENE xni · texte numérisé non relu

SCENE xni

Y ELV A , TCHÉR IKOF, sortant de l'apparlemen l à droite .

TCHÉRiKOF. Allons, voilà déjà les airs du pays, les cbant'^ de nores qui se font entendre. Je leur ferai donner le knout, pour leur apprendre à chanter et à

être heureux sans moi Mais quelle est cette

paysanne? 0 ciel! en croirai-je mes yeux?... Yelva sous ce déguisement, et dans ce château !

VELVA, n sa vue, fait un geste de surprise, et court à lui.

TCHÉiiiKOF. Et Alfred, quel sera son étoniiemcnt?

VEi.VA lui fait signe de se taire.

Tr.HÉRn<0F. Quoi! vous ne voulez pas qu'il saihc?.. vous craignez sa présence?

YELVA fait signe que oui.

TciiÉRiKOF. Et comment éfes-vou; ici? qui vous amène chez moi?

YELVA, par gestes : Ceci est à vous?

TCHÉRiKOF. Oui, cc cli.'lteau m'appartient.

MUSIQUE

yeLva le regarde avec une nouvelle attention, et comme si cite ne l'avait jamais vu; il semble qu'elle veuille lire sur son visage et deviner ses traits.

TCIIÉRIKOF. Qu'a-t-cUe donc? d'où vient l'émotion (|u'elle éprouve?

YELVA met une main sur son cœur, et de l'autre lui fait signe de se taire et de ne point troubler les idées qui lui arrivent en foule. « Oui, quand elle était pelile, elle a vu tout cela... » Elle court à la fenêtre à gauche, montre les jardins.

TCIIÉRIKOF. Dans Cl^s jardins!., eh bien! que voulezvous dire?

YELVA lui fait signe qu'il y a une balançoire {Air • Balançons-nous), des montagnes russes, d'où on descendait rapidement.

TCIIÉRIKOF, étonné. 11 me semble qu'elle parle de balançoire, de montagnes russes... Qu'est-ce que cela signifie?

YELVA témoigne son impatience de ce qu'il ne comprend pas. [Àir : Un biintlcau couvre Itfs yuiix ) Puis, comme une idée qui lui vient, elle lui fait signe qu'autrefois, dans ce salon, elle jouait avec des enfants de son âge; et, faisant le geste de se mettre un bandeau sur les yeux, elle court après quelqu'un, comme si elle jouait au colin-maitlard. ( Aii- vif. ) Tous ses gestes se suceèJcut rapidement, et saui qu'elle fasse presque attention (i Tehérikof, qui la regarde d'un air attendri. TCHÉRIKOF. Pauvre enfant! je ne sais pas ce qu'elle a, ni ce qu'elle veut dire, mais il y a dans ses gestes, d.ins sa physionomie, une expression que je ne puis définir, et dont, malgré moi, je me sens tout ému.

cnoEiiR, en dehors.

Ain Je la Dame Blanche.

Clianlons, ménestrel? joyeux, ItelVaiiis d'amour et (l'liyméin':c; I.a jiliis heureuse ilestinùc Cuinhlc eu ce jour tous leurs vœux.

ïEi.VA le prend par le bras pour lui dire : Ecoulez!

YELVA.

ïciiKiiiK F. Co suiit lujsva Siiix niii cli;iiitcnt un air (lil iiays.

YELVA semble lui dire : C\'Sl ci:U radmc! Son émolion est au comble. Elle prend la main de Tchérikof, la serre dans les siennes, la porte sur son cœur.

TciiÉiiiKdF. Je n'y suis plus, je n'y conçois rien ; elle parait si contente et si malheureuse... et celte amitié si leudre iiu'ellc me témoigne... vrai, ça donnerait des iilécs... Yelva... ma chère Yelvj,,, rassurez-vous.

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